‹ Âmes héroïquesChapitre 48 sur 85 · ALBÉR1C DE BLANCHE-RAFF1N · texte numérisé non relu

ALBÉR1C DE BLANCHE-RAFF1N

(m. ie s. vi, 485)

9 mars 1854.

Albéric de Blanche-Raffin, ancien rédacteur de l'Univers, était toujours des nôtres. Il n'a jamais rien mis au-dessus de ce que nous plaçons nous-mêmes au-dessus de tout. Quelques dissentiments politiques récents et légers ne l'auraient pas empêché de prendre part à nos travaux si ses forces l'avaient permis. Il a droit aux bénéfices de cette confraternité qui s'est formée entre nos lecteurs et nous, et qui nous a été souvent témoignée d'une manière si consolante. Nous faisons une œuvre rude, dont l'unique récompense est dans ces prières qui sollicitent en notre faveur la miséricorde divine. INous voulons les obtenir pour celui de nous qui, maintenant sans doute en a le moins besoin, mais qui, jDar là même les a le mieux méritées.

C'est le second de nos collaborateurs que nous voyons mourir. Le premier fut Edouard Ourliac. Ils sont morts au môme âge de la même maladie, Ourliac avec la sécurité d'une longue pénitence, Albéric avec la confiance qu'inspire une vie toujours pure et chrétienne. Avant de se ressembler ainsi, quels contrastes entre ces deux hommes lorsqu'ils se rencontrèrent pour la première fois chez nous et s'y donnèrent la main ! Ourliac sortant des rangs de la plus aventureuse littérature, était profondément fatigué, profondément triste, doutant de tout, excepté de Dieu, et portant en lui, malgré lui, un fonds d'amertume qui donnait quelque chose de poignant à sa gaieté

Page 1