V. — MARTYRS ET HOMMES DU MONDE
Ceux qui ont connu le bon docteur le retrouveront dans cette lettre intime. C'était l'homme sincère, ouvert, content, souriant, qui ne savait ni ne voulait refuser aucune peine ni aucune fatigue pour lui. Aucun service pour les autres. Il donnait son temps, ses courses, son cœur à tout venant et sans compter, plus particulièrement lorsqu'un pauvre en avait besoin. Mais il était aussi et avant tout au service de la vérité. Il considérait la vérité comme le pauvre par excellence, qui a le plus besoin qu'on le serve, et qu'un chrétien a le plus besoin de servir. Il la servait par une confession haute, ardente, incessante. Il disait : « Faisons l'aumône au pauvre Jésus-Christ. »
Il nous semble que nous ne pouvons mieux honorer le bon doctew qu'en publiant sa constante et dernière ordonnance, celle qu'il s'imposait à lui-même et à laquelle sans doute il faisait allusion lorsqu'il disait, pour rassurer un ami, qu'il avait pris un « remède souverain ». Et par la même voie qui lui a permis d'être aimé et honoré des hommes, ce grand serviteur de la vérité est entré dans la demeure éternelle. « Sa foi l'a sauvé. »