LA VIE RELIGIEUSE D UN BOURGEOIS AU XVII* SIECLE
avant; la matière n'est pas riche, et moi qui l'écris, je n'ai peut-être pas l'industrie de la relever ^
L'industrie, d'ailleurs, n'est pas tout à fait absente. L'imagination de ce vieillard reste très active, soit qu'il nous peigne un de ses contemporains, qui, pour avoir changé de maison « fondit comme le beurre à la poêle ^ », soit que, parlant de la façon dont lui-même « allonge sa vie », il se compare à un « vieux bâtiment qui menace ruine et que Ton estançonne » de tous les côtés 3. Il arrive aussi que ces notes, jetées, toutes chaudes sur le papier, gardent très exactement la couleur, le bruit et le mouvement de la vie. Qu'on lise plutôt cette page amusante et, si je pouvais oser cet affreux mot, cinématographique sur M"® de Montpensier.
Une autre fois, Mademoiselle logea chez moi, qui est une admirable princesse, gaie et bonne et d'un esprit vif. Elle avait toujours ses violons à son lever, coucher et repas. Elle me fit une fois trois demandes toutes ensemble, auparavant que j'eusse répondu : me demanda le chemin de Sedan, de parler à M. le lieutenant, et si je ne savais pas qu'il y eût quelqu'un à la ville à M. le comte de Grand-Pré ; eut la bonté de venir dans ma chambre le jour qu'elle partit du grand matin, me dire qu'elle nous avait bien fait de l'incommodité. Au contraire, nous n'avions été nulle-