Œuvres morales,\i
toujours a cette hauteur; mais, en somme, Fétude attentive du Journalier montre que ce ne sont pas là de simples paroles écrites dans une heure de ferveur et vite oubliées. Plus que tout le reste, l'admirable patience do Jean Maillefer nous renseigne sur la sérénité, l'élévation, la constance et la générosité de sa foi. Au cours de cette longue vie, dont le Journalier est l'écho naïf et fidèle, on ne surprendra pas une vraie plainte, un soupçon de murmure, et il semble, au contraire, que la vertu du bon vieillard devienne plus souriante, à mesure que les joies humaines s'éclaircissent et que s'allonge le cortège des deuils, des privations et des maladies.
De vendredi en vendredi, il allait lire « la Passion de Notre-Seigneur » sur « la fosse » de sa seconde femme, et, de retour, se remettait plus allègrement au courage, à la prière et à 1{| joie.
16 janvier 1670. — Je crois que je ferais mieux de rire de toutes mes infirmités que d'en pleurer*.
Des INFIRMITÉS. — Je suis extrêmement sourd depuis la mort de Marie Lefèvre, ma femme. On ne me peut parler que par Técriture, c'est ce qui est une peine à ceux qui ont la bonté de m'écrire et patience à moi. C'est la cause que je n'aborde personne, et que je ne fais de visite que à peu; et quand je suis en compagnie, après bon jour, bon soir, comme vous portez-vous? Je ne dis mot qu'on ne m'écrive, crainte de parler hors de propos et faire des