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LA VIE REUGIEUSE d'uN BOURGEOIS AU XVII* SIÈCLE 89
coq-à-râne, et je n'en suis pas fâché y d'autant qu'il me semble que je suis plus recueilli et à moi ; mes pensées me sont souvent désagréables entretiens; Dieu en devrait être Tunique. Le ressouvenir de mes voyages, de ce que j'ai vu et lu, de mes actions et plaisirs passés, d'où je vais à la mort pour jouir de Dieu, par sa grâce, et de la compagnie de tant de saints qui sont là-haut au ciel, et la vae du ciel même, me sont, je crois, d'assez agréable compagnie*.
Parfois Thumeur chagrine le guette. Alors il se secoue plus vivement, et, songeant combien la vue est plus précieuse que Touïe, il remercie Dieu de toutes les belles choses qu'il lui permet de contempler.
Il faut imiter une miliasse de petites mouches qui voltigent en mon jardin, et se réjouissent à cause d'un beau soleil qu'il fait aujourd'hui, qui semble l'été même. Je me suis promené deux heures le matin au jardin des capucins, et ainsi faut prendre le temps; les jours ne sont pas toujours sombres ; l'avenir sera. Dieu aidant, mieux que je n'espère; faut espérer en Dieu. Bene vivereetlœtari*.
Et puis, tout cela, joies et misères, passera bien vite. La mort ne saurait tarder, et la mort ne lui fait pas peur. L'autre jour, il a été au cimetière. On avait fraîchement remué les fosses et « les os et les côtes des trépassés » étaient pôle-mêle sur le gazon. Jean Maillefer ne se trouble point de