‹ Ames religieusesChapitre 40 sur 63 · Caro, la Fin du XVII" siècle, t. H, p · texte numérisé non relu

Caro, la Fin du XVII" siècle, t. H, p

Tout cela est bien loin. Il y a près de cinquante ans que le duc de Broglie, dans ce môme Coppet, a fait ouvrir la chambre sépulcrale de Necker pour y déposer les restes de M"* de Staël. Mais au cœur du gentilhomme octogénaire qui s'apprôte à discuter la vocation sacerdotale de son fils, Fâge et rémotion activent sans doute le flot des images et précisent le contour des souvenirs. Il n'a pas d'efl'ort à faire pour voir descendre de son cadre et retrouver vivante devant ses yeux une autre figure que la fascination du tableau de Gérard nous empêchait tout à Theure de remarquer. Elle aussi, elle a disparu cette Albertine de Staël, duchesse de Broglie, noble, fière, gracieuse et charmante, toute vive de Finquiétude qu'elle tenait de sa mère et « en qui le don de plaire était le moindre de ceux qu'elle avait reçus de Dieu^ ». Elle est morte depuis plus d'un demi-siècle, et le dernier de ses fils, celui-là même qui ravive en ce moment toutes les douleurs paternelles, ne Ta pas connue. Mais ici, à Coppet, sa mémoire est partout présente, et peut-être, en cette circonstance solennelle, le vieux duc vient-il de feuilleter, une fois encore, ce petit livre dont il parle lui-même dans ses Mémoires, en faisant effort pour ne pas s'attendrir.

Le service catholique, écrit-il en racontant son propre mariage, fut fait (à Livourne, le 15 février) par un prêtre

Page 1