‹ Ames religieusesChapitre 39 sur 63 · Caro, la Fin du XVII' siècle, t. II, p. 15h · texte numérisé non relu

Caro, la Fin du XVII' siècle, t. II, p. 15h

LA VOCATION DE l'aBBÉ DE BROGLIE 99

imposer le rôle d' Aricie ; voilà tout à côté la chambre de M"* Récamier. Enfin, et surtout, voilà le salon, le <c triomphant portrait de M"*' de Staël, par Gérard, dans une toilette passablement romantique qu'on n'a pas le temps de remarquer, tant on se sent attiré par l'éclat de ses grands yeux d'où rayonnent la force, la vie, l'enthousiasme : figure régulière, incorrecte, mais ardente qui éclate en jets de flamme et vous inonde de lueurs. Au moment oîi le peintre l'a saisie, elle parle, elle va parler, elle est tout âme, tout feu... Voilà le canapé, autour duquel, pendant douze années, se tint une cour plénière d'éloquence et d'esprit célèbre dans toute l'Europe. Faites descendre de son cadre cette étonnante figure. Rassemblez autour d'elle tous ces personnages si divers d'origine, d'habitudes, de caractère, d'esprit : les Montmorency, les Laval, les Schlegel,les Benjamin Constant, les Sismondi,les Bonstetten, Zacharias Werner, Byron, oui, Byron lui-même qui, comme les autres, a subi le prestige. Voilà cette foule d'élite, groupée autour de cette femme illustre dont la gloire est chère à chacun d'eux, comme si elle était la sienne propre, et représentant, près d'elle, dans ce salon cosmopolite, toutes les parties de la société européenne, réunies par un charme commune »

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