‹ Ames religieusesChapitre 48 sur 63 · R. P. Largent, p · texte numérisé non relu

R. P. Largent, p

LA VOCATION DB l'aBBÉ DE BROGLIE 117

parfois aussi le souci de laisser h Dieu, dans son propre cœur, la première place, l'empêchent de laisser voir ses vrais sentiments.

Je sens de plus en plus d'affection pour ma tante et pour mes parents, — écrivait-il un peu après la lettre qu'on vient délire, — etde plus en plus de facilité de leurtémoigner mes sentiments. Néanmoins il ne me semble pas que je prenne la moindre attache, le moindre sentiment selon la chair*.

Il eut même, par la suite, dans ses premières années de séminaire, la surprise de la brusque apparition de ces sentiments affectueux, auxquels ce timide et ce distrait n'avait pas encore donné audience ; sorte de printemps retardataire, dont le R. P. Largent a été bien inspiré de fixer l'amusant et curieux souvenir 2.

Cependant, en dépit de cette défiance de luimême, l'abbé de Broglie ressentit toute sa vie un ardent besoin de zèle, d'action et de dévouement. Cette tendance lui vient peut-être de M""® de Staël ; mais l'humilité chrétienne en a tout à fait transformé l'inspiration et modifié Je cours. C'est aux pauvres, aux humbles, aux petits que, polytechnicien, lieutenant de vaisseau, ou professeur d'apologétique, il eut toujours la passion de se consacrer.

C'est ma spécialité, écrivait-il à l'abbé Alleosse, je suis dans la marine pour instruire les matelots et les amener à

Page 1