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3. Mf Batiffol, Revue du Clergé français, !•' juin 1895. Cette esquisse est des plus su'ggestives. L'auteur note, entre autres traits, chez M. de Broglie « l'impuissance à rire » (R. P. Largent, p. 7). — Je n'ai rien dit, dans toute cette étude, de l'influence de Doudan, qui fût, en somme, peu sensible. La différence entre ces deux esprits était trop profonde pour qu'il pût y avoir, dans leur commerce, autre chose que de l'affection.
Revenons à Coppet. On se rappelle que nous y étions tantôt, avant cette longue parenthèse, et que la vocation sacerdotale du futur abbé de Broglie s'y discutait devant nous. Un scrupule nous avait pris. Lui, prêtre, et, sans doute à cause de son nom et de ses talents, bientôt docteur, n'y avait-il pas h craindre que, dans cette voie nouvelle et sacrée, un reste d'esprit protestant, héritage des ancêtres maternels, ne compromît, malgré les meilleures intentions, la doctrine, l'influence et les livres futurs ?
Cette sollicitude, nous le savons maintenant, étai t inutil e . Tout se réduit à savoir si Paul de Broglie pourra suivre ce qu'il croit être l'appel de Dieu.
On se rappelle, en effet, que, dans la discussion avec son père, il s'était provisoirement soumis à ne point partir encore, tout en réservant les droits de Dieu. L'unique effort des mois d'incertitude qui suivirent fut de chercher simplement ce que Dieu voulait de lui.
J'ai demandé à mes parents la permission de faire une retraite au mois de mai: ils me l'ont accordé... je veux
laisser Dieu me manifester sa vocation sans y mettre du mien, si c'est possible ^
Docililé d'enfant et générosité absolue, tout est également admirable chez ce marin de trente-deux ans. Sa volonté, son goût propres semblent ne plus compter. S'étant attaché aux exercices de saint Ignace, il aurait personnellement préféré faire celle retraite chez les Jésuites; « mais, ditil, ma tante n'a pas confiance en eux- », et il s'en remet à la décision du directeur que M™* de Staël a choisi pour lui. L'abbé Martin de Noirlieu fixe le lieu même de la retraite. Elle se fera à Lyon, au séminaire de Saint-Irénée, et Paul de Broglie, à peine arrivé, écrit ces lignes :
Vif sentiment de paix, en arrivant dans cette maison. Je suis où Dieu m'envoie. Sûrement il me parlera.
Dieu parla au cœur du retraitant et plus encore à sa raison. Le R. P. Largent a reproduit intégralement les notes qui furent prises pendant cette (( retraite d'élection », vrai monument de générosité et de droiture ^. J'aurais voulu qu'on citât en note les quelques pages de Delphine qui ont pour titre : Raisons qui ont déterminé Léontine de Ter-