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fais pour vous tous les jours, afin que, unissant nos prières ensemble, elles aillent comme un parfum se présenter devant la majesté divine. Parlons donques maintenant de ce désire, après lequel mon âme aspire jour et nuit, parlons donc de cest heureux moment lorsque mon âme aura renoncé aux plaisirs mondains Je vous dires, mon très cher frère, que je suis sy fort porté à m*unir avecq Dieu que quelquefois je dis à mon âme : Noli contristari anima mea^ tandem aliquando efflorebit ille diesquo dicam ultimum vale mundo blandianti. Les paroUes me manquent pour vous exprimer la joye que je ressens lorqué je Veréâ que moli Dieu aura enfin accompli en son serviteur cequ'ilavoittantdésirée. Mes pleurs, mes soupirs, mes sanglota vous en pouront mieux faire le détaille que la plume avecq laquelle j'escris.
A Dieu donques, mon très cher frère que sy je ne puisse vous voir des yeux mortels, que tout au moings nous nous puissions envizager des yetix du cœure. Adieu donques pour une seconde fois, et ma plutne voudroit toujours que je continuasse sy les larmes qui tombent de mes yeux ne Tarestoient tout court. Je vous prie que dans la première lettre que vous escrirés au père soubprieur de luytesmoigner l'ardeur et le désire que j'ay de me vouer tout entièrement à Dieu.
Je serois un incivil sy j'oubliais à vous faire les baismains de mon cousin Batiste Favart.
Votre très humble et très obéissant serviteur et frère,
Pierre Màillbfer.
[Mémoires de Jean Maille fet\ ms. de la Bibliothèque de ieixns, f*> 239.)