PREFACE XIII
se différencient de nous parce qu'ils ne possèdent pas d'élite, parce qu'ils semblent n'atteindre jamais le pouvoir cérébral de nos adultes. La mentalité ne dépasse guère celle de nos bons écoliers, même lorsque le poil grisonne autour de leur face lippue. Il semble que la puberté en s'avouant termine l'évolution de leur puissance spirituelle.
Mais combien de nos paysans, en dépit de l'instruction laïque et obligatoire, paraissent également avoir gardé leurs facultés d'adolescence, sans avoir pu rien y joindre. Au total, le nègre soudanais s'apparente bien à nos croquants du xvu^ siècle, à ceux que plaignit La Bruyère, que plaisanta La Fontaine, de qui Rabelais se gaussa. Pourtant le goût de la guerre imprégna d'honneur ces âmes belliqueuses. En préservant de toute altération ce sens de l'honneur viril, on pourra