Amidisme chinois et japonais [microform]
Cette plaquette résume mou étude sur l'Amidisme chinois, préparée pour mes nouveaux Textes Philosophiques; plus les documents sur l'Amidisme japouais, fournis par M'' Ryûgaku îshizuka, dans un ouvrage récent i.
J'avertis le lecteur que j'abstrais entièrement des hypothèses émises par les Indianologues, sur la provenance possible de l'Amidisme. Leurs discussions ne sont pas de mon ressort et ne rentrent pas dans mon cadre. Comme Sinologue, je me tiens pour satisfait par la théorie des Chinois sur ce sujet, laquelle me paraît aussi plausible qu'une chose buddhiste peut l'être. Voici cette théorie:.. Las du . triste hinayâna, karma inexorable et samsara interminable, des Buddhistes plus humains inventèrent par réaction le mahâyàna, au temps du roi AsoUa, vers 246 avant J.-C. Sans nier la loi du talion hinayaniste, parce qu'elle est 23«î^oi!e du Buddha, ils inventèrent les f^|) ^ terres ou -g^ ^ domaines des Buddhas, lieux de refuge où l'on peut obtenir d'aller renaître, s'évadant ainsi de ^ ^ ce bas monde, échappant aux supplices infernaux, aux réincarnations terrestres, et au reste... mais à certaines conditions ascétiques encore trop onéreuses pour nombre de pauvres hères. L'Idée faisant son chemin, ces conditions s'adoucirent de plus en plus, et l'évolution doctrinale du Buddhisme flnitparaboutir, au temps du roi Kanishka (fin du dernier siècle avant J.-C, ou premier quart du premier siècle de l'ère chrétienne au plus tard), à la fleur du tnahâyàna (sic), à l'Amidisme, c'est-à-dire à la possibilité de se tirer de la roue de la métempsycose, et de renaître définitivement dans une région de paix et de bonheur, à la seule condition d'avoir invoqué le Buddha Amida^ durant sa vie, fût-ce une fois seulement à l'article de la mort. Donc le salut pour presque rien, ofifert à tous les hommes de bonne volonté.
Je n'en dirai, pas plus long ici, renvoyant à la fin du volume (Conclusions) l'expression des pensées que m'ont suggérées les textes amidiques chinois et japonais qu'on va lire. Le premier eu date a pour auteur Asvaghosha, que les Amidistes chinois disent avoir fait partie de l'espèce de concile tenu sous Kanishka. Les autres suivront, par ordre chronologique, soigneusement datés.
Hien-hien, Chine, le 8 Avril 1928.