‹ Amidisme chinois et japonais [microform]Chapitre 6 sur 20 · V. Samgfiavarman, le Long Sûtra · texte numérisé non relu

V. Samgfiavarman, le Long Sûtra

ne peut savoir qui y est réfugié, ni. combien il y a là de réfugiés. — L'article sur les pécheurs, a passé du numéro 19 au numéro 5. Il est dit, très sobrement, que ceux qui se sont mal conduits dans leurs existences précédentes, peuvent, s'ils 'l^ l^ se repentent et jg j£ reviennent au bien, renaître dans les lotus des étangs merveilleux, 'JUj ^ 4^- :/»; puis croître etc, comme dans la version de Lokaraksha. 11 n'est pas fait mention du salut procuré par une seule invocation faite in extremis. — L'explication des trois catégories et des neuf degrés est aussi confuse que celle de Lokaraksha (II). — Enfin, concession faite à l'ambiance chinoise, pour laquelle la loi impersonnelle du karma est inintelligible, des fip fl^ Génies écrivent le compte des bonnes et des mauvaises actions, au cours de la vie, comme dans les traités taoïstes.

Peu d'années après, en 252 après J. -G. , encore à l'époque des Trois Royaumes, le moine buddhlste ^ touranien (ff ^j; Samghavarman, produisit, dans le royaume de ^ Wei, un ouvrage qui porte le titre M g ^ f^ sà'ra de la Vie infinie, revenant au sanscrit Amilàyus-sûlra. On appelle communément cette version, le Long Sûira.

L'examen révèle que Samghavarman a utilisé la traduction chinoise de Lo/^ara/fs/m (H ), qu'il a retouchée, probablement au moyen du texte sanscrit que Kâlaya'ms traduira en entier (VIII). Dans tout l'ouvrage, le Buddha qui est célébré, est appelé J|Ê ^ ^ [,j|; Amitàyus, Vie illimitée, pas autrement. — 11 n'est pas fait mention du salut procuré par une seule invocation faite in extremis.

L'excellent Buddha Sâ/eya (c'est lui qui parle) expose que la renaissance dans la terre de l'Ouest, est, de toutes tes voies, la plus courte, la plus aisée, et la plus décente aussi. Car, partout ailleurs, cieux des dêvas pleins de devis qui sont pratiquement des houris, même terres des autres Buddhas dans lesquelles il y a des femmes, il se commet nombre de choses inconvenantes; chez Amitâyus, où il n'y a que des hommes, aucune. — Eu principe, le salut Buddhiste final, est et reste le nirvana. Mais, à ce nirvàsa, les pauvres hères n'arriveront jamais sur celte terre, faute d'instruction morale suffisante; laquelle leur sera donnée, dans la terre de l'Ouest, dans un temps limité... et les bonnes âmes n'arrivent au salut, sur cette terre, que lentement, faute d'insiruction ascétiqne suivie; laquelle leur sera donnée en peu de jours, dans la terre de l'Ouest, parles deux excellents maîtres Avalokitesvara et Maliasiliâma. — Et ceux qui ne sont pas pi'essés d'être nirvànés, qui désirent se dévouer comme praiijêka huddlias avant de finir comme Buddhas prêcheurs, ceux-là n'obtiendront la réalisation de leur désir que chez Amitâi/us, partout ailleurs le karma inexorable leur indigeant la dignité suprême et l'éleignoir final sans les consulter. — Donc, conclut le Buddha Sàkya, se confier à Am?7â//us, est plus court, plus aisé, plus agréable, que trimer dans les voies hïnayàna el maJiâyâna (ûanl W est pourtant censé être l'auteur). Bien plus, il va jusqu'à prédire qua l'Amidisme supplantera un jour toutes les formes du *&, 'M iS il f^ ?ï :4. ''Uddhisme. «Après mon nirvana, les doutes sur la t:-, L ,:^, j^ x^ ,,, ,^ voie du salut renaîtront parmi les hommes. Au cours '^i^ ^»m y^ '<— lîC»%ii des générations à venir, la doctrine des sûtras sera

14 VI. Kumàra-jïva, le Court Sùtra.

lâ M ^ ^ J^ ^ ffi oubliée, le Buddhlsme finira par s'éteindre. Parcha- .j^ BA- rfdb JSn l-L ^m H' ^''■^ ^^ compassion pour tous les ôtres, je vous laisse ^ «li^kW m ÏÏt 'kco:^ ce sùtra sur Amitâyiis, lequel procurera le salut

'ê" fÊ TO ^^^ '® M ^^' ^°"^ '^'^^^ '■^"' lerecevront, l'estimeront, et feront ^ »— c p^ - ^p, tù; la demande ( de renaissance) qu'il recommande.»

En 402 après J.-C, à l'époque du grand émiettement de l'empire chinois, dans l'éphémère petit royaume g^ ^ TsHnn, le moine ^ft jp j|| fj- Kumàrajïva, né dans le Tarim de parents hindous, «7^. j'iîfj Maître de la Loi, très savant et peu dévot, produisit l'opuscule §) ^% iSjiJ 31 |î^' M ^ût^(^ sur Ajnîïa débité par le Buddha Sàkya, dans lequel il fit montre du taletit d'abréviateur intelligent et pratique, qui lui a valu une place à part parmi les écrivains buddhistes chinois. On appelle communément cette version, le CourC Sùtra.

Dans ce texte, les traits fondamentaux de l'Amidisme sont mieux accentués, que dans ceux dont j'ai parlé jusqu'ici, le sujet étant mieux éclairci et la terminologie plus précise. Kumàra-jïva fait nettement, de la terre d'Amita, un cas partie culier seulement parmi les innombrables terres des Buddhas... Dans quel sens?.. Dans un sens tout aristocratique, répondant au caractère du moine, qui était issu de noble famille. Pour lui, tous les Buddhas, et leurs myriades de terres, se valent; mais la terre du Buddha Amita est plus chic que toutes les autres; c'est lo séjour sélect, auquel doivent aspirer les belles âmes, parce que la société y est

^^ ffâ -ftn -S. s^ h ^ A ■^H. -f^ plus agréable que partout ailleurs, les Vf ^> 31U <E BIP -L C3 J\ |x> \3 très bons seuls vêtant admis, et tontes

très bons seuls y étant admis, et toutes — ^9 '^^ médiocrités en étant exclues. Aussi,

lK'nt\}]/b^ÉtiUM^v^m^\} ""^ ^^^^ ^''^'^^ y ^^^' ^^ Charme est tel,

'^^ »^J *>^ ^ l=t ^^ 'Vm tlSÎ \£A m\ finp l'inpnnçfQnfPn'pcf nlnc nncci'hla .

que l'Inconstance n'est plus possible. ^ 3£ '^X Hb ^^"^ sommes loin, comme on voit, de

•^^ & ~Z *F Ml '^ \.^n'^ d'asile pour les pauvres pé-

S 1^ -^'^ 3£S Wo cheurs.

Voici quelques citations... «A l'Ouest, par delà Hh ^ fS fîïli i ^^^^ myriades de terres de Buddhas, il y en a une ^ 13 ji» '^'| qui s'appelle la bienheureuse. Dans cette terre réside un Buddha fj,^ ij ^ j5^' dont le titre est Amita. — Ce mot sanscrit signifie ^ ^- infini, illimité. 11 doit être entendu de deux manières... ^ ^)\ % M. Amitàhha, Lumière infinie... ^. ^ J|l -g- Amitâyus, Vie illimitée. — Voilà -p ^ dix Kulpas que Amila est installé comme Buddha régnant dans la terre de l'Ouest. Si un homme bon on une femme bonne, ayant ^^ ^ ^ m jf^ ^j^ jr ti jam ^ entendu prononcer le nom du Buddha <B 13 1=1 77 ~r t=j J>\ y\ W ri/L Amita, saisit ce nom et s'y cramponne • M M PI' \')f^Si f^ ^ IS»—' ^Ù (sic), sans jamais plus vaciller dans sa "T" ^^■ï bb A fffî y^ é/jL n-t Kvi SéEf confiance... à l'article de la mort, le 4^ l^jL.JÇ A m np ^ I5|j^l'j m Buddha Amita escorté de nombreuses

P^ i^ :^ ^ M ^%^ ffi ^ flîo ^"J^es glorieuses, lui apparaîtra. Et si,

YII. Hoei-yuanj premier patriarche chi^iois. 15

M h ^\^ A\ yK tl M ÈW & au moment où cette personne expirera,

^ Éh IW) W l*b W te ^ H it, tra dans !a terre bienheureuse du Bud-

dha Amii.a.r> — Rien de plus. C'est sobre et clair.

En 650, sous les Jg Tang, le célèbre voyageur et traducteur buddhiste ^ |^ ' Huan-tchoang y aussi prolixe que Kiimàra-jiva est concis, traduisit au long le texte sanscrit abrégé par ce dernier. Résultat, le ï|| ^ ^ ± ft ^ !x* IS surchargé de détails fastidieux, ennuyeux au possible.

Ke '

Jusque là, la doctrine et le culte du Buddha Amila, étaient compris dans la doctrine et Je culte des Buddhas des dix régions de l'espace, doctrine et culte reçus par tous les mahàyânistes. — En l'an 386, en Chine, FAmidisme commença à se séparer du gros du mahâyâna, à s'individualiser. Il eut ses adeptes particuliers, moines et laïques, et devint bientôt la religion spéciale qu'il est encore,., cela, par les bons soins du moine chinois S jg Hoei-yuan, que tous lesAmidisles de rindo-Cbine, de la Chine et du Japon, ;^J ^ li ;^ ^ IB. '"évèrent comme le premier patriarche de leur secte. ~ Les biographies chinoises de cet homme, sont très nombreuses. Je vais analyser la. plus détaillée et la plus autorisée de toutes, conservée dans M 'H^ "f* A ^ ^ f$ 'a collection des vies des 18 fondateurs de ]jg^ {Jj Lou-clian, la première communauté amidiste chinoise. Ecrites au fur et à mesure, dit la tradition, et conservées en manuscrit pour l'usage des moines, ces vies furent imprimées et publiées pour la première fois, entre 1068 et 1078. — IJoei-yuan paraît avoir été un chercheur de vérité. Ses pareils furent de tout temps et sont encore nombreux en Chine.

Donc «le f^ ^ij? Maître de la Loi naquit dans une famille ^ Kia, tout au nord jj^ Pj de la province actuelle du |.|[ |5" Chan-si. Avide de s'instruire, il fut confié, dès l'âge de treize ans, à un oncle maternel, qui lui expliqua y{ f^ les six livres canoniques confuciistes. Il lut ensuite les Irailés des Pères du Taoïsme, ^ •^ Lao-lzcu et 1^ -^ Tchoang-lzeu, qu'il préféra, dit la relation, parce qu'il les trouva plus profonds. A l'âge de 21 ans (c'était en 349), il se décida à aller chercher dans les provinces méridionales de la Chine, la science plus abondante laque dans les provinces septentrionales ravagées par les Barbares. Les troubles politiques qui survinrent, le réduisirent à errer de-ci de-là. Enfin il rencontra \>p f^ le Iramana j^ ^ Tao-nan, dont il se fit le disciple spirituel. Celui-ci lui expliqua 1*^ i^ ^ ^ siiira prajna de la parfaite intelligence. Ce l'ut une illumination pour le jeune étudiant, qui déclara que tout ce qu'il avait étudié jusque là, n'était que ^1 ^j:[; balle et déchet. Tao-nan eût bien voulu faire de lui un prédicateur ambulant de sa doctrine. Mais un attrait irrésistible entraînait le jeune homme vers la vie méditative solitaire. — En 381, dans le pays de Sinn-yang, une clairière dans les Lou-chan le charma. 35 ^ P^ £ g iLl YM ^M "^ id È^ >&

42 IV. Tcheu-kHen.

5KK -"it ijèj ^ Tandis qu'on Invoque son nom de bouche, il faut se

^^ ^ » yûv recommander à lui de tout cœur. — Actuellement,

'*-' "-'^'*„^ dans les terres pures des dix régions de l'espace,

ÏE l j5 Wi ^ tous (les êtres qui les habitent) invoquent le nom

ifr ^»"^ ffi- ^ 'B ^^ ^^ recommandent à la puissance du Buddha

Amila (qui a fait vœu de sauver tous les êtres, même les moins avancés dans la voie du bien).

t. m mit w *

®AISi#

J'extrais de la gàtha (hymne) qui résume le

^ y^ ,-- ^ç-g „^, texte en prose, les versets suivants: v.îl est promis

^U >2S F^J 5m rb que, à ceux qui aspirent à devenir Buddhas et qui

iS ^ 7b ^ ^o invoquent de cœur Amila, celui-ci apparaîtra visi-

j=i jX rtu ^:& ^ blement en son temps (à l'article de la mort). Je

•^tï-* iî tIt ffifi -f» confie donc mon sort à ce Buddha, m'appuyant sur

"wC \7V ^ ItM yJa la puissance de son vœu (c'est-à-dire je demande à

-M; Il ^ ^ J-n renaître dans sa terre). — Il faut pour cela con-

^ ^ j ^ SL g^ fia72ce et pureté parfaites. Même pour ceux qui ont

^ ^!j ^ yp pflo bien vécu, tant qu'il leur restera quelque doute

fs 'ù Wi &" ^ (incrédulilé), le lotus (qui a reçu leur âme à la

ÉÊ BH ii\\ ^ -f'fl^ mort) ne s'ouvrira pas (retiendra leur àme captive).

*^^^ '' '^* Pour ceux-là seuls qui sont pleins de foi et tout à

(-J- ft HIÈ ^ ^ ï& ^^^^ P"'"^» '^ ^^"'' ^'ouvre et la vision du Buddha (de

D -^ ^ "-îT •'"'i J^ '^ buddhéité) commence.

^f p*î. à % 6 fi

Entre les années 530-240 après J -C, à l'époque ^des "^ ^ Trois Boyaumes, un laïque buddhiste d'origine louranienne ^ ji; fg §1 ^ que les Chinois appellent Tcheu-kHen "^ ^, produisit à Nankin où il était ministre du roi de ^ Ow, un opuscule qui porte le nom de ff, f^ iHîj §1 pb* fM si"<^«m sur idmiia narré par le Buddha Sàkya.

Tcheu-kHen a-t-il retraduit le texte sanscrit traduit par Lokarahsha (II), ou a-l-il simplement arrangé la traduction û& Lokaraksha à sa manière, à la manière d'nn mondain, quelque peu scepli(|ne et désireux de ne pas choquer?.. Je n'ose trani'her cette f|uestion, mais penche pour l'arrangement. En tout cas le fond du récit est idenliciue au fond de celui de Lokarahsha.

Même mise en scèncî. — f.e Buddha Sûki/a adresse son discours à une assemblée (1(^ (Inn/e inilli' moines (sic,) D'un bout à l'anlre du ,sû/>'a, celui dont il est parlé, est iippelé |îji] /J jj)'^' ■§) \o llnddliM Infini; jamais ;Î|IF. f; F,lf \§ fl]', le Hud- (lli!) l'nvcti' infinie, l'iipiicllalir employé dans le iiixte de /.o'.rrr^/rs/uf. — Son vœu, en "i'i arlii'les mis dans un ordre logique meilliMir, est énoncé lovit au long. -- La terre de l'Ouiîst est un lieu de refuge universel, enveloppé de mystère. Personne

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