VIII. Kâlayaias
Buddhas (formés dans la Terre Pure) étaient visibles. Avalokitesvara et Mahasthâma se tenaient à sa droite et à sa gauche. Un torrent de lumière sortait en
bouillonnant de dessous leurs pieds. Ils adressèrent ^ Jty /4C K J^t d'abord à Uoei-yuan les phrases usuelles Jdé *^ âjîn
j. ^ ,jL^ j^ ». ^ sur l'impermanence de tout et spécialement du
w* y^ 3C >Es W\9 moi. Puis le Buddha Amilâyus lui dit: «Conformé-
iiC^^-^l *M ment à mon vœu, je suis venu en personne pour te
Al- .TJi i=Pi consoler, en te donnant l'assurance qu'au septième
*|> jour tu renaîtras dans ma terre.».. A ce moment, Hoei-
yuan entrevit dans la gloire qui entourait le Buddha, ceux de ses propres compagnons déjà défunts, qui le félicitaient. Quand la vision eut disparu, Uoei-yuan dit aux siens: «Ceci est la troisième fois, depuis onze ans. Maintenant je suis assuré de ma renaissance dans la Terre Pure. » — Il tomba aussitôt gravement malade. Quand je serai mort, dit-il à ses disciples, vous lierez mon cadavre dans une botte d'herbes et l'exposerez dans la forêt, comme faisaient les anciens. Alors ses disciples se lamentèrent, comme font les enfants à la mort d'un père ou d'une mère. Le sixième jour du huitième mois de l'an 416, Hoeiyuan expira. Ses disciples n'osèrent pas exposer son cadavre. Ils l'ensevelirent entier (sans le brûler), entassèrent des pierres sur sa tombe et dressèrent une stèle devant. Dans la suite, l'Amidisme étant devenu florissant, plusieurs empereurs décernèrent à Boei-yuan des titres posthumes, par exemple en 848 et en 979.
Il nous reste, de lioei-yvaii, un commentaire sur le Lojig Sûlra, texte de Sainghavarman (V), intitulé 'j^ ^ S m M M ^jÊ jffio Beaucoup de conviction, peu d'onction, de la psychologie, rien de neuf. — Puis, des notes sobres et incomplètes iTt ^ fi; S i^M ^ M. ^^r le texte amidique capital, que Kâlaya'sas traduira enfin intégralement et parfaitement en 424 (VIII). — Un dialogue en trois chapitres, entre Hoei-ynan et Kumàra-jïva, remplacé ensuite, le titre restant le même, par un monumental ouvrage en vingt chapitres ■j'^^ '^^ ^ '^ Il Hh ^, critique approfondie des fondements philosophiques du Buddhisme mahàyàna, qui révèle un érudit, un philosophe et un dialecticien de premier ordre. Le chapitre 19 de ce grand ouvrage, est consacré tout entier à l'Amidisme. Le principe panlhéisle que nous retrouverons si souvent, à savoir que — » ^ fjj|', gfj — f^» — "61 f^H i ûU "^ fiil'j i ^^^^ '6S Buddhas sont un Buddha, toutes les terres de Buddhas sont une terre de Buddha, y est clairement énoncé. — Il reste enfin, de Hoei-yuan, quelques traités inachevés ou mutilés, et des varia dans le /^ ([j ^ Lou-chan isi.
Je vais analyser, dans ce numéro, la traduction faite en l'an 424, par le moine buddhiste originaire du Tarim, ^ ||! Kâlaya'sas, d'un texte sanscrit dont nous n'avons pas le titre. La ti'aductiun chinoise est intitulée [fj|', |j^ ||rj^ ^ m. W- 'Mj i^ sûtra prononcé par le Buddha Sàkya sur la contemplation du Buddha Amilâyus. Ce texte est de la plus haute importance, car il servit (XII) à la propagation de l'Amidisme au Japon, par Honen et ses disciples, comme nous verrons plus tard (XV).
i8 VIII . Kâlayasas.
A l'instigation du méchant ^g ^ Dèvadatta, le mauvais fils fipf ^ ■^ Ajàtasatru a enfermé son père le roi {^^i -ïil- "^ iï Bimbimra 'p dévoué ami et protecteur du Buddha Sâf>-ya, pour le faire mourir de faim. Sm niére, la reine :^ -^f-^ ^ Vàidêhî, ayant nourri son mari en secret, le llls dénnUiré veut d'abord la tuer de sa propre main. Puis, intimidé par ses ministres, il la séquestre aussi, pour la faire mourir de faim. Elle invoque le Buddha l^âlnja, qui vient à travers les airs la visiter dans sa prison, et lui enseigne, comme suprême consolation, la contemplation des terres des Buddhas, et spécialement de la terre heureuse du Buddha Amitdyus, lui promettant qu'elle renaîtra là, après la fin de sa vie présente.
Première contemplalion, JB du soleil, pour apprendre à ^ ;g: lier ses pensées (sic).,. Contempler fixement le soleil couchant, dans sa splendeur. Les yeux éblouis verront ensuite durablement le phosphène du soleil, qu'ils soient ouverts ou fermés, et ne pourront pas voir autre chose. Ainsi la contemplalion fixe des paradis des Buddhas, doit absorber toute l'attention des contemplatifs.
Deuxième contemplation, 7JC ,'g, de l'eau... Se figurer intensivement une eau profonde, limpide, mais dont la surface est ridée. A travers les rides de la surface, contempler fixement un trésor gisant au fond, et vouloir fermement s'en emparer... Ainsi le contemplatif doit fixer comme son but la félicité chez les Buddhas, après les agitations de cette vie instable.
Troisième contemplation, j:-|ji ;^, des terres des Buddhas... Se les figurer, si riches, si belles, et les désirer ardemment.
Quatrième contemplation, ^ ,^> des bosquets merveilleux des terres des Buddhas.
Cinquième contemplalion jfe -g des étangs merveilleux des terres desBuddh-as.
Sixième contemplation jg |^ ^.^ Réunir tous les précédents éléments en une image unique, et contempler cette image pour enflammer son désir. Il s'agit encore des terres des Buddhas en général, car il est fait mention de femmes, lesquelles sont exclues de la seule terre d'Amilàyus. Cependant elles sont toutes appelées ^ 1^ ■]}}: ^ mondes bienheureux, et la rémission \é M. M^ M ^^ Pi''^ karma est promise à ceux qui ayant désiré renaître dans quelqu'une de ces terres, auront obtenu avant leur mort la vision de cette terre, signe que leur désir a été agréé par le Buddha qui y règne.
A partir de la septième contemplation, tout change. Il s'agit maintenant d'obtenir la vision imaginaire, dans l'espace, du Buddha Amitàyus, et de ses deux acolytes, Avalokile'svara et Mahasthâma... "kV^ ^l ^\ ^ U ^ © \%\ aussi clairement qu'on voit son propre visage reflété par un miroir. On obtient cette vision, en la construisant mentalement, par coordination des éléments, des détails. Quand elle sera devenue habituelle, alors
Huitième contemplation, il faudra s'appliquer à obtenir l'endovision, la vue dans son propre cœur de la buddhéité du Buddha Amiia (laquelle est commune à tous les Buddhas). A l'instant où cette endovision est réalisée, ^ iZ> f^ gf, le cœur de cet homme devient Buddha, ^ ijï» ^ ffe son cœur est Buddha, car la buddhéité qui est une dans tous les cœurs qu'elle pénétre, l'a pénétré, Vabuddhifié. Toutes les contemplations précédentes, ont préparé cet événement. Au moment où il se produit, tous les péchés les plus graves cessent d'être, et par suite leur karyna cesse aussi d'agir. L'être n'a plus de châtiment à redouter, mais il n'est pas au terme. Il reste un vialeur ignare, que le Buddha Amitâyus fera instruire et guidera jusqu'au but.
Vni. Kàlaya'^as. 19
Neuvième contemplation, de l'amour salvifique, gratuit et universel, qui remplit le cœur du Buddha A'miLàyus. On se figure, réduite à la dimension de 16 à 18 pieds, sa personne infinie. On s'imagine voir la miséricorde déborder de sott cœur et se répandre sur tous les êtres. §^ >î5» ^*,:/ç jg ^, ^JD, Ji[£ ^ î§,^
Dixième contemplation, de la personne de fg j^ '^ Koan-cheu-yinn, Avalokitesvara, qui est un P'ousa secourahle.
Onzième contemplation de la manière dont la renaissance dans l'étang des lotus se produit. Se figurer la fleur, d'abord close, puis s'entr'ouvrant, puis l'être glorieux s'en échappant. — Il est répélé, ici, que toutes les contemplations doivent se faire d'abord les. yeux fermés, et être continuées jusqu'à ce que l'image persiste, comme un phosptiéne, les yeux étant ouverts. Ceux qui ont atteint ce degré, quoique encore f^ \ viateurs, sont souvent visités par des {^ ^ êtres glorieux du paradis d'Amilâyus, qui les encouragent et les consolent.
Treizième contemplation, de la manière, toujours la même, dont le Buddha Am27â/yws et ses deux acolytes apparaissent aux âmes dévotes en cette vie. Eu réalité, est-il dit, la personne d'Amilàyus étant immense, remplissant tout l'espace, elle est présente partout. Elle se montre parfois, mais rarement, dans son immensité. Le plus souvent, quand il plaît à Amita de se faire voir, il paraît haut de 16 à 18 pieds, ses deux acolytes étant de taille humaine ordinaire. Le Buddha Amita est toujours couleur d'or, debout ou assis sur une fleur de lotus épanouie.
Ici commence l'importante division des ^ ^ trois Catégories (sous-divisées artificiellement en J^ 14^ 7' neuf degrés) de j|. ^ 4* ^ ^ la transformation par renaissance dans un lotus, dans la terre du Buddha Amita.
J^remière Catégorie, tous ceux qui, étant Buddhistes mahâyânistes fervents, jg Ifll se sont orientés vers la Terre Pure et ^ ^ i^\ ont voulu y renaître, — B 75 .1^ 4i durant un jour ou jusqu'à sept jours, c'est-à-dire sans détermination précise de la durée de ce désir, pourvu qu'il ait été sincère,., tous ceux-là, quand ils seront à l'article de la mort, le Buddha Amita leur appa- W 3S P^ W 1Éi'f\,^ '^'^'^ resplendissant. Projetant sa lumière sur le ntî B3 ^"^ -^ â J^» ^ ^^'P^ ^^ ^^ véct^eM/ mourant, il lui prendra la main W»iîii i~T ^ ^%iX ^% et le félicitera en ces termes: «Fils de la loi, tu as W. "Bï^^ "?■»& ^ ^ ^"^'^ '"^ ^^^ suprême. Aussi suis-je venu à ta ren- «ï^i Xîfe 4nr- h*"'' 1^ {ff^ contre. ».. Aussitôt l'âme est engloutie par une gran- W*'^ Wi X Al 'U^'-IJC de Heur de lotus qui s'ouvre devant son lit, se refer- ^ iffi Ï^B fnf^ sur elle, et la transporte dans l'étang de la Ter-
re Pure. Là, après une nuit au moins, sept nuits au plus, la lleur s'ouvre et l'âme 75 ^ E i'j obtient la vision du Buddha (de la buddhéité). Mais ensuite elle devra être instruite durant 1 à '■21 jours, selon son degré déjà acquis, pour aboutir finalement au degré de pratyèka buddha. Les instructeurs sont Koan-cheu-yinn. et Ta-cheu-tcheu.
Deuxième Catégorie, Buddhistes qui, sans être fervents, ont fait quelque bien, et ont émis le vœu de renaître dans la terre du Buddha Amita. A ceux-là aussi, à la mort, le Buddha Amila apparaît resplendissant, et leur fait d'abord un sermon sur l'impermanence, pour achever de les détacher des. liens du monde. Dès que ce détachement est complet, le Buddha Amita cueille leur âme, et le reste, comme ci-dessus. Mais, dans la Terre Pure, le lotus ne s'ouvrira et ils ne verront la face à'Amita, qu'après 7 jours au moins, 49 jours au plus. Suivra une éducation progressive, qii prin'à da;jr jaqa'i ui pitit kiipx (13.8)3 iQiées).
20 y///. Kâlayasas.
Troisième Catégorie, pauvres hères chargés de péchés qui les vouent à l'enfer pour des centaines ou des milliers d'années, n'ayant fait aucun bien ni acquis aucune connaissance... A ceux-là aussi le salut est promis, aux conditions que nous p^ ié* e? ^ /ffrr en 5H allons apprendre. Je traduis littéralement, car ce -^ n l\ zH II* A|v TtS» texte a suscité de violentes controverses, comme ^%kU itt J^ A "^ ëJC "ous verrons plus tard...
^ nfc '^ :^ ^ Wlf As «Quand un pauvre ignorant de cette espèce tou-
nfi K. *A-J 1p\ -^ <ÎA p çjjg ^ t5g fj,-,^ gijl g |g j3onne fortune de rencontrer
^ X, ^^W Pj^ ffi IH une personne instruite, qui lui fasse joindre les iM K^ (ilfe ÎIÎl Yrii^ -^ iAf "^^'"^ ^'^ invoquer le Buddha Amila... par la vertu vm I El |7P»W |/|ï i^ qx» (jg j.ette invocation, tous les péchés commis durant
fe £ "1 'f'^t è!j 4 ^ ses nombreuses existences antérieures, et tout le ->' SB 17^ rp. i-jj u,; -^ mauvais karma accumulé durant mille kalpas, ces- ■<— ^F%lîri^ j A/J VM jS seront d'être, instantanément.» 7^ ^a Plus bas, répétition. C'est sur ce passage surtout,
que les discussions feront rage plus tard, les uns " soutenant qu'une jjijîf invocation vocale suffit, les
autres exigeant qu'une ou plusieurs ^ recommandations mentales y soient jointes. L'obscurité provient de ce que le caractère ^: amphibologique, ^ j^ jt^ ^ »i m, .-— peut sigjiifipr penser, réciter, et même à la rigueur i=î /5C m a>I5C ÏÊt ^^ invoquer. Voici le texte: «L'ami dévoué dira au pé- Wi '^ ^ 0f^ ^iî»ffi W- ^1^6ur mourant... si tu n'as pas la force de te recora- ^^ K3. ■=** 'Hi -/in M 35» mander mentalement aux Buddhas (des dix régions), .^1.^ ^[î W We^iU <È 3E alors il te faut invoquer de bouche le Buddha Ami- *Ù ^ '^ ^ ^^ ^^' & làyus... El aussitôt il lui fera prononcer, de tout -î- ^*^ îtP "'" ^ir in î?^ cœur, sans interruption de la voix, durant le temps î ^i2>>W \¥}Wi m m de dix pensées, l'invocation au Buddha Amila. Par \^ &^(Ml i'M ^ tt ^^ ''^ vertu de l'invocation de ce nom, durant ses pen- /^ yûv ,-f- ff/s, I L. Av- ^^^'"^ successives, tous les péchés commis par cet yU'' >Lr» i %m^ /\ r l'i^> homme durant toutes ses existences précédentes ces- Mj ^ ^ /^ ^ seront d'être, et il se trouvera transporté, en un clin
d'œit, dans l'étang de la Terre Pure, et emprisonné dans un lotus poui- au moins 49 jours. Après éclosion, il devra être éduqué, au moins durant dix petits /cai/jas, au plus durant douze grands kalpas... Or un grand kalpa compte 1.344.000 années.
Ainsi consolée, Vâidëliï se résigne à la mort, dans l'espoir de renaître dans la Teii'e Pure. — Le Buddha y.âkya se retransporle à travers les airs au lieu d'où il est venu, et ordonne à Ananda de rédiger le discours qu'il a fait à Vàidëhî, pour le bien des générations à venir, sous le titre || M g g /g^ |^ siitrasuv laconlemplalion du Buddha Amilàtius. Dans l'éloge qu'il en fait, se trouvent ces paro- If-'^: « fM m filh ^ 'yicn qu'avoir entendu le nom de ce Buddha, détruit tous les péchés... combien plus le fait de s'être i-ecommandé à lui et de l'avoir invoqué! Aussi ce nom doit-"il être conservé et enseigné avec soin, pour le salut de beaucoup d'hommes. »
En lète de ce sïilra est toujours imprimée lagânia (hymne) par laquelle l'empereur de Chine alors régnant, ;^ ^f Wenn-ti des §i] ^ Premiers Sang, le