ACTE II, SC EXE III
TIRSIS
Otiy, toute seule, sinon en tant que Dafné y est pour nous favoriser.
Elle m'attend toute nlie!
TIRSIS
Toute nlie. xMais...
Helas! quel mais? Tu ne respons point, tu me fais mourir.
TIRSIS
Mais elle ne sçait pas que tu y doives aller.
Ha! dure conclusion, et qui empoisonne toutes les douceurs précédentes! Helas!
cruel que tu es, avec quels artifices tu me tourmentes! Te suffit-il pas de me voir misérable, sans prendre encore plaisir de redoubler ma douleur?
TIRSIS
Si tu me veux croire, tu seras tres-heureux. non pas misérable.
Et que me conseilles-tu :
TIRSIS
Que tu prennes ce que la fortune favorable te présente.
Plustost finisse ma vie que je face chose qui luy desplaise; je ne fis jamais rien qui luy fust desaggreable que de l'aymer, mais encore fust-ce par force, par la force de sa beauté, et non par ma faute : il ne sera donc jamais que je ne tasche à luy complaire en tout ce qu'il me sera possible.
TIRSIS
Respons-moy, je te prie : s'il estoit en ta puissance de ne l'aymer point, voudroistu ne la point aymer pour luy complaire ?
Amour ne me permet pas que je responde à cela, non pas seulement que je m'imagine de jamais cesser de l'aymer, quand bien je le pourrois faire.
TIRSIS
Quoy ! tu la voudrois donc aymer en despit qu'elle en eust, encor qu'il fust en ta puissance de ne la point aymer?