ACTE II, SCENE III
TIRSIS
O pauvre d'esprit ! vois-tu pas que tu recherches tousjours ceste asseurance qui luy desplait et luy doit infalliblement desplaire, et que tu ne dois nullement rechercher ? Mais dy-moy, qui t'asseure du contraire? Et, si elle t'attend en ceste intention et que tu n'y ailes point, le doute et le hazard ne sont-ils pas égaux en cela? Et, s'il faut se perdre, ne vaut-il pas mieux que ce soit vaillamment que laschement?
Tu ne dis mot, tu confesses la debte; mais n'y ayes point de regret, non : car la victoire que j'ay obtenue sur toy t'en apportera une plus heureuse dessus elle.
Allons.
Atten un petit.
TIRSIS
Quoy, atten? ne sçais tu pas que le temps s'en fuit?
Mais encore faut-il regarder si nous y devons aller, et comment.
TIRSIS
Nous y penserons en chemin ; mais celuy
yo A MIXTE
ne fait jamais rien qui pense à tant de choses.