‹ AminteChapitre 71 sur 90 · CTE III . SC EXE II · texte numérisé non relu

CTE III . SC EXE II

rables reliques de sa fille, s'il en reste quelqu'une. Ha! Dieu! pauvre Silvie ! Hé! la triste et piteuse avanture !

AM1NTE.

Mon Dieu! qu'est-ce qu'elle dit?

NERINE.

Ha ! Dafné !

DAFNE

Qu'est-ce que tu dis à part toy de Silvie ? qu'as-tu a souspirer ?

NERINE.

Ha ! que j'ay bien raison de souspirer d'un si malheureux accident!

Mon Dieu, quel accident veut-elle dire ? Je sens, je sens un glasson qui me serre le cœur, l'haleine me faut: est-elle en vie?

DAFNÉ.

Dy-nous un petit quel accident.

NERINE.

O Dieu ! faut-il que j'en sois la messagère ? Si faut-il qu'on le sçache. Silvie est tantost venue en mon logis aussi niïe que la main : tu dois en scavoir la raison : et.

comme elle a esté revestlie, elle m'a priée de l'accompagner à la chasse au bois des yeuses, où Ton avoit fait une assemblée. Nous y allons, et trouvons tout plein de nos compagnes qui y estoient des-ja arrivées. Nous ne sejournasmes gueres que voicy un loup grand outre mesure qui sort du tailliz, escumant d'une bave sanglante qui luy degoutoit effroyablement de la gueule. Silvie enfonce un arc' que je luy avois preste, et luy plante un quarreau dedans la teste. Il rebrousse dans le bois, et [elle court] après avec un javelot qu'elle branloit au poing.

Helas ! quelle fin me présage ce triste commencement ?

NERINE.

Et moy avec pareilles armes je les suy à la trace, mais d'assez loin toutesfois : car j'estois repartie un peu trop tard. Gomme nous fusmes plus avant dedans le bois, je la perdis de veiïe ; toutesfois je les suivy si longuement à la piste que finalement je me trouvay au plus espaiset au plus désert endroit de toute la forest ; et là j'avise

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