‹ AminteChapitre 73 sur 90 · NER1NE · texte numérisé non relu

NER1NE

Il respire pourtant, ce ne sera rien; non, ce n'est qu'un petit évanouissement : le voila revenu.

Douleur qui me bourrelles, que n'a-

cheves-tu désormais de me tuer ? Tu es par trop lasche; mais peut-estre laisses-tu ce dernier office a mes mains. Je suis, je suis content qu'elles en prennent la charge puis que tu la refuses, ou que tu n'en es pas capable. Helas! si désormais il ne manque plus rien au comble et à la vérité de mon tourment, qu'atten-je plus? que veux-je délayer d'avantage? O Dame , Dafné ! m'avois-tu préserve' de la mort pour veoir une si piteuse fin de ma vie? m'avois-tu empesche' de mourir a ceste intention? Belle et aggreable m'eust esté la mort lors que je me vouluz tuer ; mais tu m'en empeschas, inhumaine, et le Ciel aussi, qui ne vouloit pas que je prévinsse par ce moyen le cruel malheur qu'il m'avoit appresté. Mais, maintenant qu'il ne luy reste aucune espèce de cruauté qu'il n'ait exercée dessus moy, je croy qu'il permettra bien maintenant que je meure, et toy tu me le dois aussi permettre.

DAFNÉ.

Au moins atten à mourir jusques a ce que tu en sçaches mieux la vérité.

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