ACTE III, SC EXE II AM1NTE
Ha! Dieu! que veux -tu que j'attende plus? Helas! je n'ay que trop attendu, et trop entendu.
NERINE.
0! plust à Dieu que j'eusse esté muette!
Nimphe, je te prie, donne-moy ce voile, seule et misérable relique de ma maistresse, afin qu'il m'accompagne en ce peu qui me reste de chemin et de vie. et qu'avec sa présence il accroisse ma douleur, qui véritablement est trop foible, puis qu'elle a besoin d'aide pour me faire mourir.
NERINE.
Lcdois-je donner, ou le refuser? Le suj^et pour lequel tu le demandes m'empesche de te le donner.
Ha ! cruelle ! tu me refuses donc si peu de chose à l'extrémité? Il falloit encore que le destin en cecy , comme en toute autre chose, me lut contraire. Je luy quitte la place, et à vous le voile. A dieu, chères amies, à dieu pour jamais.
AMfNTE
DAFNE
Aminte, Aminte, atten, atten, escoute :
mon Dieu 1 avec quelle rage il s'enfuit !
N'ERINE.
Il va si viste que ce seroit folie de le vouloir suyvre : il vaudra mieux que je suyve mon chemin, et peut-estre vaudra mieux encore que je n'en die mot au misérable père.
Ujé ()asiqt