PRIÈRE À N. S. JÉSUS-CHRIST
milieu de vous, disait le saint précurseur, que TOUS ne connaissez pas \ » et cet Inconnu , mon Sauveur, c'est vous-même. Oui, c'est vous, auprès duquel passent et repassent des hommes aveugles, qui aperçoivent tout dans une église, excepté le Dieu de l'Eucharistie. Ceux même qu'un instinct religieux conduit à la maison de prière, et qui obéissent à cette heureuse impulsion que la foi semble aujourd'hui donqer au monde, sont-ils bien assez éclairés, assez attentifs et assez soumis par rapport à votre présence dans le saint Sacrement? Ne dirait-on pas trop souvent qu'ils en doutent? Du moins est-on forcé de reconnaître qu'ils n'en sont pas assez frappés.
Et pourtant, mon Dieu, l'Eucharistie n'estelle pas le principal trésor de votre Eglise? n'est-ce pas le centre vers lequel tout se reporte dans la Religion ? Si je suis initié au Christianisme par le Baptême , si la Confirmation vient me fortifier et m'agrandir> si les autres sacrements font ruisseler sur moi les grâces dont ils sont le canal, n'est-ce pas pour me faire arriver à la sainte Table et , par elle , à l'éternel bonheur? Oui, l'Eucharistie est le but et la fin de tout le reste, puisque c'est
^ loan. c. 1, y 26.
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dans cette adorable nourriture que le Sauveur a placé pour nous Taliment de la grâce et le germe de la gloire, a En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de THomme et ne buvez son sang, vous n^aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, a la vie éternelle *. »
Je viens donc , ô Jésus , élever mon âme vers vous, et chercher, dans une affectueuse méditation, la connaissance, de plus en plus exacte , des merveilles cachées dans les profondeurs de TEucharistie. Je viens consoler et fortifier ma foi , en étudiant les preuves si solides de votre présence réelle au saint Sacrement, les biens que vous m'y procurez et les devoirs que j'ai à vous y rendre. A une autre époque, ceux qui écrivaient sur cette riche et douce matière n'avaient qu'à laisser aller leur cœur dans des considérations tendres et affectives; ils ne rencontraient guère d'opposition dans les esprits , et il ne leur restait plus qu'à nourrir des âmes qui venaient, pour ainsi dire, au-devant des aliments qu'on leur avait préparés.
Aujourd'hui, mon Dieu, la position n'est
^ Joan. c. 6, )^ 5A.
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plus la même; il nous faut commencer par raffermir la foi si faible, si mal assise et si terriblement attaquée d^me foule de Chrétiens , qui n'entendent presque jamais parler de l'Eucharistie, qu'avec la légèreté de l'indifférence ou l'hostilité du mépris.
Oh ! combien je me féliciterais , si , dans quelques-unes de ces pages que je vais écrire sous la dictée de mon amour et sous les inspirations de votre sainte Eglise, mon cœur, s'élevant vers vous , pouvait les emporter avec lui et leur faire bien connaître ce Dieu caché * que l'œil de l'bonune voyageur ici-bas ne pput sans doute pas plus apercevoir dans l'Eucharistie que dans le ciel , mais que la vérité de votre parole nous assure être aussi réellement présent sur l'autel qu'au milieu des gloires du paradis I Oui , combien je m'estimerais heureux de pouvoir leur montrer, d'une part, ce que vous avez fait pour nous dans ce mystère, et de Fautre, ce que nous devons faire pour vous ! Trois mots me paraissent renfermer l'abrégé de vos bienfaits dans l'Eucharistie : PROMESSB, DON^ POSSESSION. VoUS aVCZ,
en effet , commencé par nous promettre ce trésor y en le faisant annoncer et figurer dès
1 Isa. c. 46, y 15.