‹ Amour á la ste eucharistie, ou Élévations sur l'adorable sacrement de nos autelsChapitre 21 sur 22 · SEPTIÈME ET DERNIÈRE ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME ET DERNIÈRE ÉLÉVATION

Encore sur Ips fruits de la sainte GoinTranion.

La nourriture corporelle^ en soutenant notre vie et en augmentant nos forces , répare aussi celles que nous perdons journellement par le travail, la chaleur du sang, ractivité même de la vie ; et quand elle est prise par un homme valide et bien portant, elle a pour luides charmes, et lui procure un plaisir dont il ne peut se défendre et qui, après tout, n'est pas un mal, quand il est réglé et qu'on en jouit selon Dieu.

Voilà encore une image des services que rend à notre âme Tadorable Eucharistie, et des délices qu'elle lui procure.

Ecoulons TEglise elle-même, dans cet incomparable catéchisme, composé d'après ses désirs ' et en quelque sorte sous ses yeux. Il y a là une grâce plus abondante que ne pourraient jamais porter dans les âmes nos faibles paroles.

<c On ne peut douter que l'Eucharistie n'ait la propriété de remettre les péchés légers qu'on nomme véniels. Tout ce que l'âme , entraînée par l'ardeur de la concupiscence , a perdu de la vie de la grâce en commettant des fautes lé-

« Prsef. Catec. Trid:

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goreSyCe sacrement lefs répare eu effaçanl ces fautes; ainsi , pour nous servir toujours de noire comparaison, Id nourriinre corporelle répare insensiblement ce que nous perdons tous les jours par Teffei de la transpiration ; ce qui a fait dire si justement à saint Ambroise ^ que ce pain de chaque jour est un remède aux infirmités de chaque jour ^ Mais il faut entendre ceci des péchés pour lesquels on n'a plus d'afTection. »

<x C'est encore une des propriétés de TEucharistie de nous préserver du crime, de nous conserver l'innocence, de nous fortifier contre les tentations, et de servir à notre âme comme un antidote divin qui Tempâche d'être infectée et carrompue par le venin mortel des passions.

Dans les premiers temps de l'Eglise, au rapport de saint Cyprien, lorsque les fidèles étaient condamnés par les tyrans aux supplices et à Id mort pour avoir confessé la foi de J.-C, les évoques avaient coutume de leur donner le sacrement du corps et du sang de notre Seigneur, de peur que vaincus par la force des tourmenta, ils ne succombassent dans ce combat du salut, n

Ame fidèle, l'avez-vous bien compris? Voilà le préservatif par excellence contre leé dangers qui vous entourent; il y en a tant, hélas ! autour

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de vous et en vou$! c< Périls de h part des étrangers, périls de la part d^s vôtres, périls au milieu des villes, périls au fond des déserts, périls surtout parmi les faux frères % » dont la foi si languissante, si froide, si incomplète, peut devenir facilement pour la vôtre une c< odeur de mort qui vous donne la mort^ Entendez-les : ils ne cessent d^exalter devant vous la morale , de louer les prédicateurs qui la prêchent ; mais le dogme, les croyances , les mystères, ils ne veulent pas s'en occuper, ils tremblent qu^on qe leur en parle. El pourtant, sur quoi reposera la morale si elle n^a pas ce solide et inébranlable fondement? et qu^est-ce quHiqe religion dans laquelle il n'y a rien au-dessus des pensées de rhomme , sinon une œuvre toute hMmaine qui ne porte pas le cachet de ce Dieu dont « les pensées sont élevées au-dessus de pos penftées , autant et plus que les cieux sont élevés au-dessus de la terre*? »

Oui, ce grand scandale, 1^ seul que je signale ici , et tant d'autres dont Iç monde est plein , comment y échapperez-vou$? où prendre^s-vous « la force de lutter contre (antd'enpeipis , sinon à cette table d'où les premiei*^ ct^rétiens sortaient respirant comme des lions le feu du courage, et

^ H Cor. c. 11, M6 = * Ib- c. 2, Me — • I«. c. 6^ t *"

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devenus terribles au démon lui-même , par la vertu divine quMIs y avaient puisée * ? Ne me parlez plus de votre faiblesse, je la connais, car cVsl la mienne et celle de tous. Mais, aussi bien, ne voyez-vous pas où se trouve la forcea qui vient d'en haut, » et n'apercevez-vous pas le cénacle où Ton peut s'en revêtir? Ame chrétienne, voilà un des meilleurs fruits que vous ayez à recueillir, sur cet arbre de vie. a Prenez donc et mangez; » puis vous direz comme David , et avec encore plus de raison que lui : a Le Seigneur est ma force , il est deverfu Fauteur de mon salut*, i»

Il est aussi la joie de mon âme , il en fait les délices. Non , jamais la nourriture corporelle n'a eu tant de charmes pour l'homme affamé ; jamais l'eau du désert n'a eu plus de douceur pour le cerf altéré, qu'en a pour mon cœur le banquet qui m'est servi par Jésus , à la table sainte, a Son pain est excellent ; les rois y trouveront leurs délices'; » et les pauvres aussi, mon Dieu, car c'est là que , a dans votre bonté , vous avez préparé quelque chose de si excellent en leur faveur ^ » A ceux qui pourraient en douter, je dirais : a Goûtez vous-mêmes

A'Chrys. hom. zlvi in Joan. «• * Ps. 117, > 14 » * Gen. - «0 — * Pg. 67, f 11.

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et voyez combien le Seigneur est doux * >» et aimable. Oui, doux pour ceux qui le craignent, et à plus forte raison pour ceux qui le reçoivent avec tant d'amour! Demandez « à cette nuée de témoins ' d qui se lèvent pour déposer ici en ma faveur ; demandez à ces âmes qui se trouvaient si heureuses à la sainte table qu'on les entendait crier dans leur sainte ivresse : a C'est assez, Seigneur, c'est assez. » Demandez à saint Laurent, dont l'Eglise, elle-môme, après saint Augustin, nous dit qu'enivre de ce vin mystérieux, de ce calice du salut, il ne sentait plus les horribles tourments auxquels il était soumis. Demandez à tant d'autres, qui en ont bu après lui et qui ont vu l'amertume de leur tristesse emportée et dissipée par ce céleste breuvage. Car le Sauveur, justifiant d'une manière qui n'appartient qu'à lui et qui s^élève au--dessus de l'ordre commun , cet oracle de l'Ecriture :

<x Donnez une liqueur à ceux qui sont afOtgés, et du vin à ceux qui sont dans l'amertume de l'âme ', » le Sauveur a vraiment donné le calice de son sang pour réjouir ceux qu'affligent les peines de la vie ^ Sans doute, mon Dieu, cette joie sensible, qui

» P». 67, t 83 CB « Heb. c. 11 « » Prov. c. 81, t 6 ■- * Dédit et tristibus , etc.

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iniMide quelquefois dos àines , les ravit el les traosporte, n'est pas toujours à oos ordros el n'esl point uo fruit ncce»eaire de la communîun, dans l'instant inâme ou nous la recevons. Pieu la diffère souvent, Dieu la fait attendre et la réserve pour des circonstanciis où elle sera encore pltis utile , plus pro&lable , et où nous la ftoûteroDs sans avoir besojn précisément de lavoir ou de penser qu'elle vient do là. Le voyageur fatigué boit avec bonheur l'eau du ruisseau dans le lieu où il la rencontre et- où jl ea sent vivement le besoin , sans songer à la nource d'où éinanent ces belles eauxi et qui est peutêtre alors bien loin de lui.

Quelquefois m^e , Seigneur, le sacrifice vient de moi; c'est moi qui renonce volontairement aui saintes jouissances d'une action de ea qu'il me serait si doux de prolonger, I que je quitte pour aller rendre quelservices à mes frères , ou remplir quelque e devcir moins doux , mais non moîas sacré.

I vous en souviendree, Seiguenr, n'est-ll rrai? Car alors c'est pour vous que je vous £ , et , en pareille occasion , je ne saurais querde vous retrouver, ai surtout l'espérance de vous retrouver au car le principal et le plus précieux d«s

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fruits de rEucharistle est de nous donner des droits au bonheur éternel et de nous en garantir la possession , si nous sommes fidèles. <c Celui qui mange ce pain vivra éternellement*. » Il n^y a pas seulement là , comme dans les autres sacrements, une grâce qui conduit au CiéU il y a a un gage de sa future possession'. »

Ne permettez pas, Seigneur, qu'après avoir tant de fois reçu ce gage précieux y je perde jamais la possession de « cet héritage, où rien ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni se flétrir, et qui nous est réservé dans les cieux '.

Dieu soit béni mille fois! soutenu par sa grâce, j'ai fourni la carrière que je m'étais ouverte.

J'ignore ce que peuvent valoir ces lignes , qui sont là derrière moi , toutes pleines de votre nom , de vos bienfaits, et du désir de vous faire aimer, sainte Eucharistie! J'en suis l'auteur, mais ne saurais en être le juge ; ce droit appartient à d'autres. Qu'il me soit néanmoins permis de le dire avec simplicité ; j'espère qu'elles ne seront pas inutiles à quelques uns de mes frères. Si j'avais donc pu réussir à leur faire du bien et à augmenter votre amour dans leur cœur, oh !

comme j'en serais heureux! Et si, pour prix

* Joan. c. 6 B= * Et futur» gloriœ nobis, etc. Hym. sm » I Pet. c. 1, y 4.

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de mes faibles efforts , et d'an traTail que je vous conjure de bénir , vous me demandiez , Seigneur y quelle récompense je désire, souffrez que je vous réponde , avec un de vos plus grands saints, qui a tant aimé rEncharistie et si bien écrit sur elle : Pas d'autre récam^ pense que vous-même, Seigneur !...

* Non aliam, Domine, nisi teipsum. (Brev. rom. in festo Mucti Tlioin. Aqnin... )

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