OU L’ORPHELIN DES FLOTS
Entendez-vous l’écho que disperse la nuit, Dans un bruit de cristal ou de coupe brisée,
Piale sur la mer, innondée de rosée ?
C est mon pas qui parcourt, sur l’aile de mon rêve, Les sillons argentés de ce labour géant, Où mon cœur s’est perdu, une nuit sur la grève Où montaient vers le ciel des pépites d’argent ! Entendez-vous ce chant que vient bercer la brise ? C’est ma voix qui implore un amour exalté à Jusqu'au balcon du ciel, où mon rêve se brise Sur l’archet frémissant des nuits roses d’été !
Le NARORRE mon cœur, solitaire et morose,
Sur mon âme qui rêve, et l’espoir qui s’enfuit !
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Voyez-vous sur la grève, au seuil de l’océan
S'étendre un grand manteau ? C’est une âme orpheline Piétinée par la brume, et qu’ondule le vent,
Sur les frissons d'argent de la mer opaline !
Car mon Père est parti, pour ne plus revenir,
Un: soir dans la tempête, où se brisaient les flots ;
Ma Mère est restée seule, avec son souvenir,
Et moi je dois rester pour sécher ses sanglots !
Et mon front qui s'incline, et se ride à jamais, Sur la grève où se brise un désir enfantin, N’aura droit aux baisers de la mer que j'aimais Caresser tant de fois, sur le sable argentin !
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Oh Mer ! je viens pourtant, chaque nuit sans rancune Envelopper ma peine et mes jeunes vingt ans
Dans le brouillard léger qui rôde sous la lune
Comme un parfum de rose, aux soirs de nos printemps...
…. Assis sur les galets, que foulent mes pieds nus, Dans un bruit de cristal, qu’un sombre écho poursuit, Raconte-moi ce soir, les contes inconnus
D'un voyage lointain, que la grève a détruit !
Dis-moi si tes grands flots, d’un bleu tendre et d’argent, Que taquine ce soir, un rayon de soleil,
Sur la plaine inondée de ton labour géant
Que soulève le vent, jusqu’au balcon du ciel...