‹ Amour de philosopheChapitre 10 sur 194 · Vers le milieu <le frimaire an IV · texte numérisé non relu

Vers le milieu <le frimaire an IV

4. Sophie DifJol, so-ur ainée de Félicité, était née le 1" septembre 1768; elle mourut le li janvier 1786. Elle avait quatre ans de plus que sa sœur.

C'est alors que ses biographes se trouvaient embarrassés par une question qu'ils ne pouvaient trancher : Félicité a-t-elle voulu divorcer? Certains l'affirmaient, d'autres le niaient, et cette question ne pouvait sortir du domaine de l'hypothèse, puisqu'on épiloguait sur une lettre, inédite, qui, paraît-il, avait disparu. Eh bien! cela est vrai : il a été question de divorce entre le mari et la femme ; le document qui le prouve n'est pas perdu, il nous est aujourd'hui donné de le publier : c'est une lettre de Bernardin de Saint-Pierre à sa belle-mère, Mme Didot mère; elle est datée du 6 A'entôse an YII, c'est-à-dire du 24 février 1799 (dimanche).

Quoi qu'il en soit, Félicité renonça à son projet; elle continua de dépérir', minée par le terrible

1. Voici, à tilre de curiosité, une lettre, inédile, écrite à Félicité par sa mère, un mois avant sa mort. Cette lettre datée du 1" brumaire an VIII, c'est-à-dire du 8 novembre lIQg (vendredi), se trouve à la Bibliothèque du Havre (dossier 157, p. 132, B. 63).

A la Citoyenne de St-Pierre.

« Tu me demande des nouvelles de ma santé, ma bonne fille, puipe me bien porté et te savoir malade ne crois pas que leloignemeiit fait que Je loublie jai eut de tes nouvelle trois fois depuis tonl départ.

" tu me fait des plainte de ton docteur, cest une grande négligence de sa part si tu ne la pas vue depuis ton retour d'Essonne, Je n'ivois un seul moyen cela ceroit de lui Écrire l'état ou tu te trouve présentement et le désire que tu aurois

CVTHERINE GODEBOUT

Dame de Siiiiit-Pierre, mère de Jacqiu-s-Henri-Bcrnanlin ( Dessin appartenant au musée du Havre )

mal auquel son mari semble ne pas avoir cru, et à vingt-six ans elle s'éteignit, après six années de mariage, le 18 décembre 1799'. Bernardin, resté

de le voir, je crois qu'il ne manqueroi pas de venir, étant assuré d'avoir la Confiance de sa malade, cest sûrement la le motif de son peut déxaclitude. —

" quoique tu ne mest pas demandé ta grande Bergère jai prie sur moi de te l'anvoyer, Croyant te faire plaisire, et réparé la sotise de nos deux pauvres d'esprit.

« la fin de ta lettre me fait de la peine, tu Grain de mennuyer de ton bavardage, que je dois être bien tranquil détre debarassé de tout tont trio, bonne amie tu ne connois pas le cœur de ta mère, les moyens me manque présentement pour te prouvé ce que je ressant pour toi, il viendra un tant plus heureux ou je pourai me faire connoitre, mais pour le presant ce qui mocupe le plus cest de savoir tont rélablisement, ne temest nul inquiétude dans lesprit, prend donc une ferme resolution sur toit même, et soit sur que cette fièvre qui est nerveuse se dissipera, le grand Médecin cest Dieu Elaive ton ame vers ton créateur de mande lui dans tes prière la force et le courage de supporté ton mal avec passiance cest la le vraix moyen de trouvé du soulagement et de la Consolation dans tout ce qui nous arrive. —

« jai attendue tout ces jours si notre ami St-Pierre ayant promi qu'il viendroit dans huit jours, lelant est passé, je ne sait aquoi attribué son retard, fait lui mille amitiér de ma part embrasse le pour moi ainssi que mes deux beaux petit Enfans que jaimc de tout mon cœur.

« V DiDOT. »

" ta tante charpentier a été sansible a ton bon souvenir elle ma chargé de mille amitiér de sa part.

•< jatant toujours que l'on me livre mon blé mais je vois qu'il faut prendre mon partie de man passé, jeu suis toutes consolé, dans lespérance delevoir pbitôt que je le Croyoit.

« lu recevra une petite anguille et un petit brochait cest de la f)aiche de Morigeron. >- (lu n Urumairo an S*".

Page 1