‹ Amour de philosopheChapitre 13 sur 194 · Octobre-novembre · texte numérisé non relu

Octobre-novembre

2. Martin (Louis-Aimé;, littérateur, né à Lyon, en 1786, mort, à Paris, le 22 juin 1847; d'abord professeur d'histoire littéraire de la France des xn', xui° et xiv" siècles, à l'Athénée, en 1813; secrétaire-rédacteur de la Chambre des Députés en l8lo, et, peu de temps après, professeur de belles-lettres, de morale et d'histoire à l'École polytechnique, en remplacement d'Andrieux; destitué en 1831 et nommé conservateur à la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

plus nombreux, dans la collection de M. Pierre Gélis-Didot. Aimé Martin fut pendant longtemps dépositaire de ces dernières lettres; elles appartenaient à Mlle Virginie de Saint-Pierre, fille de Bernardin, qui avait épousé le général de Gazan. Lorsque Mme de Gazan fut morte, le général les conserva, et quand, en 1849, il succomba au choléra, elles furent vendues avec sa bibliothèque et achetées par un collectionneur dont j'ignore le nom. Paul de Saint-Pierre ne se porta pas acquéreur à cette vente; il ne pouvait, étant fou, songer à la mémoire de son père. Je retrouve ces lettres à Nancy, en 1856, entre les mains de M. E. Meaume, avocat, puis juge, auteur de diverses brochures et président de l'Académie de Stanislas. Comment les a-t-il eues? « par un heureux hasard », voilà tout ce qu'il dit. Je perds alors la trace de ces lettres et ne les retrouve que chez M. Pierre Gélis-Didot, l'architecte bien connu, qui est le petit-neveu de Bernardin ; il acheta une partie de ces lettres dans une vente publique, en février 1887, et compléta cette très belle collection, dont il est demeuré, depuis lors, l'heureux propriétaire*.

1. C'est M. Pierre Gélis-Didot qui m'a autorisé à publier ces

Comment ces missives, — je parle de celles écrites avant le mariage — parvenaient-elles à leur destinataire? C'est là, je crois, un point dont il n'a jamais été parlé. Certaines d'entre elles ont été confiées à la poste : le timbre qui les accompagne en fait foi ; d'autres ont été portées par un commissionnaire ou même données par Bernardin à la mère de Félicité'. Mais plusieurs d'entre elles semblent avoir été remises en cachette, de la main à la main, lorsque se rencontraient les deux amants; c'est donc là, peut-être, en partie, une correspondance secrète échangée furtivement à l'insu des parents qui pourtant avaient agréé ce mariage. Les deux héros de ce roman, peu romanesque pourtant, craignaient sans doute de ne pouvoir, lorsqu'ils se voyaient, causer assez librement et se confiaient par écrit l'expression de leurs sentiments. Ceci ressort de la lecture de quelques lettres : « hier au soir, écrit Bernardin, tu etois charmante, tu pensois peut-être au plaisir que me feroit ton billet ^ » ; ne répond-il pas là à

lettres; qu'il me soit permis de lui dire ici toute ma reconnaissance et mes remerciements.

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