Ce passage a été reproduit par E. Meaume
2. D'Essonnes; — le 30 septembre 1792; — signée; — sans adresse; — pas oblitérée; — imprimée dans la Revue des Deux Mondes avec le n° 5; avant nous M. Maury en avait publié deux courts passages. — Cette lettre a le n" 34 dans la collection Gélis-Didol.
dans votre société, mon ami, je puis vous assurer qu'ils ont servi à me faire sentir plus vivement les peines de l'absence; et sans la véritable amie qui est auprès de moi, j'aurais bien des fois détesté les jours passés ici depuis votre départ (malgré mon goût décidé pour la campagne). Les endroits, même embellis par l'idée que vous vous y plaisiez, me paraissent tristes et sauvages, ne vous y trouvant plus; cette prairie si riante que vous avez souvent contemplée avec plaisir, loin de ce que j'aime, m'inspire le sentiment contraire; les roches mêmes, dont le souvenir vous paraît agréable, ont perdu pour moi leur plus grand ornement; [peut-être me blâmerezvous de devenir insensible aux beautés de la nature, mais je ne saurais m'en vouloir de ne sentir et de ne vivre que par vous, (quoi qu'il en puisse résulter); cependant, en passant par la prairie qui conduit aux roches, je me rappelai avec plaisir de la gaîté que vous témoignâtes en cet endroit, m'estimant heureuse si j'ai pu y contribuer en quelque chose.]
Quelquefois, mon ami, je me reproche comme égarement ' les marques d'amitié que je vous donnais ici, les trouvant bien opposées aux règles que je m'étais prescrites : mais bientôt, éloignant cette idée que je regarde comme mauvaise opinion, pourquoi, me dis-je, me faire un crime de ce que je prodigue sans