En marge de ce passage, il y a le mot : inutile
le centre, me dédommage des tracasseries inséparables aujourd'hui des fonctions publiques ; quand je suis mécontent des hommes, je m'enfonce en esprit dans les vergers et les bocages. Il est temps de rendre mon asile digne de vous, en y réunissant tous les arbres fruitiers et toutes les fleurs que le climat et le sol peuvent produire. J'attends avec impatience le plan de M'. Moreau pour les y apporter. D'un autre côté les affaires du jardin ' me donnent de l'occupa tion. Dimanche, je dîne avec les administrateurs des travaux publics, qui doivent m'aider dans l'affaire de la Ménagerie -. Enfin mon déménagement ajoute à mes embarras, car je désire coucher, après-djemain ^ à l'intendance ^ Vous jugez bien que tous ces objets me distraient de mes plaisirs.
Rien n'est plus propre à m'en dédommager, mon enfant, que le plaisir de recevoir de tes nouvelles. Ton âme est faite pour la mienne, puisqu'elle est capable de bien aimer. Ce soir je calmerai tes agitations en t'embrassant de tout mon cœur. Tout occupée de ma santé tu ne me parles point de la
1. Bernardin parle ici du Jardin des Plantes; il avait en effet été nommé, le 1" juillet 1792 : Intendant du Jardin des Plantes et du Cabinet d'Histoire naturelle. Il conserva cette fonction jusqu'au 10 juin 1793, d'après M. Maury; M. Largemain affirme qu'il l'exerça jusqu'au 8 juillet 1793 inclus.
2. C'est en cITet grâce aux démarches de Bernardin qu'une ménagerie fut annexée au Jardin des Plantes.