CHAPITRE IV
* Sa délicate conscience lui dénonça aussitôt ce. retour offensif de la cérébralité. Il s’en effraya..
ce péril fût conjuré.
Mais le danger n'était pas encore aussi proche …
que Marcel se le figurait. Il n’y avait, dans cette reprise de la réflexion, rien que de normal et de naturel; et si jusqu'alors les facultés intel-
lectuelles s'étaient trouvées en antagonisme avec
Il eut vers le Dieu héréditaire, auquel il ne croyait. |
pas, vers le Père qui est aux cieux, une instinctive prière éjaculatoire, afin que, s’il se pouvait,
le cœur, ce n'était pas une raison pour que le :
cerveau se dispensât de jouer, dans l’amour cette …
fois réel et sincère, le rôle actif qu'il doit y jouer. Car les émotions ne sont pas tout l'amour. Il faut
que la pensée y aide aussi; et l'imagination y à sa tâche bien tracée, qui est de métamorphoser l'être que nous aimons en un personnage de . légende, conforme aux dogmes amoureux du cœur. :
C’est ce travail tout simplement qui s’opérait dans l'esprit de Marcel. | L'idée de Suzanne était fixe en lui. Il ne tour-
nait pas ses regards vers Suzanne elle-même,
étendue à ses côtés : c’est sur l’idée seule que
‘ lorsqu'un être a de en nous otion amoureuse, c'est à l'instant et d’un up qu'il devient pour nous le personnage léndaire ; mais comme ce miracle s’accomplit à otre insu, lorsque nous retrouvons en lui une une, par un cercle vicieux manifeste, les quaés que nous lui avons supposées en bloc, nous rdons l'illusion de les découvrir par voie d’exérience ; et au jugement des spectateurs désintéressés, nous avons l’air de l’embellir et de le pa er après coup, petit à petit, au moyen de ce que l’on appelle une cristallisation.
Marcel ne pouvait suivre en ceci la loi comaune. Depuis longtemps Suzanne, une Suzanne w'il n’aïmait pas, le hantait. Il la connaissait
rès détaillée qui lui paraissait adéquate. Il ne
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