‹ Amour et amourette drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 36 sur 57 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TIBURCE, MALVINA, entrant par le fond.

T1BUHCK.

Ah! c’est ici chez Pauline; je n'y étais jamais venu.

IIALV1KA.

le l’espère bien.

TIBCnCE.

U est très gentil son petit Louvre... c’est un peu mieux tenu que ton appartement.

MALVINA

Il ne vient psi chez elle des monsieur Tiburce pour tout bouleverser...

tiburce, avec fatuité.

Hélas! non, la malheureuse!

MALVISA.

As-tu fini, méchant?

TIBURCR.

Comment Pauline n'est-elle pas encore rentrée!... 11 parait que mon oncle en a un peu long à lui dire.

MALVINA

Je suis d’une inquiétude sur le résultat de ce colloque...

TIBURCR.

Ah! bah!

MALVINA

Ça me touche d’un peu près !

TIBURCR.

En quoi donc, s’il vous plaît?

MALVINA

C’est que j’ai aussi une visite à faire au sieur Duvivier.

TIBURCR.

El que diable peux- lu lui vouloir?

MALVINA

C’est des secrets de famille entre lui z’et moi.

TIBURCR.

Oh! z’et moi, je n’en suis donc pas moi, de la famille?

MALVINA

Je ne dis pas... Au fait, voilà l’objet: À son départ de Paris, le susnommé Duvivier nous recommanda à Pauline et à moi deux jeunes bêtats de votre connaissance...

TIBURCR.

Deux bêlats!

MALVINA

L’un des deux en question se plaça sous mon aile; il avait la taille moyenne, les cheveux blonds, le teint coloré, le menton rond, et répondait au nom de Tiburce...

TIBURCR.

Ah ça, mais c’est un signalement de caniche ça!...

MALVINA

Le sieur Duvivier nous confia donc la tutelle des petits, ajoutant qu’il y aurait récompense honnête...

TIBURCR.

Toujours comme pour un caniche.

MALVINA

Et je grille de savoir comment il a reçu Pauline pour me présenter à mon tour.

TIBURCR.

Tu oserais te présenter devant mon oncle!

MALVINA

Un peu, son neveu!... Comme disent les étudiants: audaces fortuna jalap...

TIBURCE

Du tout, c’est juvat.

MALVINA

Juvat, jalap, peu importe... je verrai le sieur Duvivier.

TIBURCR. #

Et qu'est-ce que tu lui diras?

C’est bien simple... Je lui dirai, en te présentant:

air du Philtre Champenoi s.

Pour en faire un homm’ de mérite Vous me l’aviez confié jadis ;

Ma tàrhe est enfin accomplit^;

Voyez votre neveu; je dis,

Que le v’ià des plus dégourdis:

Dans 1’ but d'obtenir vol' suffrage, l>'un peu godiche qu'il était,

En votre absence je l’ai fait Très-spirituel à mon image.

tiburce, parlé.

Ne l'égratigne donc pas.

ENSEMBLE

MALVINA

Eh ! mais, je croi Qu’il s’ra content d’ moi.

TlDl'RCE.

L’oncle, ma foi.

Sera content de toi.

malvina , le faisant passer d droite.

DEUXIEME COCFLET.

Partout on vante sa tournure :

Le charmant carabin! dit-on;

Et cette longue chevelure,

Et cett’ barbe sous le menton,

Ah ! Dieu ! quel genr’ 1 quel chic I quel ton 1 Il sait danser avec principes Tout c* que permet (‘autorité,

Bref, à l’école il est cité Pour l'art de culotter les pipes.

Eh I mais, je croi, etc. , etc.

TIBURCE

Eh bien, je te conseille d’aller lui parler de ça!

MALVINA

Comment?

TIBURCR,

j II te traitera joliment; tu peux être sûre qu’il te flanquera à la porte.

MALVINA

A la porte, une femme comme moi!... Et sous quel prétexte ?

TIBURCR.

Sous prétexte que tu m’aurais fait perdre mon temps, que je ne serais qu’un mauvais sujet, un ignorant. Enfin, puisqu’il faut tout te dire... il m'a défendu, sous peine de malédiction, de jamais te revoir.

MALVINA

Il se pourrait!... Mais je suis Yoléeî... indignement volée!... J’espère que vous êtes prêt à braver sa volonté?

TIBURCE

Oh! parfaitement prêt!... dés que je pourrai me passer de lui pour vivre, enfin dès que je serai reçu docteur... il ne faut guère que cinq années pour ça, en voilà trois que je travaille, et vu les progrès que j’ai faits, j’espère dans quatre ans et demi me trouver en état d’être reçu, et alors je me moquerai parfaitement de sa volonté... mais d’ici là, cher ange, je suis...

malvina.

, Vous êtes... vous êtes un cornichon !

TIBURCE

riatt-il?

malvina.

i Et puisqu’on veut nous séparer, puisque voi

Die

MAGASIN THÊATRÀL;

le voulez aussi, soit, je n'y résigne... le vais m'enfermer chez moi, et je n'en sortirai plus; je ne vous reverrai jamais'.... Adieu, monsieur, adieu*! [Elle remonte comme pour sortir, puis redescend prit de Tiburce dont elle prend le beat.) Donnez-moi votre bras jusqu’à ma porte, car je 11 e pourrais me soutenir jusque-là ; en passant, vous me payerez des huîtres chez Dagncaus, car je sens que le chagrin m'étouffe.

TIBURCE

Pauvre chatte, tu me déchirej le cœur !

lis vont pour sortir.

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