SCENE X
DUVIVIER. M»« DUVIVIER, OSCAR. PAULINE, ERNEST, SOSTHÊNE, MALVINA, TIBURCE.
OSCAR
Oui, Pauline que j'ai retrouvée, que je ramène, et de plue que je dote.
36 MAGASIN THEATRAL
TOCS.
Comment ?
T1BURCE.
Tu la dotes, toi... pannéi
oscar.
Je la dote, moi, panné... Monsieur et madame Duvivier, combien vous faut-il 7 quelle dot exigezvous de votre bru? 50, 60, 80, 100,000 francs... demandez, faites-vous servir, je suis prêt à Ici donner.
DUVIVIER
Que signifie...
Il®' DUVIVIER.
Est-ce une plaisanterie?
OSCAR
Du tout, c'est la vérité dans son costume le plus décolleté.
TOUS
Ëipliquez*vous.
OSCAR
Voilà! Quand je vis tout à l'heure Pauline s'échapper furtivement du bol , je compris que son dessein était de quitter ^aris ce soir même. Heureusement je n’avais pas oublié ce qu'elle m'avait dit hier; et bien sûr que je l'y trouverais, je courus a Notre-Dame des Champs.
TOUS
À Notre-Dame des Champs !
oscar.
J’arrive, il u'y avait plus dans l’église qu’un vieux prêtre qui officiait... et cette pauvre petite qui priait en pleurant; ça me fendait le cœur!... Bientôt ses sanglots devinrent si forts que je m’approchai pour la consoler, et en même temps que moi , le prêtre s'avançait vers elle. Mais tenez, Pauline, continuez... car l’émotion, la joie et la course que je viens de faire, ça m’étouffe... et je ne peux plus parler.
Le bon prêtre me relève, s'informe de la cause de mon désespoir... et moi je lui dis tout, mes espérances trompées, mon découragement cruel, mon dessein d’aller mourir au pays. Alors je vois ce digne ministre s’attendrir et pleurer... — Si jeune : si jeune encore et déjà malheureuse. — 11 me fait promettre de retarder jusqu’à demain mon départ... il me demande mon norn, ma demeure. Je les lui dis. A ce nom, il pâlit, il chancelle... Pauline Cantel, s'écrie-t-il?... la fille d'un soldat? — Oui. — Blessé sur la frontière d'Allemagne? — Oui , mon père. — En protégeant la fuite d’un
Ï iauvre ecclésiastique?— En effet.— Ah ! mon cnanl, séchez vos larmes... plus de désespoir, plus de douleur, plus de départ !... car Dieu, qui m’a donné la richesse, ne m’a pas fait ingrat, et je puis en assurant votre bonheur payer ma dette à votre père.
tous.
11 se pourrait !
OSCAR
Alors se tournant vers moi : Allez, monsieur, ajoute-t-il, allez trouver la famiUe de celui qu’elle
aime, et offrez en mon nom pour cette jeune fille la dot qui lui plaira de fixer, .60, 80, 100,000 fr. s il le faut.
Ai n de Madame Favart.
Choisissez donc, et le digne homme A votre choix applaudira...
Oui, fixez vous-même la somme
Et dès demain il vous la comptera.
Mais à votre place, et pour causes.
Puisqu’il s’agit d’établir ces enfants,
( Montrant Ernest cl Pauline.)
Je ferais grandement les choses...
Je prendrais les cent raille francs.
Oui, faites grandement les choses,
Et prenez les cent mille francs.
frl'VlVlER.
Ma foi ! arrangez ça vous-méme.
OSCAR
Tout de suite. ( Passant entre Pauline et Ernest, dont il joint les mains.) Mes chers enfants, je vous ai réunis, je vous unis, je vous bénis. . soyez gent.ls *.
ERNEST
Pauline! chère Pauline!
PAULINE
Ah ! ce moment efface tout ce que j'ai souffert.
S0ST1IÈNE.
Allons, il ne me reste au monde que mon cohéritier... je me consolerai dans les bras de Némorin.
TIBURCE
A la bonne heure ! Ernest l'épouse, il fait son devoir.
MALYLNA.
Et j’espère, monsieur Tiburce, que vous ferez le vôtre.
TIBURCE
Certainement... Je suis son exemple, je deviens raisonnable, et pour commencer je romps.
UALVINA,
Vous rompez ! mais vous approuviez leur mariage.
TIBURCE
C’était bien différent, eux... c’était un véritable amour.
ualvina.
Eh bien ! et nous, monsieur?
OSCAR
Vous ? c’était une amourette.
UALVINA.
Je n'étais qu'une amourette !