LE CATHOLICISME
« 11 s'en va, dites-vous, il s'en va d'heure en lieure, M Ce culte délaissé que le vulgaire pleure; « 11 s'en va tout chargé de risée et d'affront : c( Encore un peu de jours, et, malgré vos présages, « Le vieux géant, battu par le beher des âges, « Touchera la terre du front.
« Il tombe à chaque instant, c'est un fantôme, une ombre. » — Erreur !... oubliez-vous que des combats sans nombre Furent les premiers jeux de ce roi profané; Qu'il eut pour piédestal un amas de victimes, ¥a que le sang d'un Dieu, coulant à flots sublimes, Le fortifia nouveau-né?
Ignorez-vous qu'il peut, sous l'œil du divin maître. S'envelopper dans l'ombre ou du moins le paraître, Pour apprendre à nos cœurs à discerner le jour?... Avez-vous oublié sa lutte dans l'orage?
Avez- vous oublié que le cri de l'outrage Multipliait l'hymne d'amour?
Oh ! respectez celui que l'immensité nomme : L'arbuste devient arbre, et l'enfant se fait homme; Ainsi du Christ : — sa loi n'a rien de limité, Elle paraît languir, elle souffre... qu'importe Cette fièvre d'un jour d'où jaillira pins forte Sa glorieuse puberté ?
Attendez, et le Christ va se montrer encore. — Tel, quand rKjjyple voit, sous un ciel qui dévore, Hruler et dép6»rir ses campagnes sans eaux, Le Nil s'éveille enfin, le vieux Nil rompt sa chaîne, Accourt d'un bond, et jette au hasard sur la plaine La fécondité de ses flots!