LA BEAUTE
J'aime l'eau soua les fleurs, la rose sur sa li|;e, Le tremblement des bois, les biises de l'été; Mais il est pour uiou âme un bien plus doux presli|;e Et ce prestige est la beauté.
La beauté, fleur du ciel que Dieu créa lui-même Pour mêler ses parfums à nos longues douleurs : Oh! qui saura jamais te peindre comme on t'aime, Beauté, plaisir des yeux, beauté, charme des cœurs?
Qui décrira ses traits, sa voix molle et touchante?... Dans quel hymne d'amour croira-t-on retrouver Un de ces longs regards dont la langueur enchante, Un de ces mots qui font rêver?
Mais, comme au frais matin le lis et l'asphodèle Se voilent de rosée et n'en brillent que mieux, La Beauté trouve encore un attrait digne d'elle, C'est la grâce, elle-même est un reflet des cieux.
Et si nous croyons voir quelque chose de l'ange Dans l'éclat ravissant d'un beau front velouté. Cette empreinte d'en haut n'est que Theureux mélange De la grâce çt de la beauté.
AMOLH KT lOI. 2«9
Aussi quels doux trausporls! (jucl IticFlahlr lioniina|je! Tous les cœurs nkinis par un même lien Environnent d'amour r<''|jlouissante ima|>e. Attendent son sourire et ne eherehent plus l'ien.
Ah! si c'est le 'bonheiu% vous devez le connaître, O vous qu'on aime à voir, vous qu'on veul admirer iMais, non; — jeune^ adorée, et Ijien di|>ne de l'être. Vous êtes seule à l'ignorer.
Si je disais que, belle entre toutes les femmes. Vous remuez les cœurs même au bruit de vos pas, Kt que vos grands yeux noirs êtincellent de flammes Vous baisseriez la tête et ne me croiriez pas.
Et pourtant vous brillez de cette beauté pure Qu'on admire avec crainte et qu'on loue en tremblant Et jamais ici-bas plus douce chevelure Ne couronna de (Vont plus blanc.
Et si vous m'avez vu (je le dis à voix basse)
Essayer tout à l'heure, avec des mots bien doux,
De peindre la beauté qui s'unit à la grâce,
Je ne vous nommais pas, mais je songeais à vous.
ENTHAlNElMENT