‹ Amour et foiChapitre 44 sur 55 · PENDANT LA NUIT · texte numérisé non relu

PENDANT LA NUIT

Quand Jc^hovali déploie autour de nos demeures Le linceul de la nuit, quand la chaîne des heures

Tombe anneau par anneau.

Et qu'au bruit d'un vent sourd qui hurle à ma Fenêtre Je viens de méditer cette œuvre du j^rand maître. Le terrible Infkuno;

Quand mon cœur s'est brisé, quand l'œil de ma pensée

A suivi bien long-temps cette tourbe insensée

Qui renia son Dieu; Hélas! et que j'ai vu péle-méle, en désordre, Leurs têtes rebondir et leurs membres se tordre

Sur les dalles de feu:

Alors, oh! c'est alors que, prêt à quitter l'âtre Où meurent les clartés d'une lampe bleuâtre,

Je m'arrête un instant; Je m'arrête incertain , plus livide qu'une ombre ; Puis je vais pas à pas jusqu'à l'alcôve sombre

Où la terreur m'attend.

Là, vaincu de fati[)ue, épuisé par ma veille,

Je tombe, je m'endors. — Un rêve affreux m'éveille

Tout glacé de sueur.

Tout râlant; car je vois face à face, ô mon âme. Ramper, comme un chat-tigre avec ses yeux de flamme.

Le sombre Tentateur:

Et je tremble, un frisson de fièvre me dévore, Et je presse mon sein pour m'assurer encore

Qu'un crucifix est là; Et je ne peux dormir, tant l'efffoi m'environne, Qu'après t'avoir nommée, ô ma sainte patronne,

Maria ! Maria !

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