PENDANT LA NUIT
Quand Jc^hovali déploie autour de nos demeures Le linceul de la nuit, quand la chaîne des heures
Tombe anneau par anneau.
Et qu'au bruit d'un vent sourd qui hurle à ma Fenêtre Je viens de méditer cette œuvre du j^rand maître. Le terrible Infkuno;
Quand mon cœur s'est brisé, quand l'œil de ma pensée
A suivi bien long-temps cette tourbe insensée
Qui renia son Dieu; Hélas! et que j'ai vu péle-méle, en désordre, Leurs têtes rebondir et leurs membres se tordre
Sur les dalles de feu:
Alors, oh! c'est alors que, prêt à quitter l'âtre Où meurent les clartés d'une lampe bleuâtre,
Je m'arrête un instant; Je m'arrête incertain , plus livide qu'une ombre ; Puis je vais pas à pas jusqu'à l'alcôve sombre
Où la terreur m'attend.
Là, vaincu de fati[)ue, épuisé par ma veille,
Je tombe, je m'endors. — Un rêve affreux m'éveille
Tout glacé de sueur.
Tout râlant; car je vois face à face, ô mon âme. Ramper, comme un chat-tigre avec ses yeux de flamme.
Le sombre Tentateur:
Et je tremble, un frisson de fièvre me dévore, Et je presse mon sein pour m'assurer encore
Qu'un crucifix est là; Et je ne peux dormir, tant l'efffoi m'environne, Qu'après t'avoir nommée, ô ma sainte patronne,
Maria ! Maria !