‹ Amour et mariageChapitre 27 sur 34 · BMMifté d0 U ftnune · texte numérisé non relu

BMMifté d0 U ftnune

XXXn. — La femme est belle. J'ai regretté, je le confesse, de n'avoir pas pour la peindre le style d'un Lamartine : regret indiscret. Assez d'autres célébreront celle que l'univers adore, que l'enfance no peut regarder sans extase, la vieillesse sans soupirer. Après ce que 3'ai dit de ses misères, la seule chose qui me soit permise en parlant de ses allégresses, c'est la simplicité, surtout le calme.

Quand l'Eglise nous représente la Vierge dans son immortalité radieuse, entourée des anges, et foulant aux fûeds le serpent, elle fait le portrait de la femme telle que a pose la nature dans l'institution du mariage.

Elle est belle, dis-je, belle dans toutes ses puissances : or, la beauté devant être chez elle tout à la fois l'expression de la Justice et l'attrait qui nous y porte , elle sera meilleure que l'homme : Tètre faible et nu, que nous n'avons trouvé propre ni au travail du corps, ni aux spéculations du géme, ni aux fonctions sévères du gouvernement et de la

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J'udicatore, va devenir, par sa beunté, le moteur de tonte fustice, de toute science, de toute industrie, de toute vertu.

D'où vient d^abord, la beauté à la femme? Notons ceci : de la délicatesse même de sa constitution.

On peut dire que chez Thomme la beauté est passagère; elle n'a rien pour lui d'essentiel; elle n'est pas dans sa destinée ; il la traverse vite, pour arriver au plus tôt à la force. L'homme à seize ans n'est pas encore homme; la

J'eune fille au contraire, est déjà femme, et les années ne ui apporteront rien, si ce n'est peut-être de l'expérience.

La beauté est la vraie destination du sexe : c'est sa con* dition naturelle, son état. En principe, il n'y a pas de femme laide; toutes jouissent, plus ou moins, de cette beauté indicible que le peuple appelle ieauU du diable^ et il dépend de nous que les moins favorisées se rachètent toujours par quelque charme. Qui ne sent, d'ailleurs, que dans une société civilisée la beauté de chacune profite à toutes comme si elles n'étaient toutes, à des points de vue divers, que des représentantes de ce qu'il y a de plus divin parmi les hommes, la beauté? Ce sont nos misères sociales, nos iniquités et nos vices qui enlaidissent, qui meurtrissent la femme.

La nature pousse donc rapidement le sexe à la beauté; ce but atteint, elle l'y arrête. Tandis que l'homme passe outre, elle semble dire à la femme : Tu n'iras pas plus loin, car tu ne serais plus belle.

La vie de la femme, selon le vœu de la nature, est donc une jeunesse perpétuelle ; l'efflorescence, sitôt passée chez l'homme qui court à ^and pas à la virilité, dure chez la femme autant que la fécondité, souvent au delà. L'exemple de Diane de Poitiers, de Marie Stuart, de Ninon de Lendos, de M"** de Maintenon et de bien d'autres, en qui Tâ^e semble impuissant contrôla beauté, nous est un signe de la mission de la femme et un avertissement de notre devoir.

Les femmes veulent être toujours jeunes, toujours belles ; elles ont le sentiment de leur destinée. La laide, dans les conditions de la vie civilisée, n'existe pas plus que la sale : c'est un être hors nature, qui appelle compassion ou châti*' ment.

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La femme, transparento, Innineuse, est le seul être dans lequel l'homme s'admire ; elle lui sert de miroir, comme lui servent à elle-même Ve.i du rocher, la rosée, le cristal, le diamant, la perle ; comme la lumière, la neige, les fleurs, le Roleil, la lune et les étoiles.

On ht compare à tout ce qui est jeune, heau, gracieux, luisant, fin, délicat, doux, timide et pur : à la gazelle, à la colombe, au lis, à la rose, au jeune palmier, à la vigne^ au lait, à la neige, à Talbâtre. Tout parait plus beau par sa présence ; sans elle toute beauté s évanouit : la nature est triste, les pieires précieuses sans éclat, tous nos arts, enfants de Tamour et de la beauté, insipides, la moitié de notre travail sans valeur.

En deux mots, ce que Thomme a reçu de la nature en puissance, la femme Ta obtenu eu beauté. Mais prenez-j garde, la puissance et la beauté sont des qualités incommensurables entre elles : établir entre elles une comparaison, en faire la matière d'un échange, payer des produits de la force la possession de la beauté, c'est avilir cette dernière, c^est rejeter la femme dans la servitude et Thomme dans l'iniquité. Le beau et l'utile se touchent par d'intimes rapport, sans doute ; mais ce sont deux catégories à part, qui ne sauraient donner lieu, dans la société, à une similitude de droits, et quant à ce qui concerne l'homme et la femme, à une égalité de prérogatives.

Constatons seulement que si, sous le rappoit de la vigueur, l'homme est à la femme comme 3 est à 2, la femme, sous le rapport de la beauté, est aussi à l'homme comme 3 est à 2 ; que cet avantage ne lui est pas donné sans doute pour la laisser dans l'abjection, et qu'en attendant la loi qui doit régler les rapports des époux, la beauté de la femme est le premier de ses droits commç elle est la première de ses pensées.

Que la jeune tille soit modeste autant que belle, je le veux, la modestie ajoutera à sa beauté; mais il n'est pas bon qu'elle s'ignore. Aussi je blâme les pédagogues qui, à l'exemple de madame Neeker de Saussure, combattent et

éprouvent au au «ojclftî dç Jft ftçrt^ <juç lui 4w«? §9« courage. I^^ bç^utç 4^

AMOTTB fiT M^mACS ^

jusqu'

grâce de ses compagnes que la nature inclémente a moins favorisées. Comment répondrait-elle dignement i sa fin, si elle ne se connaît pas?

XXXni. — Si du corps nous passons à Tesprit et à la conscience, la femme, par la beauté, va se révéler avec do nouveaux avantages.

De la faiblesse relative de son entendement résulte citez elle une grâce juvénile, analogue à celle des enfants, dont nous ne pouvons nous empêcher d^orer les jolis mots et les idées pleines de gentillesse. Une minaudière de trente ans déplaît à coup sûr; la pédante choque encore plus, parce ^u^elle est infidèle à ^a nature, et qu'en affectant une gravite d'emprunt elle ment. Que la femme soit aussi raisonnable que le comporte sa nature, aussi sérieuse que Texige la dignité matronale, elle sera toujours assez femme ; mais qu'elle n'aspire point à l'originalité et au génie, {tarce qu'elle paraîtra impertinente et sotte : dans cette juste mesure elle sera tout aimable, et, pour l'homme, d'un pré* deux conseil. ''

La qualité de Tesprit féminin a pour effet ! P de servir au génie de l'homme de contre-épreuve, en reflétant ses pensées sous un angle qui les lui fait paraître plus belles si elles sont justes, plus absurdes si elles sont fausses ; 2^ en conséquence, de nous obligera simplifier notre savoir, à le condenser en des propositions simples, faciles à saisir comme desimpies faits, et dont la compréhension intuitive, aphoristique, imagée, tout en mettant la femme en partage de la philosophie et des spéculations de l'homme, lui en rend à lui-même la mémoire plus nette, la digestion plus légère. Comme le visage de la femme est le miroir où l'homme puise le respect de son propre corps, de même rintelligence de la femme est aussi le miroir où il contemple son génie. Il n'est pas vm homme, parmi les plus savants, les plus inventifs, les plus profonds, qui n'éprouve de ses communications avec les femmes une sorte de rafraîchissement : c'est par là, du reste, que s'accomplit la

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Les Tnlgarisateurs sont en général des esprits

mais lliomme n^aime point à servir à la gloire de rhommOi

et la nature prévoyante a chargé la femme de ce rôle.

Ainsi rimpression produite par la beauté de la femme s^aocroît de celle que produit le tour de son esprit; parce

que la litanie chrétienne appelle Sœgb db BàPWCE, Sedes tafientta.

Or, remarquez encore que cet avantage de la femme ne peut pas être porté en balance du génie de Thomme, faire la base d'une mutualité de services, devenir la matière et la cause d'un droit positif, en un mot créer à la femme nn titre à l'égalité. Qui peut le élus peut le mains^ dirait l'homme ; et pas plus pour l'intelligence que i>our le travail, la force ne consentirait à une participation avec la faiblesse. La sagesse de la femme, non plus que sa beautéi n'est chose conmiutative ou vénale : qu'elle s'avise de réclamer, en raison de sa figure et des grâces de son esprit, Tisonomie, elle perd à rinstant son prestige; dès lors qu'elle prétend à la rémunération virile, on exigera d'eUe la production virile ; et comme elle ne peut la fournir^ elle restera au dessous d'elle-même : dedéesseoufée qu'elle doit être, la voilà redevenue esclave.

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