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LES VIVANTS

^ rEXPOSiriCK. "MATIONALE

E public aime les sujets de tableaux, les vaudevilles et les drames ; nous aimons les peintres. Le public aime le portrait des femmes connues, surtout celleslà qui reçoivent à bras ouverts et puis fermés.. ; les portraits d'acteurs, ces jeunes messieurs qui ont une assez jolie voix et une fort jolie barbe; les petits chats de M. EugèneLambert, cet ingénieux artiste qui apprit à peindre les chats chez Eugène Delacroix, le peintre des

lions et des tigres, Delacroix, ce vivant glorieux ! Le public aime les tableaux étonnamment petits et loue ainsi le plus fort de ces malins artistes : « Il copierait la bataille d'Arbelles sur un bouton d'habit. » Je me rends compte du mécanisme savant de ces petits bonhommes ; laissant à messieurs les critiques d'art à les juger, je dis : Ils ne sont pas agréables à mon œil. Le public admire fort aussi les toiles immenses, celles que le bourgeois émerveillé mesure avec sa canne ; devant un tableau représentant des fruits mûrs, il dit finement : On en mangerait ! Les hommes politiques trouvent un accueil froid. Une jeune femme belge a laissé s'échapper, devant un portrait de sénateur par M. Alexandre Bertin, cette phrase au goût de terroir très particulier : « Je ne commencerai rien avec lui. » Le public recherche les nudités détaillées, la peau duveteuse. Écoutez ces gens qui passent : — «Eh! vois donc?... — Hein! crois-tu !... » Ils s'éloignent à regret, charmés, et, en s'éloignant, plusieurs fois ils se retournent...

Un amateur d'art, le comte d'Osmoy, m'a fait un reproche : « Vous n'aimez que les pein-

très de morceau. » Et cependant je suis d'avis qu'il ne faut pas peindre de même, d'aussi près, une amphore et une cruche.

Il est quelques-uns de nos artistes qui ont la réputation d'être coloristes et cela, en raison de deux ou trois remarques de moyenne rareté. Science égale à celle des j eunes femmes coquettes : Elles savent qu'un ruban bleu est à la place favorable dans une chevelure blonde et, qu'aux cheveux bruns, sied bien un ruban couleur de pourpre.

Même art !

Quelques autres de nos artistes sont des gens à secrets et leur renommée s^'accommode bien du mystère. Il y a, paraît-il, des secrets de facture et des secrets de palette. Aux dominos, un jour, j'avais gagné quatre parties et, en raison de ce succès flatteur, on me prêtait une méthode savante. Pressé de la révéler, je me défendais avec vivacité. Enfin^ je me penche à l'oreille de celui qui m'interrogeait avidement et dis : « Je passe les gros. ))

Le secret de ces peintres vaut le mien ; qu'ils le gardent.

Un amateur d'art anglais, M. le baron de Wolfer, m'assure que le plus grand connaisseur du monde est le directeur du Magasin of arts ; c'est d'un bon Anglais de le croire. Et que dit de nos peintres, de l'art français, le plus grand connaisseur du monde ? Il dit : « Ingres est le Wellington de la ligne^ et Delacroix le Napoléon de la couleur. » Enfin : « Delacroix est le Berlioz de la peinture. »

Ces comparaisons superbes du plus grand connaisseur du monde sont faites pour étonner, éblouir un petit amateur d'art français.

Malgré l'appui du bon Anglais, la guerre continue contre Delacroix. Beaucoup de peintres d'école affirment et quelques-uns d'entre eux croient que la figure, la belle figure du 'damné de la Marque est de Géricault. Interrogé à ce sujet, je réponds : « Géricault était tout à fait capable de peindre ce bon morceau. » Et je n'ajoute rien pour ce motif que je juge sérieux : Je n'en sais pas davantage. Les mêmes personnes disent : « La composition du Naufrage de la Méduse est au Poussin. » Les romantiques demandent en revanche si le Poussin n'a point

trouvé ses bergers d'Arcadie là où M. Ingres a découvert Œdipe.

Ingres est mort, Delacroix est mort ; ce sont deux grands artistes français, ils sont aujourd'hui réconciliés...

Les personnes paisibles que Delacroix irrite sont celles-là même qui auraient méchamment voulu faire condamner Richard Wagner pour tapage nocturne.

Un peintre de mes amis, prix de Rome de peinture, a fait cette déclaration : « Le romantisme et le réaHsme ont faiUi nous faire perdre notre suprématie en art. » Il a dit cela dans notre Louvre^ en face du Massacre de Scio ! tout près de Y Enterrement à Ornans !

Il ajoutait : Ce sont les littérateurs qui ont fait la réputation d'Eugène Delacroix.

J'ai répondu : Que grâces leur soient rendues !

Un autre peintre avançait ceci : « François Millet a fait trois bons tableaux. »

Trois ou quatre, voulez-vous bien ?

Je n'ai vu qu'une fois Eugène Delacroix. Il était membre du Conseil municipal et visitait

les écoles de dessin. Quand est entré ce monsieur fort laid, à Tair désagréable, aucun ne devina l'honneur qui nous était fait ; l'air désagréable, oui ! C'est qu'alors Delacroix n'était pas assourdi par ce qu'il appelait « le bruit adorable de la louange. » Nous avions dans l'esprit le portrait de Rubens, le portrait de Van Dyck, les belles moustaches, la plume, le galant habit et ce monsieur, tout blême, avait une grosse cravate de laine, une cravate grise à carreaux noirs. Mais dès que l'on eut dit : « C'est Delacroix ! » on fut tôt échauffé. Je m'en souviens très bien, le Discobole était sur la selle. Le maître allait de l'un à l'autre élève répétant : « Oui, étudiez l'antique. » Il passa devant moi, sans s'arrêter. Ma figure n'était pas mauvaise cependant !

A l'Exposition nationale cherchons les vivants ! J'ai recueiUi ce jugement sur les lèvres d'un notable peintre : (c Ah! ne me parlez pas d^Henner. » Le souvenir des femmes d'Henner me hantera longtemps encore après le temps où je connaîtrai seulement la douceur du rêve... Mais rien ne presse.

La première fois que j'ai vu un tableau de

M. Bastien-Lepage, j'ai dit : Le peintre est un petit blond — et c'était vrai. Ribot est blond aussi et je ne Tavais pas deviné... On aime M. Bastien-Lepage à Paris ; à Londres on l'adore ! M. Bastien-Lepage et les artistes anglais : même art et même poil.

Pour un vivant, cent ans de vie c'est une heure. Les autres, depuis les petits débitants jusqu'aux gens de gros négoce, font du commerce et, surpris en pleine production marchande, ils s'excusent avec le trouble mal dissimulé d'une fille forcée qui sait bien s'être mal défendue. Une fille entretenue est une fille.

La timidité et les brutalités : panade sans sel et panade poivrée. En littérature et en art, il y a des gens dont toute l'audace est de mettre les pieds dans le plat ; cela ne bonifie pas la sauce...

Où sont les vivants ? Nous revoyons les tableaux qui, au Salon annuel, nous avaient fait écrire : « Peut-être », et nous écrivons : « Décidément non )). Nous disons : — Comme il est plombeux ! — Comme il a jauni ! — Comme il est boueux !

Le trait incisif d'un portrait du graveur Gail-

lard nous arrête. Une tête de Fantin-Latour, une scène de Jozef-Israëls donnent leur note voilée, contenue, et Puvis de Chavannes met dans ce palais de verre une tache harmonieuse. Près de ces peintres mélancoliques et doux, Hébert, le désolé ; Guillaumet, un voyageur qui n'est pas menteur, un peintre triste aussi. Ce n'est pas l'Orient ardent ; en cet enfer, il y a des flammes de purgatoire^ M. Guillaumet est chaste : point de femmes nues dans cet Orient.

Devant une très grande toile, très voyante et très bruyante, la gloriole du dernier Salon annuel, un peintre a simplement^ justement dit : « C'est tout petit. »

Quel silence aujourd'hui après si grand fracas !

La guerre continue entre les hommes de l'École des Beaux-Arts et les peintres formés hors de l'Ecole. Les uns disent Godichius, les autres Torchonnet.

Godichius : — « Ils parlent dans les cafés de choses qu'ils ignorent. Ils dédaignent le modelé, la perspective linéaire, la perspective aérienne. L'Institut vaut bien le café BéHn. Ils s'arrêtent la où les difficultés commencent. Ce n'est pas

même nouveau : De tout temps on a fait de la mauvaise peinture. Ils ne savent rien. »

ToRCHONNET : — « Celui qui passerait sa canne dans une de leurs toiles se ferait une affaire avec moi. C'est si gai ! Ils se font des toupets avec quatre cheveux mis en tresse et sont toujours rasés de frais. Si nous gardons une barbe de trois jours, nous les rasons de près. Ces poules couvent des œufs durs. Il y a « hautes études » et hautes études. Il y a M. Cabanel et Courbet. Il y a Signol et Théodore Rousseau, Henry Lehmann et le père Corot. Je donnerais tout Picot pour une esquisse de Tassaërt. Vous êtes des douaniers, des gardiens de scellés^ des professeurs de langues mortes, mais des peintres ! croyez-le et buvez de Thypocrême ! ... »

Je dis qu'ils ont tort tout les deux et se ressemblent.

Je reviens toujours à Delacroix, c'est là l'exemple et la leçon. Parmi les damnés de la Barque^ je reconnais quelques-uns des pauvres peintres de son temps. Ils mordent la barque de leur mâchoire désarmée... Et cet Apollon sur son char de lumière ! je sais où vont ses flèches. Le

Massacre de Scio est un autre épisode du combat livré. Quelle tuerie ! Les Noces juives et les Femmes d'Alger^ c'est Tinstant de repos entre deux passes d'armes; j'aime à voir un mâle baiser une fille à pincettes.

Cherchons les vivants à l'Exposition nationale. Qui évoque Racine rappelle M. Népomucène- Lemercier. Je leur dis : — « Vous ne resterez pas dans nos grands musées. » Ils répondent : — « Les bibliothèques vous seront fermées. » Et ainsi, eux et moi, nous rendons hommage à la vérité...

Tous méritent le succès que quelques-uns obtiennent ; celui qui n'a pas de succès, c'est injuste : il n'en était pas moins indigne qu'un autre. Ils n'ont pas compris qu'en entrant c'est à la mort qu'ils marchaient. Qui les obligeait à passer le cou dans la lunette ! Il fallait trouver un prétexte, dire : « La fenêtre est trop haute », ou : « Je suis chatouilleux », mieux, franchement, crânement : « J ai peur ».

Ils ont dit oui.

Et l'on entend un bruit sec : une tête de plus au panier.

On m peut revoir que des tableaux de maîtres.

Au Salon annuel^ c'était ingénieux, soigné, propret, convenable et, pour un jour, c'était suffisant. En passant, c'était bon, comme on dîne bien dans un buffet de chemin de fer.

Le marchand est terrifié, c'est l'artiste que l'on vise et c'est le marchand qu'on frappe.

A l'Exposition nationale, on assiste au lamentable défilé des ridés, des ridaillés, des flétris, des méchants artistes qui sont de maladroits ouvriers. Toutes ces toiles, d'une année à l'autre année, vont se fendillant, se décortiquant. Et, depuis l'ouverture de cette Exposition nationale, les superbes et les triomphants connaissent la vérité. Rien ne restera d'eux ; ces peintres d'une haute suffisance quitteront le Luxembourg, pii ils sont de passage, sans entrer dans le Louvre où l'on demeure. Pour les recevoir, les vivants, les vrais maîtres n'entr ouvriront pas leurs rangs et ces chevaliers de petite noblesse iront rejoindre, je ne sais où ils sont^ les Jacquand, les Gudin et les Biard...

Ces malheureux hommes disent du tableau voisin : « II ne se tient pas. » Mais leur joie est

atteinte par une amère pensée. Eux des vivants ! Ils ont dix ans à vivre. Je leur concède vingt ans d un cœur généreux et compatissant que n'endurciront jamais les émotions de la lutte.

Des milliers de tableaux à des milliers de tableaux s'ajouteront, iront s'éparpillant de Paris à la province, de la grande à la petite province, toujours descendant pour séjourner enfin dans la solitude, dans l'ombre épaisse^ dans le silence; jusqu'au jour où le modeste conservateur d'un musée désert, personnage sans vénération et maladroit, crèvera cet œil, fendra ce front et, ce qui rend mon cœur pitoyable^ relégurera ces toiles dans le grenier, ce champ du repos.

Les hommes forts^ les glorieux sont frappés; les simples et les sincères ne sont pas atteints. Au milieux des sépulcres, on entend parfois le chant clair et frais d'un oiseau.

(19 octobre 1883.)

E suis en art assez indifférent aux choses récentes.

De Ribot a J. D. :

^Mot de graveur : R. — Mon aiguille est à vous. J. D. — J'aime votre façon de coudre.

Artiste, je voudrais peindre un homme ayant conscience d'injustes défaites.

J'entends dire : « Le mouvement de cette figure m'a été pris. » J'entends aussi : « Le premier, j'ai noté. . . Ce thème m'est emprunté. » On me signale des pillards... Je leur dis : « Continuez. »

Pudiques ou frileuses ?

Je voudrais être jovial.

J'aime à lire à haute voix pour quelqu'un qui ne sait pas lire ; je m'applique.

Moi CHÉTiF^ titre.

Dans ma rue :

J'ai vu passer une mère soutenant un grand

lOI

enfant malade; elle portait le deuil avant la mort.

Un peintre :

Je voudrais voir autre chose d'Henner, des amours, des satyres poilus.

Une femme^ à un vieil amant joueur :

Figure-toi que l'enjeu est fort et... et que tu joues pour un.

André Lemoyne : — « Je donnerais tout Michel-Ange pour la Joconde. » C'est grave.

Boudin a dit quelque chose; mais Lépine fait chaque jour des observations nouvelles. Lépine demeure en haut de la butte Montmartre ; c'est loin pour l'amateur... Il ne paie l'atelier que 400 francs. « Je ne pourrais pas y mettre davantage, » dit Lépine.

On l'assure : « Les Yongkind nuisent aux Lépine. » Comparons... Ce n'est pas la même chose.

Les bouches-fleuries :

Un écrivain baisse la voix et me dit : « Je montre dans mon prochain livre de jeunes hommes d'agréables figures vivant dans l'intimité de femmes en pleine maturité, lesquelles manifestent aussi leur tendresse par des cadeaux périodiques ou éventuels. Non, comme vous le croyez dans le monde des gens de misère, mais dans le monde riche. Je montre des femmes témoignant de tendres préférences dont nous n'avons pas à bénéficier — nous — et cela, non aux époques reculées, de notre temps. »

Il a le regard d'un homme détenteur discret de quelque objet précieux.

Un écrivain : « Un journal va pubHer ma biographie... Il y a à dire. ))

J'adhère.

Un écrivain en souriant : « Vous verrez mon

portrait au Salon, » et me parlant il tient la pose. Son œil aux rares éclairs est à peindre.

Avec un sourire^ un critique d'art : « Les deux, plus grands pincellistes Courbet et Vollon. »;

Pâlissant, il ferme les yeux, troublé par le bruit harmonieux de sa voix.

Les gens illettrés ne sont pas comiques. Une bêtise d'un joli tour et d'une langue passable m'égaie — chez un autre... La bêtise des gens qui construisent la phrase assez convenablement, je la recherche. Avoir un nez d'un beau dessin, le savoir, triompher de l'épaisseur d'une longue barbe... Il me dit : « Les garçons de café me parlent avec déférence. J'appelle l'attention des femmes. Au théâtre, l'occupant m'offre une bonne place. Je n'en saurais dire la raison. Je rapporte ces faits sans me les expliquer absolument. »

Et il affaiblit le son de la voix dans une recherche de la distinction.

Ce sourire !

Sérieux, j'écoute. Je ris plus tard.

Ce que les peintres disent des autres peintres ? Avez-vous entendu les cochers de la queue et les cochers de la tête de ligne ? Même ton. Un peu plus, je dirais : même langue : « Une horreur! Le sale métier de peintre ! Quel navet! Est-ce assez dégoûtant ! »

Le demi-sourire des femmes sollicitées et consentantes à demi.

Exprimer quelque chose de nouveau dans une langue battant neuve.

Hypothèse :

Flaubert des Concourt : Cette prose a la rime riche.

J'ai vu beaucoup de petits peintres glorieux

passer en se courbant sous de haute portes. C'est très amusant.

Dans un « Salon », le critique d'art ne doit pas admettre les intrus.

Les vieux peintres célèbres au Salon : « Mon reste, mon dernier reste. »

J'aime le livre fait pour les gens dédaigneux des décors et des figurants. Ainsi que j'aime un livre, j'aime un tableau.

Une dame louant un Cabanel :

— C'est beau comme un Prud'hon.

M. Cabanel :

— Mais, mieux dessiné. ' i -

io6 AMOUREUX D'ART

M. Benjamin Constant a une palette.

Jean Desbrosses : « Souvent Chintreuil me disait : Que tu fais mauvais ! »

Desbrosses avait fait un portrait de Chintreuil, vers la fin : Cela ressemble, dit Chintreuil, cela ressemble trop. »

C'est M. Florent Willems qui a réparé le Saint-Jean-^aptiste de Raphaël. Il noircit.

Dans ma rue :

Sur une petite boutique, un écriteau : Berceau à vendre.

Un peintre :

Je donnerais dix Rousseau pour un Michel.

Une femme nous dit : « Nommez ce peintre, nommez-le seulement et glissez. » On ne voudrait pas, mais comment dire <( Non » — et l'on glisse...

Un peintre ^ :

— Ribot, c'est un farceur ; c'est un truqueur qui a imité tout le monde.

Façons d'exprimer :

Humbert, le louable effort d'un esprit indécis.

Un peintre :

Fantin-Latour a fait des tableaux bien peints : V Hommage à Delacroix,..

Le peintre L... montrant un de ses tableaux : I . Fils de peintre connu.

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L'ami : — Un vrai Rubens !

Le PEINTRE L... : — Rubens est plus mou. J'apporterai un bout d'étude au Louvre et je l'approcherai d'un Rubens. Cela démolira tout. J'hésite à le faire. Ce n'est pas bien. La puissance de Rembrandt, la grâce de Van Dyck et le vague de Velasquez, voilà mon dernier tableau, et c'est mon dernier mauvais tableau.

Façons d'exprimer :

Une femme : Il n^a pas les mains galantes.

Le peintre Louis Mettling : — Je venais de regarder longuement les Syndics de Rembrandt, je me retourne : les gens qui passaient me semblaient blafards, violets — mal peints.

J'étais à table à côté d'un jeune peintre élève de l'École des Beaux- Arts de Paris. Il mêlait à

son vin de Tenu de Saint-Galmier. Il parlait. J'arrosai de ma sueur les mets qu'on nous servait.

Dans ma rue :

La petite marchande de fleurs, — J'ai vendu pas mal de bouquets le jour de la Saint Exupère.

Un peintre* : — Ribot, nous avons déjà vu ça — on a toujours vu ça — on verra toujours ça.

Femmes :

Pudiques ? Frileuses ?

Puvis de Chavannes : — Ce que VoUon est peintre !

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