EXPOSITION DES ŒUVRES DE T. RIBOT
'artiste au parler rude a réuni cinquante tableaux et trente dessins; ce sont là les diverses pièces d'une même armure.
Il a une écriture à lui. Je rappelle : les Cuisiniers plumeurs^ le Compte du Cuisinier, h Jeune fille aux longs cheveux blonds, le Prisonnier, le Portrait de M. Charly ; les vieux et les vieilles à la peau épaisse : la Mère Morieu, le Pêchevir de Trouville, les Lunettes, la Comptabilité, des tableaux de nature morte : le Supplice d'Alon^o
CanOy une toile qui justifie l'opinion d'Eugène Delacroix sur M. Robert Fleury, le peintre des Scènes de Vlnquisition. Delacroix disait un jour à Henri de Beaulieu : « Il était né pour être notaire ou avoué, vois à quoi l'on arrive par le travail. » Ribot était né pour être peintre.
J'ai visité cette galerie en compagnie d'un amateur d'art de la race des gens prudents et mesurés. « Un Ribot me met en sueur, » m'avait-il dit. Nous avions examiné longuement en silence : « Ah ! le bougre ! » dit-il.
Dans cette exclamation, le souvenir des vives répugnances, des résistances passées ; le rappel du temps où il disait : « C'est fort, mais je n'aime pas ça. » Et, dans ce mouvement de retour, le sentiment avoué et longtemps combattu d'un homme qui, après avoir lu avec agrément nombre de pages des écrivains futés, est enfin remué par la belle carrure d'une phrase pleine et forte.
Moi, je songeais aux peintres de moins de fierté que d'orgueil dont « l'originafité » est de « chercher Ribot » ; au journaliste qui a écrit ^ :