‹ Amours des salamandres aquatiquesChapitre 3 sur 6 · PONT · texte numérisé non relu

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ainsi que de celle dont j'ai omis le dessin et dont j'ai déjà parlé dans mon discours préliminaire, sont munies de cellules. Le D: Pockels me marque dans sa lettre que ces cellules sont bien évidentes, et qu’il seroit absurde de les attribuer au froncement que lesprit-de-vin produit quelquefois dans les parties molles. Il est donc bien étonnant que ni M. Schreibers, ni M. Cuvier, n’aient vu de cellules dans les individus qu’ils ont anatomisés. Les sirènes observées par ces illustres naturalistes appartiendroient-elles à des espèces différentes de celles qui existent dans le muséum Huntérien ? Cela est possible. Ce qu'il y a de bien certain, c’est que l’organisation intérieure de ce tétard demande encore des obser-

vations.

Fre. VIRE

Patte de derrière d’une sirène lacertine, de sa grandeur naturelle. L’individu auquel cette patte rudimentaire appartient, se trouve, comme je l'ai dit ailleurs, dans le muséum Britannique sous le n.° 2300; il avoit-déjà atteint une grande taille, lorsque ces deux membres commençoient à Iui pousser; voici l’article de la uote du D. Pockels qui se rapporte à ce dessin.—«{ch muss fhnen eine Entdeckung mittheilen, die ich am Tage meiner Abreise im Hunterischen Museo in London machte,näimlich eine grosse Sirena Lacertina mit Rudimenten von Hinterfüssen etwa von dieser Grôsse und Form. »—Il est bon d'observer ici que ces pieds rudimentaires ressemblent parfaitement, sauf les dimensions, à ceux que présentent les tétards de nos salamandres, environ un mois

après qu'ils sont éclos. M. Cuvier nous dit «qu’iln'v a pas le moin- ( il I af

dre vestige de bassin ni de pieds de derrière dans la sirène; il n°y en a non plus aucun germe, tandis que les tétards des grenouilles en montrent à tout âge; ainsi bien certainement elle ne doit point prendre de pieds de derrière. » En admettant donc que la Sirène anatomisée par M. Cuvier ne présentät aucune trace de bassin, nous sommes en droit de conclure que, dans cette grande larve, le bassin ainsi que les pattes de derrière ne poussent que très-tard. Cela paroitra bien extraordinaire : mais comment ne pas se rendre à l’évidence des faits? Dira-t-on que cet individu, qui présente les rudiments des pattes de derrière, doit être rapporté aux salamandres, malgré que sa taille, sa conformation extérieure, le lieu de sa demeure, tout enfin nous porte à croire que c’est une sirène qui va passer à son état adulte ? avoue que si l’on s’avisoit de recourir à un pareil subterfuge, je ne saurois que répondre. Ceux qui auront l’occasion favorable d'examiner le squelette de la sirène à quatre pattes, et de le comparer avec le squelette de celle qui n’en a que deux, ceux-là seuls pourront désarmer l’obstination, et la contraindre à reconnoitre la vérité. En attendant, j'ose croire que tant que cette comparaison ne sera pas faite, les naturalistes, voyant que mon opinion est beaucoup plus fondée que cellede M. Cuvier, regarderont la sirène lacertine comme un tétard qui respire seulement avec ses branchies.

Ce Mémoire devoit paroître accompagné d’un autre pareil, orné de plusieurs planches, sur les amours de la grenouille verte, sur le développement et la métamorphose de son

tétard ; mais des circonstances particulières ont obligé l’auteur à donner d’abord celui-ci et à retarder la publication de l’autre de deux ou trois mois.

Fin.

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