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Plants de Tressau^% bon pour le vin, médiocre à manger

14. Plants dits Grappenouj? ; c'est une espèce peu différente des Béclans n* 5, elle a les mêmes qualités.

15. Plants dits Farineux parce qu'en mûrissant le raisin se couvre de plusieurs tiquetures blanchâtres; on croit que c'est celui que les anciens appelaient Meunier^; assez mauvais raisin, mais cependant moins mauvais que le Maldowc n" 14; il n'en devrait pas moins être proscrit

Je suis avec un profond respect. Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. •

Saullier.

État des différents plants de raisin qui ont été pris dans le Vignoble d'ARBOis.

Noirin, raisin noir, le meilleur de tous pour le vin. Plusard ou Ploussard, raisin noir, très excellent.

1. Après avoir confondu au n" 1 le Chasselas Cioutat et le Poulsard, M. Saullier assimile Y Enfariné au Pinot meunier'

Tresseau, dit vulgairement le Ti'ousseau, fait le vin excellent.

Valet noir, assez bon plant.

Baclan, dit vulgairement Beiclan^ le raisin noir, assez bon ix)urle vin, il lui donne du corps et le fait conserver.

MarqilUn, dit vulgairement Marrjelin^ raisin noir fait du vin passable.

Gamey ou Goumey, raisin noir, donne de la couleur au vin, mais il ne feroit que du vin très-médiocre et plus, s'il étoit seul.

Fouras:, raisin noir, mauvais plant.

L'Enfariné, raisin noir, fort mauvais plant.

Plant Motuloux ou Maldowr, raisin noir qui ne fait que de trèsmauvais vin.

Moisi ou Mësi^ raisin noir, c'est aussi un fort mauvais plant.

Lombardier, plant pour treilles.

Linian ou Limian^ raisin rare.

Chasselard, raisin très-rare à Arbois.

Valet blanc^ plant qui est aussi fort rare à Arbois.

Muscat blanc; il y en a très peu et on n'en cultive que quelques pieds par curiosité.

Saucanon blanc, et Saucaçinin, celui-ci dit vulgairement, le Nature blanc ; le meilleur de tous ; c'est avec ce plant que se fait le bon vin blanc de garde d'Arbois.

Melon, raisin blanc, fait du vin assez passable quand il est mélangé, mais seul, le vin file.

Observations. Plusard ou Plousaard demande d'être emplanté dans une terre forte et grasse.

Le Noirin, le Tresseau, le Baelan, le Margillin, le Valet noir, le Moisi, le Gamey, viennent assez bien dans toutes espèces de terre, mais particulièrement dans les terres un peu fortes.

Le Fouras noir, le Plant Modouœ, YEnfariné, qui sont les plus mauvais plants, et qu'il faudrait i>roscrire, ne viennent bien ((ue dans des bas et dans des terres très-propres à produire du froment.

Le Saucaf/nin, dit vulgairement le Nature blanc, est le meilleur de tous les plants; c'est avec le raisin de ce plant que se font tous les bons vins blancs de garde d'Arbois ; il vient parfaitement dans les terres fortes, mais le vin est moins délicat que lorsqu'il est dans des terrains maigres et d'argile où il est moins abondant.

Melon, Valet blanc, Muscat blanc, se trouvent très bien daiïs des terres rousses un peu fortes ; les deux derniers sont beaucoup moins communs que le premier.

Chasselard, ce plant est fort rare.

Le Linian, le Lombardier ; le premier est peu commun j et on n'emploie le dernier que pour édifier des treilles.

Mémoire adressé à Tlntendant par le sieur Champy, d'Arhovs,

Monseigneur,

J'ay l'honneur de vous renvoyer les états de population, tels qu'ils m'ont été demandés de votre part.

Cette occasion me procure celle de prendre la liberté de vous faire part des connoissances que j'ay acquises dans la plantation, et dans la culture des vignes par un attachement à cette partie, liberté que je vous supplie de me pardonner, s'il vous plait, et que j'ay prise à la lecture de la copie de la lettre que vous avez écrite sur la demande que fait le gouvernement des différents plans dont l'on use dans les vignobles de cette province.

Je vous diray. Monseigneur, qu'il n'y a point de meilleurs plans pour faire du bon vin que ceux ci-après :

Le Puisard noir et blanc; le Tresseau; le gros et petit Noirin, môme le gris de la seconde espèce; le Pinot; YArt/an du Gros Margillien : le Baclan; le Grapenouœ; le Saucafjnien; le Valet noir et blanc; le Melon; le Game.

J'introduis le Game à cause de sa nécessité dans les coteaux et terreins où d'autres plants ne peuvent pas profiter. .

Et si cette espèce, avec le Melon fut rejeté des )>ons plants par l'arrêt du Parlement du mois de février 1731, ce ne fut que par une mauvaise indication, et cet arrêt ne fut ainsy rendu, avec d'autres subséquens, que par rapport à la trop grande abondance des récoltes depuis 1726 jusqu'à l'époque du premier; les caves regorgeaient de vins, et le prix de 11 à 12 francs le muid, le plus cher.

Du nombre des bons plants, il y a encore le Chasselard^ le Muscat noir et blanc, mais on n'en plante que fort peu, parce qu'ils sont trop sujets aux rapines.

Les mauvais plans sont Y Enfariné, qui a été beaucoup multil^lié ; le Plant Maldou ; le Petit Moisy ; et le Foirard noir et blanc.

Ce sont ces mauvais plans que l'avidité du paisan a introduits, Surtout les trois derniers, depuis la modicité des récoltes, et ce sont leurs fruits qui gâtent entièrement la qualité du vin.

J'ay vu, Monseigneur, les crossettes qui doivent partir de cette ville, moy-même j'en ay augmenté le nombre des espèces parmy les bonnes; il auroit été avantageux que leurs plantations eussent été faites dans des fosses préparées dès le mois de décembre dernier, parce que la terre qui en aurait été tirée, et des côtés de ces fosses, aurait été fusée par la douceur du temps et le dégel;

c'est avec cette terre que l'on couvre les provins et qu'ils profitent beaucoup.

Je ne connais point, autour de Paris, de coteaux qui me paroissent plus convenal)les, surtout pour l'exposition, que ceux du Calvaire ou de S' Oujn, pourvu que la terre y soit meilleure que dans le climat de la Courtille ; nos plants ne pourroient pas réussir dans ces sables l)riilants, une terre de jardin précipiteroit troj) la crue, et lorscpie les ceps seroient dans les 3 ou 4 ans prêts à porter, il s'y formeroit des espèces de gales dans les pieds, par laquelle maladie ils périssent.

Il ne faut donc \ïout les planter qu'un terrein k l'ordinaire ; il faut aussy avoir grand soin d'en éloigner ou éviter le fumier.

Je suis très respectueusement. Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Arbois, 3 mars 17*74.

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