FAUJAS DE SAINT-FOND
r Ardèche, et reconnut dans les montagnes du Vivarais, des volcans éteints. Destitué sous la Révolution, il fut replacé par le Directoire comme professeur de géologie au Muséum. Il y professait encore en 1818. Il édita les œuvres de Bernard Palissy avec Taide de Gobet.
Son Histoire naturelle de la procince du Dauphiné contient plusieurs mémoires sur les Mûriers, les Vers à soie et les Vins. Nous nous arrêterons à ce dernier travail.
Texte : MÉMOIRE SUR LES VINS DU
DAUPHINÉ. m Hist. Natur. de la province du Dauphiné.
Grenoble et Paris, 1781, in-8».
P. 179, l'auteur commence par les vins de Vienne, dont il cite les crus : Côte-Rotie, Seyssuel, Porte-de-Lyon, la Ravette.
P. 185, il dit ; (( Deux seules espèces de raisins composent ces excellents vins, la Serine et le Vionnier, L'on faisait usage autrefois d une variété de Serine à grains pointus, qui donnait beaucoup de qualité au vin ; mais, comme elle était fort sujette à couler et qu'elle produisait peu, elle a été abandonnée. »
P. 187, à propos du vin de l'Hermitage : « L'on ne fait presque usage, dans les vignes de l'Hermitage, que d'une seule espèce de raisin, nommée sur les lieux la Sira; la variété de ce raisin, dont le grain est petit et un peu allongé, est préférable et produit le meilleur vin rouge. Le raisin blanc entre aussi dans la composition de ce vin et le rend plus fin et plus délicat; mais l'on ne fait usage que d'une seule espèce, nommée la Roussane, raisin qui
jaunit et roussit beaucoup à l'ardeur du soleil Le vin
blanc (de l'Hermitage) se fait avec la Boussane, et plusieurs personnes y mêlent de la Marsanne, autre raisin blanc qui rend le vin un peu liquoreux. »
P. 188 et seq. il cite les crus des vins de Montélimar, et il donne, p. 191-192, les espèces de raisins qu'on y cultive :
(( Raisins noirs : le Pique-Poule, de la grosse et de la petite espèce; leRouveiron; le Mouleiron ou Moutard;
ïUf/ne; le Salei' noir; Y Espagnol; le Plquavdan noir, peu commun.
■ » Raisins rouges et gris : le Grec rouge; le Rouveiron gris; le Saler gris.
» Raisins blancs : la Clairette, de la grosse et de la. petite espèce : le Colombeau, qui ne produit-que lorsque la souche est vieille; Y ligne verdale; YUgne rousse; le Piquardan; la, Bourboulenche ; le Grec blanc; le Raisin de la Magdelaine, espèce de Chasselar; le Raisin de Notre-Dame ou Raisin de Panse; le Farnoux, mauvaise espèce, mais qui se conserve longtemps; la Soufrette, espèce de Chasselar semblable à celui de Paris ; le Blanchon, dont le grain est petit et sucré; YAbeillane, doux et précoce; une espèce de Malvoisie, etc.
)) Je ne parle pas des différentes espèces de Muscat, qu'on ne cultive que pour manger. »
P. 197, à propos des vins de Donzère, il dit : « Les raisins propres à produire les meilleurs vins rouges sont ceux qui sont connus sur les lieux sous les noms de Ribié, de Saler, de Grec, de Pique-Poule de la grosse et de la petite espèce. On laisse perdre en ce moment un raisin précieux, sous prétexte que le grain en est trop petit et qu'il donne peu de vin : c'est le Cabounet, qui produit un vin chaud et parfumé.
» Les raisins blancs les plus estimés sont : la Clairette, le Piquardan, le Rosani, »
Le reste du mémoire est consacré à la vinification; il cite l'article Vin, par le chimiste Macquer dans le Dictionnaire de Chimie, édition de 1778, et un article du même chimiste dans le Mercure de France du 11 septembre 1779. J 'y relève ceci :
P. 207: « Les moyens de donner une belle couleur au vin rouge est de prendre des raisins noirs; la meilleure espèce est celui qui a la queue rouge, qu'on nomme en quelques pays Pied-de-Perdrix et en d'autres Côte-Rouge, »