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Aloze, Morgeot, Blagny, Meursault

la volonté de faire beaucoup de vin, et revenir à celle de leurs pères, qui préféraient la qualité à la quantité, seule manière de soutenir longtemps leur valeur.

Je dis la masse, parce qu'il est encore beaucoup de personnes, et j'en pourrais citer plusieurs, sur qui l'appât de quelques pièces de vin de plus par an n'a point d'influence, et qui, en vrais Bourguignons, se croiraient coupables s'ils ne tendaient pas toujours à faire leur vin le meilleur possible. Honneurs leur soient rendus I Puisse la fortune les dédommager par la grande valeîir de leurs vins de la petite quantité qu'ils se soumettent à en récolter!

La base de la culture des vignes en Bourgogne consiste à provigner tous les ans régulièrement une partie des ceps sans jamais séparer les provins de leur mère, de manière qu'au bout de dix, douze, (quinze ans au plus, selon la nature de la terre et l'espèce du plant, tous aient été couchés. Il en résulte que, dans certaines de ces vignes, qui ont quatre à cinq cents ans de plantation, les souches parcourent sous terre des distances considérables (plusieurs centaines de toises peut-être), et cependant n'offrent jamais à l'observateur superficiel que des ceps de l'âge ci-dessus indiqué.

En provignant, on tâche de coucher toujours les ceps dans la même direction, pour que les souches anciennes ne se croisent pas avec les nouvelles, et on veille à ce qu'ils restent toujours à une distance suffisante les uns des autres, pour que leurs grappes puissent se saturer sans obstacles de la chaleur des rayons du soleil.

Quant à la taille, aux ébourgeonnements, aux labours, ils n'offrent que des nuances de différence avec la pratique des autres départements. On échalasse presque partout; je dis presque, parce que je me rappelle avoir vu, sur la côte même, quelques vignes rampantes et quelques autres disposées en treille.

J'aurais voulu entrer dans des détails circonstanciés sur le mode de la culture usitée dans les vignobles qui s'étendent de Dijon à Beaune, vignobles que j'ai souvent

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parcourus, où j'ai si souvent vendangé; mais je n'ose me fier à ma mémoire.

On fait beaucoup de vin dans les départements du Centre flB la France, c'est-à-dire dans ceux de la Nièvre, de l'Allier, du Cher, de l'Indre, de la Creuse, du Puy-de- Dôme, de la Loire, etc. ; mais, à quelques cantons près, il est de qualité inférieure, ou, du moins, jouit de peu de réputation. J'ai parcouru la plupart de ces départements; mais, faute d'avoir pris des notes, je ne puis parler de la culture qui y est préférée.

En général, il y a peu de vignoble, ne fût-il séparé des autres que par une rivière, où on ne trouve pas quelque procédé de culture qu'on ne voit pas dans les autres.

Il faudrait des volumes pour parler de tous.

C'est dans un Mémoire de M. Dauphin, inséré dans le 40^ volume des Annales d'Agriculture, que je puise ce qui concerne les vignes du département du Jura, parmi lesquelles se trouvent les vignobles, avec raison si estimés, d'Arbois, de Poligny, de Salins, etc.

Les variétés de raisins communément cultivées dans les vignobles du Jura sont dans l'ordre de leurs qualités.

Parmi les Noirs :

Le Raisin perlé. Il aime une terre substantielle, calcaire ou marneuse, un sol en pente, il redoute l'humidité lors de sa floraison ; il craint aussi les gelées du printemps et de l'automne, et lorsqu'il en est atteint, il ne rapporte que deux ans après. Sa saveur, lorsqu'il est bien mûr, est légèrement musquée. Le vin qu'il donne est généreux, excellent, soit rouge, clairet ou blanc; on en fait un très bon raisiné : lorsqu'il n'éprouve pas d'accident, il fournit beaucoup. Sa taille diffère de celle des autres variétés, en ce qu'il ne faut pas la faire sur les plus forts sarments, mais sur les intermédiaires. On lui donne, suivant sa force, une ou deux grandes Courgées, Archets, ou Anse de Pot, $ans craindre d'allonger.

Il ne demande pas à être provigné souvent. Cette variété fait la base des vignobles cités plus haut.

Le Pineau, ou Franc- Maurlllon, C'est, dit M. Dauphin, le raisin par excellence, le père des meilleurs vins de France ; mais ici il doit y avoir confusion, car le Pineau est bien distingué du Maurillon du Jura, ce dernier ayaft les bourgeons tachés de brun. Une terre légère et siliceuse, l'exposition du levant et du couchant sont ce qu'il demande; les gelées sont peu à craindre pour lui, il mûrit huit jours avant les autres; le vin qu'il donne est excellent, d'un bouquet agréable et de bonne garde. Son seul défaut c'est d'être peu productif et de ne donner souvent que de deux années l'une. Cette variété se taille en petites courgées de six à sept nœuds, et demande à être provignée souvent.

Le Petit BacUin, Il aime une terre forte et argileuse, et préfère l'exposition du levant ou du midi.

Les gelées de l'hiver sont à craindre pour lui : sa taille est en petites courgée^de six à sept nœuds. Il mûrit bien, donne un vin très coloré, de bon rapport et qualité, qui prend en vieillissant un petit goût de framboise.

Le Tresseau, Il préfère une terre forte, aime le midi et le couchant, brave les gelées. Il fait un vin abondant, mais dur.

Il demande à être mélangé avec des plants doucereux. Sa taille se fait en courgées moyennes, et sonébourgeonnement doit être rigoureux, car il mûrit difficilement à l'ombre.

Le Meunier, Ce plant se contente d'une terre maigre; il craint peu la gelée; mais si cet accident lui arrive, iJ ne repousse pas de raisins : sa maturité est précoce; son vin est passable. On le taille en courgée moyenne.

Le Petit Garnet, Il vient bien en terre forte, s'accommode de toutes les expositions, principalement du nord, craint les gelées du printemps, mais repousse des raisins lorsque cet accident lui arrive. Ce raisin mûrit bien, fait un vin coloré passable, et est d'un bon produit. On le taille à deux ou trois yeux au plus, sur plusieurs sarments.

Il demande à être provigné souvent.

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Il ne faut pas confondre ce Gamet avec le Gros Gamet, qui fait un vin plat.

Le Muscat noir. C'est celui qui mûrit le premier dans la pépinière du Luxembourg.

Parmi les Blancs :

Le Sauoignon, Il aime la terre argileuse et en pente, préfère le midi et le couchant. Il mûrit bien, fournit beaucoup et fait un vin doux, potable dès la première année. On le taille en longues courgées.

Le Savagnin. Une terre siliceuse et calcaire, une exposition en pente au midi ou au couchant, sont ce qui lui convient le mieux; les gelées lui sont souvent funestes, surtout dans les pays plats. Il mûrit tard, mais charge beaucoup, se conserve bien, et le vin qu'il produit est très spiritueux.

On doit le tailler en petites courgées serrées.

Le Fromenteau gris. C'est le Pineau gris de plusieurs autres vignobles. Il demande une terre en pente graveleuse et une exposition chaude, mûrit bien, fait un vin excellent, mais le produit en est médiocre.

Il se taille en petites courgées.

Le Chasselas, Ce délicieux raisin à manger, garder et sécher, mûrit bien et est de bon rapport. On le taille alternativement en sifflet et en courgée. .

Son vin est doux et sucré, mais plat.

Le Raisin perlé. Il aime particulièrement les terrains marneux, et ne produit pas constamment toutes les années ; on le taille en courgée. Le vin qu'il donne est agréable et léger.

Son raisin se conserve longtemps et est excellent séché au four.

La Feuille Ronde, On taille constamment cette variété en sifflet; elle craint les gelées du printemps. Son fruTt mûrit et produit beaucoup, mais le vin qu'il donne est médiocre et sujet à filer.

Toutes les terres et toutes les expositions propres à la vigne conviennent à cette variété. On peut se dispenser

d'essayer d'autres cépages dans les lieux où elle ne réussirait pas. On la taille comme le Petit Gamet noir. La greffe est très peu pratiquée dans ce vignoble

P. 551. Mon estimable ami Antoine Vallée m'a fourni la note suivante sur les vignes du département de Maine-et- Loire. On ne cultive en général dans le département de Maine-et-Loire que le Pineau blanc. Les cantons où l'on fait le vin rouge sont Champigny-le-Sec près Saumur, et Alloues près Bourgueil. Depuis vingt ans quelques particuliers ont commencé, dans les vignobles blancs, à cultiver du plant venu du Bordelais, dont on obtient d'assez bon vin rouge; mais la vigne blanche est toujours en proportion de cinq à six avec la rouge ordinaire connue dans le pays. Elle produit un raisin très doux, à grains très écartés, d'une bonne conservation, mais en trop petite quantité pour avoir la vogue. On trouve encore, clairsemés, dans les vignes blanches, différentes sortes de raisins, entre autres une espèce nommée Gois dans le pays ; c'est un grain très rond, fort transparent, doux au goût^ mais avec fadeur, et en général plus séduisant à la vue que le Pineau, Cette espèce se perd peu à peu, quoiqu'elle donne beaucoup ; il ne faut pas la regretter, le vin qui en vient n'étant pas généreux

P. 573. Il n'y a pas de raisons qui s'opposent à ce qu'on mette en treille ou en espalier toutes les variétés de raisins; cependant, il en est qui sont meilleures à manger et plus belles que d'autres, et on doit les y placer de préférence. Ces variétés sont '

Les diverses espèces de Chasselas^ dont celle appelée Se Fontainebleau, et qu'on croit venir de l'Orient, est la meilleure et la plus facile à conserver.

Le Chasselas qui est représenté dans les tableaux de Van Iluyssum, et dont les pétioles sont violets, très gros et très hérissés, Chasselas qu'on appelle Gros blanc dans

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le département de la Moselle, Marmot dans celui de la Marne, Richeling, dans celui du Haut-Rhin, et qui jouit de l'avantage d'avoir le grain plus gros, la peau plus mince, et de mûrir huit à dix jours plus tôt. Mais il est moins sucré et ne peut se conserver longtemps après qu'il a été cueilli.

Il y a aussi le Chasselas violet, que sa couleur, qui se remarque aussi sur le bourgeon, caractérise assez, mais, il est plus agréable à la vue qu'au goût.

Parmi les Muscats, il y a un choix à faire. Les deux variétés qu'on cultive le plus communément aux environs de Paris, sont celles qui soiit le plus dans le cas d'être repoussées, parce qu'elles mûrissent très tard, c'està-dire, souvent pas du tout.

Le Muscat Noir du Jura me paraît préférable à tous les autres, quoiqu'il ait le grain petit, parce qu'il mûrit dans le courant d'Août, c'est a-dire un mois avant les autres.

Le Muscat Noir du Pô, qui mûrit douze ou quinze jours plus tard, mérite aussi l'attention des amateurs par l'excellence de son goût.

Je range à côté d'eux les Muscats Blancs des mêmes départements, qui sont aussi plus hâtifs et meilleurs que le Muscat Blanc ordinaire.

Le Muscat d* Alexandrie, dont les grains sont ovales,, et quelquefois de la grosseur du pouce, se voit souvent en espalier, quoiqu'il ne mûrisse que dans les meilleures expositions et dans les années les plus chaudes.

Il est bon que je recommande aux amateurs, la Panse Musquée du département des Bouches-du-Rhône, \s. Malvoisie Blanche du Pô, et la Muscatelle du Lot, raisins très peu musqués, mais très agréables quand on les mange au point de maturité convenable.

Parmi les raisins dits de vignes, il y en a plusieurs qui sont dans le cas d'être cultivés pour la table, soit à raison de leur précocité, soit à raison de leur bonté, soit à raison de leur beauté. Aux environs de Paris, on cul-

tive souvent ainsi, celui appelé de la Madeleine, comme le plus précoce, mais il est sans goût. Je préfère de beaucoup les Morillons gros et petits du Doubs et du Jura, à bois taché, qui mûrissent en même temps {au commencement d'Août), même un peu plus tôt, et qui sont de beaucoup meilleurs.

Voici les variétés qui m ont paru les meilleures parmi celles de la Pépinière du Luxembourg, que j'ai observées, sauf erreur de plantation.

Rouges.

Berardy (Vaucluse), Dolceto (Pô)^ Épicier-petit (Vienne), Luisant Vert (Doubs), Persolette (Drôme), Pled-de-Perdrlx (Hautes-Pyrénées), Trousseau (Jura), Pineau de Bourgogne (Côte-d'Or), Franc Pineau et Pineau Noir (Seine-et-Marne), Meunier (Paris).

Violets.

Blanquette Violette (Pyrénées-Orientales), Gentil Brun (Bas Rhin), Pineau Gris (Côte-d'Or).

Blancs.

Amadon (Charente- Inférieure), Bon Blanc (Doubs), Bonboulenque et Spare (Vaucluse), Fié jaune et Fié vert (Vienne), Folle Blanche (Charente), BZa/ic Doux (Landes) Ce dernier a la peau extraordinairement mince. Picavdan (Hérault), Pied-Nain {M3.y enné). Raisin de Crapaud (Lot), Raisin Vert (Bas-Rhin), Rlvesalte et SalntRahler (Charente), Fogglane (Gènes), Lugllatlca (Marengo), Mesller (Paris).

Je ne donnerai pas la liste des variétés qui sont remarquables par la grosseur de leurs grains, dont les Damas Noirs et Blancs sont les plus monstrueux, ayant quelquefois près d'un pouce de diamètre, et ceux dont les grains sont alongés et recourbés, ni ceux qui offrent des grappes de plusieurs livres de poids, ni ceux qui présentent des grains de diverses couleurs, parce que cela me mènerait beaucoup trop loin, et qu'en général ils ne sont pas un

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bon manger. Il en est de même des Corinthes, petits rai sins qui n ont pas de pépins.

Cependant il faut que je dise un mot des Verjus, qui sont des variétés à citer par la grosseur de leurs grains, de leurs grappes et de leurs bourgeons, variétés qui ne peuvent que rarement amener leur fruit à maturité dans le climat de Paris, mais qu'on y cultive pour employer le suc de ses grains, qui est fortement acide, à l'assaisonnement des mets.

Les Verjus se placent en espalier à toutes les expositions, et comme ils fournissent des bourgeons d'une grande vigueur, qui tiennent beaucoup de place, c'est à celles qui sont les moins précieuses, c'est-à-dire au Couchant et au Nord, qu'on les place ordinairemeijt. Leur taille ne diffère pas de celle des autres variétés, si ce n'est qu'elle doit être plus longue.

Les grappes de Verjus, dont il n'est pas rare d'en voir de cinq à six livres, se cueillent un peu après les autres raisins, et se conservent comme eux. On en fait des confitures et des conserves.

Si j'avais à conseiller de cultiver la vigne, dans le climat de Paris, uniquement pour employer sa feuille pour fourrage, et je crois que ce serait une bonne spéculation^, j'indiquerais le Verjus comme préférable, parce qu'il craint peu les gelées du printemps, et pousse des bourgeons d'une longueur et des feuilles d'une largeur supérieures aux autres vignes du même climat.

Outre la fabrication du Vin et le manger en nature, on tire encore parti des Raisins, pour faire des Raisins Secs, du Raisiné et du Sirop de Raisin,

L'Amérique septentrionale nous a fourni neuf espèces de vignes, qui toutes sont dioïques, et dont on cultive plusieurs dans les jardins de Paris. Les ayant observées dans leur pays natal, je puis en parler avec plus d'assurance que d'autres.

1. On voit que l'idée de notre ami Coutagne n'est pas d'aujourd'hui.

La Vigne Cotonneuse, Vitis labrusca (Linn.), a les feuilles en cœur, légèrement lobées, peu profondément dentées, d'un vert foncé en dessus, et couvertes de poils roux en dessous. Ses grappes de fruits ne sont ordinairement composées que de cinq à six grains, d'un demipouce de diamètre, à peau très épaisse et à suc assez agréable. Elle est très commune en Caroline, dans les lieux humides, sur le bord des marais, et elle s'élève audessus des plus grands arbres. J'en ai vu des ceps plus gros que la jambe. On la cultive au jardin du Muséum e^t dans les pépinières de Versailles.

La Vigne d'Été, Vitis esticalis (Michaux), a les feuilles en cœur fortement trilobées, profondément dentéçs; les pétioles ainsi que les nervures en dessous couverts de poils ferrugineux foncé, et le reste du dessous de la feuille couvert de poils moins foncés. Ces grappes sont très longues, et les femelles offrent beaucoup de grains d'une petite grosseur. On la trouve, ainsi avec la précédente avec laquelle on l'a longtemps confondue, dans les lieux humides de la Caroline, et on la cultive également dans les jardins du Muséum et dans les Pépinières Impériales.

La Vigne du Renard, Vitis vulpina (Linn,), a les feuilles en cœur, à peine lobées, largement et obtusément dentées, glabres et luisantes des deux côtés; les grappes femelles abondamment garnies de grains gros- comme des pois.

Elle croît en Caroline dans les bons terrains, et s'élève sur les arbres d'une moyenne hauteur.

Les raisins sont abondants et assez bons à manger. De toutes les vignes d'Amérique, c'est celle qui se rapproche le plus de la nôtre, et dont la culture peut devenir la plus avantageuse.

La Vigne Palmée, Vitis palmcUa (Vahl), a les feuilles en cœur, proifondément lobées et dentées par des divisoins aiguës. Elles sont glabres en dessus, et légèrement velues en dessous sur leurs nervures seulement. Ses

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grappes sont petites. Elle est originaire d'Amérique, et est cultivée au Jardin des Plantes de Paris.

La Vigne des Rivages, Vitis riparia (Michaux)^ a les feuilles en cœur, très profondément lobées, et inégalement dentées par des divisions aiguës et allongées. Elles sont bla,nchâtres et presque glabres en dessous. Elle croît sur le bord du Mississipi. Elle*est connue sous le nom de Vigne des Battures, On la cultive au Jardin des Plantes et dans les Pépinières Impériales ; mais on n'y a que l'individu mâle.

La Vigne Sinueuse, Vitis Sinuosa (Bosc), s, les feuilles en cœur, à cinq lobes très profonds et arrondis, les dentelures fort larges. Elles sont glabres et luisantes en dessus et en dessous. Elle est originaire d'Amérique, et se cultive chez Noisette.

La Vigne a feuilles en Cœur, Vitis Cordifolia (Mich,), a les feuilles très grandes, en cœur, à peine lobées, largement et inégalement dentées, d'un vert foncé en dessus et plus pâle en dessous. Elle est originaire d'Amérique, et se cultive au jardin du Muséum. Elle a disparu des Pépinières Impériales par suite des principes de destruction qui planent sur elles.

La Vigne a feuilles rondes, Vitis rotundifolia (Mich.), a les feuilles un peu en cœur, non lobées, faiblement dentées, légèrement velues en dessous sur leurs nervures, et d'un vert foncé. Elle est originaire d'Amérique, et se cultive dans les jardins du Muséum. Son suc est si as tri n. gent que j'ai eu les mains crispées et douloureuses pendant plusieurs jours pour avoir écrasé quelques-unes de ses grappes.

La Vigne a feuilles de Persil, Vitis arborea (Linn.), a les feuilles deux fois pinnées, à divisions profondément dentées et quelquefois lobées, de la largeur du pouce, vert foncé en dessus, plus pâle en dessous. Elle est originaire d'Amérique, où elle s'élève au dessus des plus grands arbres. L'élégance de son feuillage la rend précieuse pour

rornement des jardins paysagers, où bien placée et bien conduite, elle produit beaucoup d'effet.

La Vigne d'Orient, a les feuilles peu différentes de celles de la précédente, mais ses tiges s'élèvent à peine de quelques pieds. Elle a été apportée de l'Asie Mineure par le voyageur Olivier. On peut également la placer, comme ornement, au pied des buissons dans les jardins paysagers.

La Vigne Vierge, Vitis quinquefolia (Linn,), qu'on a tantôt placée parmi les Lierres, tantôt parmi les Achits, et dont Michaux a fait un genre particulier, a les feuilles palmées, à cinq ou six folioles, lancéolées, dentées, d'un vert noir, et glabres. Ses tiges sont radicantes àia manière du Lierre, c'est-à-dire qu'elles s'attachent par des grifîes radiciformes aux arbres et aux murs qui sont à sa portée. Elle est originaire d'Amérique, où je l'ai vue s'élever au-dessus des plus grands arbres. On la cultive fréquemment en Europe, a raison de sa propriété de monter seule^ le long des murs exposés au Nord, et de les garnir, sans dépense, d'une belle verdure pendant l'été.

Elle perd ses feuilles en hiver.

Toutes ces vignes ne se multiplient que de marcottes et de boutures qu'on fait en hiver ou au premier printemps. La dernière seule est dans le Commerce.

Notes :

Dans les différentes publications, Dictionnaires, Cours, Annales, etc., auxquelles il apporta sa collaboration dévouée et souvent anonyme, Bosc s'est toujours réservé l'article Vigne, n s'était pris d'un beau zèle pour l'ampélographie ; et, dans les dernières années de son activité diminuée par la maladie, soutenu par sa seule énergie, il semble avoir concentré sur ce précieux arbrisseau toute sa tendresse pour le règne végétal et fait converger sur lui le faisceau de ses connaissances botaniques^ rayons successifs acquis durant sa longue carrière.

Certes, personne n'était mieux préparé, ni mieux placé que lui, pour reprendre avec charnue de succès la tentative de l'abbé Rozier. Directeur du Luxembourg, fonctionnaire influent, spécialiste d'une compétence incontestée, Bosc rassemble sous sa main

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toutes les vignes du monde : il se flatte d'arriver à les décrire et à déterminer leurs synonymies, tout en signalant leurs vertus et leurs vices, mais il tient par-dessus tout à faire entrer leurs variétés dans une classification générale, basée sur la conformité et la conformation de leurs organes. .

Les difficultés inhérentes à une semblable entreprise, loin de le rebuter, ne font qu'exciter son ardeur. Il redouble d'efforts et sacrifie sa santé à cette tâche surhumaine. Chaque année, pendant l'époque trop courte de la maturité du raisin, il visite plusieurs départements, précédant ainsi dans cette tournée le docteur Guyot, qui n'aura qu'à suivre son exemple, trente ans plus tard, pour immortaliser son nom. Mais alors que Jules Guyot glisse souvent sur la question cépages qu'il juge délicate, Bosc s'y arrête avec opiniâtreté : il note tout ce qu'il voit et tout ce qu'il entend, et de l'ensemble de ces croquis, rapides, mais sincères, parce qu'ils sont pris sur place, il espère bien voir jaillir un jour la vérité.

Dans son Mémoire de 1807, publié ci -dessus, il expose le plan de son travail d'une manière impeccable. Ce programme, qui mériterait de s'appeler le Cocle de l'Ampélographe, démontre nettement l'utilité d'une classification et donne, en même temps, le moyen de l'établir. Quel dommage que le C' Odart ne l'ait pas suivi!

« Ah ! combien il est à regretter, a dit M. d' Armailhacq ^ que ce savant ampélographe n'ait pas adopté une classification, au lieu de décrire les cépages par région comme il l'a fait; son ouvrage aurait été bien autrement utile qu'il ne l'est malgré son incontestable mérite. »

Ce n'est pas, je pense, manquer de respect à Odart et à son école d'affirmer ici que Bosc leur avait ouvert un horizon qu'ils n'ont pas su embrasser, et qu'il leur avait légué un vélin magnifique dont ils ont rempli très laborieusement les marges sans oser écrire au milieu des pages.

Si Bosc avait eu la longévité d'Odart, il est possible que, mieux <\ue lui, il aurait constitué de toutes pièces la science de l'ampélo- ^raphie. Le temps et. la force physique lui ont manqué pour toucher le but qu'il apercevait et qu'il montrait du doigt.

Son article Vigne du Nouceau Dictionnaire d*Histoire naturelle est un début peu intéressant : trop directement inspirées de Dussieux, ses descriptions manquent d'originalité et ses synonymies d'exactitude, sauf cependant dans les variétés américaines, très bien traitées.

1. De la Classification des Vignes, in Journal de Viticulture pratique, novembre 1866.

Dans le Noureau Cours complet d'Agriculture , la personnalité de l'auteur commence à percer et tend à se dégager des errements anciens.

Néanmoins tout cela ne donne qu'une pâle idée du monument définitif, rêvé par Bosc, et pour l'achèvement duquel il avait accumulé d'immenses matériaux. Le monument n'a pas été construit, mais où ont passé les matériaux? Que sont devenues les 450 monographies qu'il avait terminées et les 60 peintures de Redouté qui les accompagnaient ? Je les ai vainement cherchées. Ont-elles été utilisées dans quelque publication postérieure, ou bien ontelles été rejoindre dans le néant et l'oubli celles de l'abbé Rozier disparues avec lui dans la tombe ?

On dit que Bosc, surpris par la mort, n'eut pas le temps de rédiger les notes brèves, synopsies à signes conventionnels compris de lui seul, dont il se servait pour ses leçons.

Son article Vigne de Y Encyclopédie Méthodique nous donne un abrégé de ces descriptions ; c'est pourquoi il nous semble à sa place, ici, comme le commentaire naturel des premiers écrits. Dans les colonnes si rarement feuilletées de ce Dictionnaire — j'ai eu à couper les pages de l'exemplaire de la Bibliothèque de Chalon (!) — on voit l'ampélographe à l'œuvre : il parcourt la province et va de cru en cru, suivant les vendangeurs, passant de la vigne au chaix, toujours son carnet à la main, recueillant les avis des praticiens et les contrôlant souvent sur place par ses propres souvenirs.

Ce qu'il dit du vin de Bourgogne est d'une vérité frappante et d'une actualité saisissante. Déjà, en 1821, on ne trouvait plus" à Paris — chez les négociants — une bouteille de vrai vin de Bourgogne, à cause de la cassonnade que certains industriels s'obstinaient à faire entrer dans la fermentation de leur confiture sans bouquet.

Faute de place, nous ne donnons que des extraits, mais avec l'espoir que leur lecture fera recourir au texte et que d'autres vignerons que moi se mettront aussi à couper l'article de Bosc, (lui dort dans bien des bibliothèques de France, depuis quatrevingts ans bientôt, attendant des mains amies pour le feuilleter.

ENCYCLOPÉDIE MÉTHODIQUE DE PANCKOUCKE t. VII. Dkîtionnaire de la Culture de» arbres et de V aménagement des Forêts^ par MM. Bosc et Bau-

DRILLARD.

Paris, Vve Agasse, 1821.

P. 762. Art. Vigne. Viti^ Genre de plantes de la pentandrie monogynie et de la famille de son nom , dans lequel se placent

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vingt-une espèces, la plupart cultivées dans les jardins de l'Europe, et dont l'une, celle qui donne le Vin , est l'objet d'une immense culture dans le midi, l'est et l'ouest de l'Europe, et dans plusieurs parties de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. La France principalement en tire un grand moyen de richesse.

Observations. — Ce genre a de grands rapports avec les Achits et les Lierres. Celui Ampélopsis, qui avait été établi à ses dépens ne paroit pas devoir être adopté.

Espèces :

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