‹ Ampélographie rétrospectiveChapitre 174 sur 180 · Pépinière du Luxembourg · texte numérisé non relu

Pépinière du Luxembourg

mis tout le zèle dont j'étais capable, à remplir le but de sa formation; mais après cinq ou six années d'études opiniâtres, j'ai été obligé de m'arrêter, .par l'impossibilité de reconnaître et de redresser, comme je l'avais d'abord cru, les erreurs sans nombre de la collection, de sorte qu'après avoir étudié presque toutes celles qui ont fructifié, après avoir décrit, avec des incertitudes continuelles sur leur nomenclature, cinq cent cinquante variétés et en avoir fait figurer cent, j'ai dû désirer aller suivre leur étude dans les vignobles mêmes, ce que j'ai déjà exécuté pour les départemens du nord et de l'est; ce que je vais continuer, d'abord pour ceux du centre et du midi, ensuite pour ceux du sud-ouest et de l'ouest.

La collection du Luxembourg renferme plus de' deux mille variétés de ^isins, les doubles emplois sous des noms différens pouvant être regardés comme compensés par les doubles emplois sous le môme nom. Je n'ai pas encore visité un vignoble sans y trouver plusieurs variétés qui ne s'y trouvent pas, parce que MM. les préfets, qui ont été chargés d'ordonner les envois, se sont adressés à un seul propriétaire, et que chaque arrondissement, môme chaque canton, en contiennent qui ne se voient pas dans les autres

P. 782. — Les départemens que j'ai visités par ordre dti ministre de l'intérieur, sont : en 1820, ceux de l'Aisne, de la Marne, de la Meuse, de la Moselle, de la Meurthe ; en 1821, ceux de Seine-et-Marne, de 'l'Aube, de la Haute-Marne, des Vosges, du Haut-Rhin, du Bas-Rhin, de la Haute-Saône, du Jura; en 1822, celui de l'Yonne, ayant été arrêté à Dijon par la précocité de la vendange. Je dois, cette année, aller dans les départemens de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire, du Rhône, du Puy-de- Dôme, etc.

J'ai réuni immensément de faits inconnus dans les livres, parce que ce sont les vignerons mêmes qui me les indiquent; mais la rapidité que le peu de temps que dure la vendange me force de mettre dans ma marche, ainsi que les mécomptes, suite des variations de l'atmosphère, gênent beaucoup mon travail. Malgré cela, j'ai lieu de me flatter, qu'en définitif je présenterai à la science agricole et aux propriétaires de vignes un résultat important et digne de mon pays.

Ce qui suit n'est que l'extrait d'un extrait; ainsi il ne peut donner qu'une idée très imparfaite de ce que j'ai observé et noté.

Bosc 49^

Vignobles situés entre le 50' et le 40' degré de latitude

Moselle.

Ce département, le plus reculé vers le nord de ceux où se cultivent des vignes dans la France actuelle, contient, selon M. Jullien, environ 4,500 hectares.

Le vignoble le plus réputé et le plus considérable, est celui de Sey. C'est celui que j'ai le mieux étudié. On y cultive principalement :

Lé Menu noir, fort peu différent du Pineau frane^ et donnant le meilleur vin.

Le Gros noir^ ou Caulard, donne aussi un excellent vin, mais produit peu.

Le Pineau touffe. Même observation.

VAuœoifi, ou Auxerrois. C'est le Pineau gris de Bourgogne, si voisin du Tohai. Son vin est très délicat, mais de peu de garde.

Le Vert noir, Y Aubin rouffe, la Heime roufje et Manche, le Marengo noir et le Noir de Lorraine^ ou Gro8 bee^ produisent beaucoup et donnent du bon vin.

Le Wert blanc, le Rouge blanc, le Licerdun noir (diffèrent de celui des autres parties de la Lorraine), le Petit blanc, le Grand hlanm,r le Foireux blanc, sont très-fertiles, mais le vin qu'il» donnent est inférieur à c^ui des variétés citées plus haut

Marne.

Variétés qui donnent le meilleur cin.

Le Petit plant doré: c'est le vrai Pineau de Bourgogne.

Le Gros plant doré noir, c'est le Franc pineau. Il fait, ici comme à Reims, le fonds des vignes.

Le Gros plunt gris, fort rapproché du précédent.

Le Petit blanc ^ le Chasselas blanc, le Muscat blanc, le Muscat noir, le Gros plant rert.

Variétés qui donnent un cin de médiocre qualité.

Le Petit plant rert, le Verdilla^i, le Languedoc, Y Enfumé n/Ar»

Variétés qui donnent le plus maurais cin.

Les Gouais blanc et noir, le Gouais de Mardeuîl, le Gros gouais hlanr, le Marmot, le Plant dofvje, le Mimnier, le Teinturier.

La culture de ce vignoble différant peu de celle du précédent, je n'en parlerai pas.

Les vins d'Épernay passent pour inférieurs à ceux de Reims et d'Ay; mais^our qui, comme moi, a bu de celui des Closetz, la plus vieille vigne de ce vignoble, qui appartient à M. Moêtte, et qui est exposée au levant, soutiendra qu'il y en a d'égaux, si ce n'est de supérieurs.

J'ai observé dix variétés dans les vignes d'Épernay.

Le Demi-plant noir ; c'est le Pineau de Bourgogne, le Petit plant doré d'Ay ; le Rouge doré de la côte de Reims. Il fournit peu, donne le meilleur vin blanc.

Le Pineau noir crai; c'est le Franc pineau, le Gros plant doré, noir d'Ay. Il est le plus multiplié de tous, et donne plus de vin que le précédent.

Le Petit plant doré; il passe pour différent du précédent, mais je n'ai pu l'en distinguer, Il fournit peu de grappes, mais son vin est souvent supérieur en qualité à celui des deux précédons. Le Perlusot donne encore du bon vin. Le Couleuw noir et le Meunier sont rares, et devraient être arrachés. Le Gamet blanc ou Épinette ne parait pas différer du Pineau blanc. Son vin est bon et généreux ; mais comme il est moins délicat que celui fait avec des raisins rouges, on le conserve pour le presser séparément.

Le Marmot blanc et le Meslicr donnent des vins de cabaret. Le Pineau (jris est rare

Aisne.

Le Bon noir ou Maître noir. C'est le Pineau franc. Sdn vin • est le meilleur et le plus durable des rouges. Il domine à Cuissy, à mon avis, le premier des vignobles de ce départ^fnent.

Le Bon blanc a les mômes qualités. C'est le Pineau blanc.

Le Romeré blanc se rapproche beaucoup du précédent, cependant son vin est très inférieur.

Le \ert blanc mûrit tard, et en conséquence son vin est ordinairement médiocre; mais quand l'automne est chaud, ce vin diffère peu de celui du Bon blanc.

UEsplein rert est rouge, il demande un sol fertile, et produit beaucoup. Comme le précédent, son vin n'est bon que dans les années chaudes.

Le Fromenté blanc. Ce plant ne se cultive qu'à Arrancy; le vin qu'il donne est médiocre. On le mêle avec le Vert-blanc.

Le Gamet noir, qui s'appelle ici Grosse nature, le Meunier, le Gouais blanc et le Peudillard noir donnent les mauvais vins, mais chargent beaucoup

Page 1