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SOURCES DE PLINE

Dans la belle édition d'OLiviER de Serres de 1804 (p. 375 et seq.), François de Neuf château nous donne la liste des écrivains qui ont servi à Pline pour composer le XIV* livre de son Histoire Naturelle. Ce catalogue est intéressant à parcourir :

JElius, maître de Varron et de Cicéron même.

Aescjirion, qui est aussi fort souvent cité par Varron et par Columelle.

Agathocle, de Chio, loué par les mêmes.

Amphiloque, philosophe d'Athènes.

Anaxipolis, de Thase, cité aussi par Varron.

Androtion, médecin dont Varron, Columelle, et d'autres encore, citent les Géorgiques.

Antigone, de Cyme dans l'Éolide, cité aussi par Varron.

Apollodore, de Cite en Chypre, qui prescrivit au roi Ptolémée les vins qu'il devait boire.

Apollonius, de Pergame, qui avait écrit sur les remèdes les plus faciles à trouver, suivant Galien.

Archytas, de Tarente, philosophe pythagoricien, que Cicéron appelle un homme vraiment savant et tout à fait sage. •

Aristandre, d'Athènes, cité aussi par Varron et Columelle, et qui avait, suivant Pline, raconté beaucoup de merveilles.

Aristophane, de Milet, différent de l'Aristophane comique.

Aristote, de Stagyre, élève de Platon, précepteur d'Alexandre le Grand, fondateur du péripatétisme.

Asclépiade, de Pruse en Bithynie, professeur d'éloquence du temps de Pompée, ensuite médecin et ami de Cicéron.

Attale, roi de Pergame, fils d'Eumène, l'ami du peuple romain, en faveur de qui il testa, et surnommé Philométor, pour sa piété filiale envers sa mère.

Atteius-Capito, jurisconsulte du temps d'Auguste, auteur d'un <( Recueil de conjectures » dont Aulu-Gelle cite le 259* livre.

Atticus (Julitis)^ qui vivait du temps de Columelle, et qui avait écrit spécialement sur la vigne.

Bacchius, de Milet, qui n'est pas le médecin empirique, du même nom.

BiON, de Soles, en Cilicie.

BoTHRYS, d'Athènes, médecin, dont Galien loue les compositions médicales.

PLINE l'ancien 93

Caton le Censeur [Marcus Porcius)^ qui réunit, suivant Pline,, les trois plus grands mérites d'un homme, ayant été le meilleur orateur, le meilleur général, le meilleur sénateur; il avait fait beaucoup de livres, dont il ne reste que celui qui traite de l'Agriculture.

Celsus (Aurelius Cornélius) ^ Romain, qui vécut sous Tibère et fut le Cicéron des médecins.

CHiEREAs, d'Athènes, loué aussi par Varron et Columelle comme un excellent agronome.

Choriste, que Columelle appelle Chreste.

Columelle {Lurius Junius Mocleratus), de Cadix, qui fleurissait sous Claude et dont il nous reste douze livres sur l'économie rurale. Le dixième est en vers et forme un bon supplément aux Géorgiques; les troisième, quatrième et cinquième roulent uniquement sur 'la vigne.

CoTTA, fils de Messala l'orateur.

DÉMOCRITE, d'Abdère, qui voyagea jusqu'à l'âge de quatrevingts ans pour entendre les philosophes, mourut plus que centenaire, et écrivit beaucoup d'ouvrages, que nous n'avons p«is.

Denys [Cassius]^ d'Utique, traducteur des 28 livres de Magon sur l'Agriculture.

DiODORE, de Priène, que Columelle regarde comme le plus prudent des écrivains sur l'Agriculture.

Dion, de Colophone, cité aussi par Columelle.

DioPHANE, de Nicée en Bithynie, qui fit l'abrégé de la traduction du grand ouvrage de Magon le Carthaginois et qui est loué par Varron et Columelle.

Épigènes, de Rhodes, cité par Varron et Columelle, regardé par Pline comme un auteur grave.

EuPHRON, d'Athènes, cité par Columelle.

EvAGON, ou ÉvAGORE, de Thasc, cité par Varron et Columelle.

Fabian [Papyrius], l'un des maîtres de Sénèque, savant naturaliste.

Fenestella [Lurius]^ historien et poète, qui mourut à soixantedix ans, sous Tibère.

Flavius {Alflus)^ contemporain de M. Sénèque.

HÉSIODE, d'Ascrée ou plutôt de Cumes, le premier poète Géorgique voisin du temps d'Homère.

Hiéron, roi de Sicile, cité aussi comme écrivain Agronomique par Varron et Columelle.

JuBA, roi de Mauritanie, fils du roi Juba, gendre de M. Antoine qui avait beaucoup écrit en latin.

Onésicrite, d'iEgine, disciple de Diogènes, qui suivit Alexandre à la guerre et commanda une trirème de sa flotte.

94 AMPÉLOGKAPHIE RÉTROSPECTIVE

PisoN (L. Calpurnlw*-Fruf/i)j consul de llome, puis censeur, auteur de discours et d'annales.

Plaute (M. ArHtis). Auteur de 130 comédies latines dont nous n'avons plus que 20.

Pompée (Lenœus). Affranchi du grand Pompée qui le suivit 4ans ses expéditions, et, après la mort malheureuse de son patron, ouvrit à Rome une école.

Saserna. Le père et le fils, souvent cités par Varron et Columelle.

SciEvoLA {Q. Mucius). Souverain pontife, collègue de Crassus, proconsul d'Asie, presque divinisé par la reconnaissance des peuples de ces contrées, enfin, massacré dans les troubles de Marins; c'était un grand jurisconsulte.

* ScROFA {TremelliuS'Cfielus), le premier qui, suivant Varron, rendit l'agriculture éloquente en latin; il conduisit une armée ■dans la Gaule transalpine, aux bords du Rhin.

Sextius {Nl(jer)y Romain, qui écrivit sur la matière médicale.

Tergilla, qui écrivit sur les Jardins.

Théophraste d'Éphèse, successeur d'Aristote dans l'école d'Athènes, qui délivra deux fois sa patrie de la tyrannie, et dont il nous reste dix livres de \ Histoire def* plantet*, etc.

Varron (Af. Tere/Uius)^ le plus savant des Romains, ami de Cicéron, partisan de Pompée, et que César, vainqueur, mit ensuite à la tête des bibliothèques de Rome ; nous avons de lui un ouvrage sur l'économie rurale en trois livres.

ViBius RuFUs, mentionné par Sénèque et par "Dion.

Virgile [Publias Maro)y le prince des poètes latins dont Columelle a dit qu'il prête k l'Agriculture la puissance de la poésie (agricolationem fecit carminé potentem).

Enfin, XÉNOPHON, d'Athènes, disciple de Socrate, ami du jeune Cyrus, cher au roi de Lacédémone, Agésilas; condamné à l'exil par les Athéniens, il employa son loisir à composer plusieurs ouvrages d'un style plus doux que le miel, et mourut k Corinthe. Nous avons son livre, très bien intitulé, V (Economique.

On ne peut lire cette liste sans songer avec peine au grand nombre de monuments de l'antiquité qui nous manquent, et sans être reconnaissant pour ceux qui, comme Pline, nous en ont, du moins, conservé l'esprit et la substance.

On voit aussi, avec plaisir, dans cette liste d'écrivains, le nom de plusieurs personnages distingués par de grandes places, et trois ou quatre rois, entre autres, auxquels on pourrait ajouter le Constantin-César dont on a les Géoponigues^

1. Je ne vois pas bien, pour ma part, comment on pourrait ajouter aux souverains amis de l'agriculture, dont les travaux ont pu être utiles k Pline, le nom de cet empereur qui a vécu neuf siècles après lui.

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