DIOSCORIDE
Indépendamment des auteurs qui ont traité ex-professo de la vigne et du vin, il se trouve, à ce sujet, dans les autres auteqrs •classiques anciens, une foule de passages, qu'on n*a pas ramassés, -discutés et comparés avec assez de soin. Rien de plus singulier, par exemple, que ce que rapporte Diodore de Sicile, de l'introduction du vin chez les Gaulois (dans sa Bibliothèque historique y liv. V, chap. 26).
Les Gaules étaient habitées par des espèces de sauvages qui ne ■cultivaient pas la terre et n'avaient, surtout, point de vignes. Les marchands de l'Italie venaient leur apporter du vin, pour lequel les Gaulois étaient passionnés, au point d'en perdre la raison. Le •commerce du vin était le même dans les Gaules, que l'est celui ■de l'eau-de-vie chez les nègres de la Guinée. Pour un tonneau de vin les marchands avaient un esclave : « Pro cado enim vini, puerum recipiunt. » A la fin les Gaulois se dégoûtèrent d'un commerce qui leur était si onéreux ; ne pouvant se passer de vin, ils prirent le parti d'aller s'emparer du pays d'où leur venait cette liqueur. Voilà un beau motif de guerre! Mais on s'est battu •quelquefois pour des causes moins raisonnables.