PALLADIUS
Biographie :
Palladius Rutilius Taui%is Enulianus a, comme Dioscoride, une biographie incertaine. Il a vécu à une époque mal déterminée, ^entre 140 et 380. D'un style incorrect, plein de néologismes, il a résumé ses prédécesseurs, et ne s'est pas privé de copier Colujnelle, mot pour mot. Il a puisé aux meilleures sources et s'est approprié la plupart des découvertes de ceux qui s'étaient occupés d'agriculture avant lui. Pendant longtemps il a obtenu un brillant succès. La distribution qu'il a faite des travaux de la campagne, par mois, n'y a pas peu contribué, i^arce qu'elle abrège les recherches. Palladius emprunte la partie des arbres fruitiers à 'Gargilius MartiaUs^ et la façon de conserver le vin et les fruits aux -Vréoponlques grecs dont il possédait un exemplaire plus complet •que l'abrégé qui nous est parvenu. Il termine son Traité par un poème ^ur la Greffe, dédié à Posiphilus, amateur très savant. Vers 'Ct prose font regretter Virgile et Columelle.
Texte : ^ DE RE RUSTICA.
Édit. NiSARD, Paris, 1844.
Liv. III, § IX. — Personne n'ignore qu'il faut
'Conserver pour la table les raisins dont les grappes sont les plus grosses et les plus belles à l'œil, et dont les grains .sont durs et secs ; comme il faut garder pour faire du vin ies vignes les plus fertiles, celles dont les raisins ont la peau tendre et le goût distingué, et principalement celles qui quittent leur fleur de bonne heure. Le changement de terrain influe sur la nature de la plupart des vignes. Il n'y
a que les Amineœ qui donnent toujours de très bon vin, en quelque lieu qu'elles soient plantées ; quoiqu'elles supportent cependant plutôt un climat chaud qu'un climat froid, et qu'elles ne puissent passer d'un terrain gras dans un terrain maigre, à moins qu'on ne les aide de fumier. Il y en a de deux espèces, savoir, la grande et la petite. Mais la petite quitte mieux sa fleur que l'autre, et de meilleure heure ; ses mérithalles sont moins longs et le grain de son raisin plus petit. Si on la marie à l'arbre,, elle demande une terre grasse ; au lieu que, si on la cultive plantée par rangées, elle en veut un médiocre. Elle s'inquiète peu des pluies ou des vents, qui font souvent périr la grande pendant qu'elle est en fleur.
Les Aplanœ sont aussi distinguées.
Il suffit d'avoir cité ces espèces : un homme intelligent choisira celles qu'il aura éprouvées, et ne les confiera qu'à des terres qui aient quelque analogie avec celles d'où elles auront été tirées ; moyennant quoi chacune conservera sa qualité particulière.