PRÉFACE XIII
futures éditions, j'ai le devoir d'exprimer dès maintenant toute ma gratitude à des collaborateurs de la première heure. Car,. si, dans ma chasse au document, j'ai réussi à tuer quelque gibier, c'est que j'ai été introduit, par leurs aimables propriétaires, ou gardiens, dans des tirés extrêmement giboyeux, et c'est que j'y ai rencontré d'obligeants rabatteurs, et, même, d'adroits compagnons dont le tir excellent a rapidement grossi mon tableau.
A eux, mes sentiments de profonde reconnaissance et de respectueuse estime.
Ce sont, tout d'abord, les bibliothécaires ou archivistes, MM. Vidier à la Bibliothèque nationale, Lex à Mâcon, Saint-Lager à la Bibliothèque du Palais dés Arts à Lyon, Vingtrinier et Desvernay à la Bibliothèque municipale delà même ville, Millot à celle de Chalon-sur-Saône, Sauvaigo à celle de Nice, et le Père Césaire à celle de l'Abbaye de Lérins; puis, les professeurs de lettres, MM. Condamin et Loret à Lyon, Collier à Paris, et le plus viticole d'entre eux, le distingué M. Berget à Lille. A l'instar des Bosc, des Michaux, des Duhamel du Monceau, qui ont trouvé, au milieu d'occupations absorbantes, le temps d'aimer la vigne et de le dire, M. Adrien Berget, auteur d^ouvrages estimés % a su mener de front l'étude des sciences et des lettres, l'histoire et le droit, la viticulture et l'œnologie. Dans plus d'un passage obscur, il s'est montré pour moi un lumineux interprète et un guide dévoué.
Et, enfin, les bibliophiles, viticulteurs ou archéologues, qui m'ont ouvert toutes grandes les portes de leurs riches collections, MM. Couderc, Vermorel, Virey et Vuillermet.
1. La Viticulture nouoelle; La Pratique des cins^ Paris, Alcan. ^Contribution à l'étude des noms de Cépages; Notes ampélogra- 'phiques sur la famille des Pinots^ Mâcon, Protat. Le Pinot manc crai; Les Vignobles de Belgique; Les Caces coopératices, Paris, aux bureaux de la « Revue de Viticulture », etc., etc.
XIV AMPELOGRAPHIE RETROSPECTIVE
Dans cette énumération forcément incomplète, je ne puis citer tous mes collègues de la Société des viticulteurs de France et d'Ampélographie, de la section de viticulture à la Société des Agriculteurs de France et de la Société nationale d* Encouragement à l^ agriculture. C'est pourtant à leurs conseils et à leurs exhortations que je dois d'avoir pu, malgré son aridité, poursuivre ma tâche jusqu'au bout. Qu'ils me permettent donc de les remercier ici de leur chaude et constante sympathie, en inscrivant, sur le livre d'or de ma reconnaissance, le nom d'un des j)lus éminents d'entre eux, dans la science et la pratique, propriétaire, modèle des orateurs et des publicistes, trait d'union de ces trois puissantes associations, et hQuneur de la viticulture française tout entière, le nom de mon maître et ami, M. Prosper Gervais.
C'est en présence des beaux travaux accomplis ou inspirés par ces grandes Sociétés, fédération de toutes les forces intellectuelles de nos campagnes, qu'on se reprend à croire avec plus d'ardeur que jamais à l'avenir viticole de notre pays et à l'éternelle jeunesse de la vigne.
Non, la vigne n'est pas morte:, elle ne peut pas mourir. Elle est le génie de notre race, le palladium de nos libertés I Et nous crierons avec le poète % le chantre bien gaulois des Gueux et des Caresses :
Nous crierons : Regarde;^! Elle a toujours vingt ans. Regardez son beatrcorps que baise le printemps. Son bois ressuscité, son front qui se relève^ Ses vrilles s'agrippant partout comme une main. Et la pointe de ses bourgeons teints de carmin, Sang rose à la pointe d'un glaive!
1. Jean Richepin, Ode à la Vigne, in Le Journal, numéro du 87 février 1900.