LA: SOCIÉTÉ
Nom divin : Sn n' (El-lah).
Sacrement : Confirmation.
Vertu : Espérance.
Dm : Piété, Béatitude : Douceur.
Œuvre : Conseiller.
Ange : Gabriel.
Arcane : Le Binaire; Planète : Sin .
Avant qae tu penses et que tu choisisses, la société s'empare de ton entité et la façonne» selon son droit. Dès que tu penses et choisis, efface les plis reçus, c'est< à-dire libère-toi des habitudes contemporaines, selon ton devoir.
Pour choisir, sache que tu as trois destins ; tu peux être un animal comme ce décadent que les superficiels nomment sauvage; un animique comme tout le monde,
un spirituel comme saint Thomas, ou Dante. Animal, sois beau ; animique^ sois bon ; spirituel, cherche le GraaL .
jv j;) <ij,7^. p^yj, embellir, animîse tes instincts ; pour t'adoucir,
spiritualise tes sentiments ; pour tendre à Tabsolu, développe en toi l'abstraction.
La suprême laideur, : c'est la démocratie ; la suprême méchanceté, c'est le militarisme ; la suprême ânerie, c'est le progrès.
L'homme libre est celui qui ne dépend plus que de la maladie, de la misère et des gendarmes. Car, M. F., je ne peux te donner ni l'élixir de longue vie, ni la pierre philosophale, encore moins l'assurance que demain tu ne seras pas emprisonné et guillotiné injustement; je ne peux que t'émanciper de l'instinct et de la société ; je ne peux que t'isoler moralement des brutes dites tes semblables, te faire concevoir et Is^ continence, ce qui t'évitera les deux tiers des bêtises qu'un honnête homme commet, et l'indifférence sociale qui t'économisera beaucpup de temps et de péché.
7 fj ^^^ Regarde l'acte copulatifcomme une chose très infé" fu ^ '^ rieure et Ifi chose départementale et nationale au même
niveau.
Restreins la vie fonctionnelle, annule la vie ci-
vique.
Ne fornique ni ne vote ; cpnsidère que les fem-
mes aiment surtout les sots et que les libraires portent la Légion d'honneur ainsi que les gens qui firent le siège héroïque de Frîgolet.
Dédaigne d'être quelque chose dans un pays fantôme qui se survit, mais qui ne vit plus et conçois surtout que seul tu peux t'ennoblir, te décorer et te hausser et qu'il n'y a jamais eu au monde qu'une dignité : être soi, d'une séité d'au-delà; et qu'une vraie gloire : apprendre à autrui à devenir une entité.
Donc tu vas cesser les sept habitudes de cette décadence en vertu des lois hyperphysiques.
Veux-tu juger de la société contemporaine et de cette France dont tu entends la langue divine, prends le décalogue et interroge le Français collectif :
I. Je mis le Seigneur votre Dieu : vous vUen aurez pus d'autre. — Le conseil municipal de la Ville lumière a voulu ôter le nom divin des fables de La Fontaine ; le comité de l'instruction publique distribue aux écoles du pays un catéchisme qui nie Dieu. Chaque matin cinq cents blasphémateurs dont la voix se multiplie par l'énorme diffusion de leur papier insultent et laveh et Jésus son fils. Enfin Tèréest arrivée de l'athéisme d'État.
Est-ce à dire que les Français ont un autreDieu, non, ils sont tombés au-dessous du sauvage qui, lui, au moins, a son fétiche.
rironie de citer ce second commandement :
II. Voiis ne prendrez pas le nom de Dieu en vain, — Le nom de Dieu, ils Pont oublié ; Tivrogne seul le pro^ nonce enroulant au ruisseau; mais le crocodile qui se vautre sur le trône de saint Louis, Garnot, chef des sauvages latins, ne le prononce pas, lui, dernier ava-> tar de ce caïman que les prêtres de l'Egypte dégé-
\ néré montrèrent à saint Clément comme la dignité
^ même de Misraïm.
IIL Souvenez-vous de sanctifier les fêtes. — Ils n'en / ont qu'une, ils l'appellent la nationale ; par elle ils com* mémorent qu'une plèbe ivre enleva une tour défendue , par quelques invalides.
IV. Honorez volN père et votre mère. — Les pères et les mères d'une société sont les génies de lumière qui l'ont formée; la France, comme toutrOccident, fut élevée sur les genoux de l'Église, et la France, cette parricide, à rinstigation d'un drôle dont Louis XIV n'eût pas fait un valet de chambre, la France dénaturée s'est acharnée sur les cloîtres. Oh ! les barbares de 1880 ne ressemblent pas aux Huns. Ce ne sont pas des nomades obtus et avides ; ils couvrent leur pays d'autant d'écoles que de lupanars et de casernes, parlent de liberté à tout coup et ont un jardin d'acclimatation où ils
exposent à la curiosité publique des Fuégiens qui eux, ce semble, croient au manitou*
On a vu un corps d'armée investir quarante moines, on a vu fermer les églises, on a vu enfin le prêtre requis d'être assassin. 11 est net et ne souffre pas d'interprétation ce cinquième ordre de la Divinité :
V, Tu ne tueras point. — Serait-ce . que l'homme collectif n'a pas le même devoir que l'individu ? Toute la richesse publique se consacre à entretenir les assassins nationaux, toute l'activité scientifique tend à trouver des moyens de destruction. L'étranger force à cette défense ? c'est-à-dire l'étranger est barbare et assassin comme la France, et je ne vois pas moralement le progrès accompli sur les Gpths, je ne vois que des variations dans les modes d'homicide...
En quoi le bandit corse :qui ouvre de ses mains ensanglantées ce xix' siècle diffère-t-il de l'autre bandit qui ouvre de sa marche de brute triomphale le xni^ siècle.? Entre Temtigin dit Gengîs-Khan et lé Bonaparte dit Napoléon, quel degré d'infamie diffère?
A Alise-Sainté-Reine on enseigne au Français . de s'incliner devant les quatre mille mains coupées par Julesu César; àQuiheron, on donne en bons points auX petits-fils des martyrs le portrait du nommé Hoche,
La France même a réussi à salir la propagation delà
46 AMPHITHÉÂTRE DES SGIETfGES MORTES
Foi ; derrière le missionnaire, il y a l'assassin national.
De quel droit, sinon de celui du plus fort, Passassin français foule-t-il la race arabe ? On leur apporte un crucifix soutenu d'une armée ; on dit civiliser, comme si l' armée n'était pas la barbarie régularisée, et rien de plus.
Un faquin, le même qui a chassé les moines de leur monastère, le plus grand scélérat de cette période, a pensé un soir qu'il convenait de massacrer des hommes jaunes, les Germains étant trop dangereux quoique plus proches : lors les assassins nationaux ont traversé lés mers, ils ont éventré les femmes, renversé les idoles, volé, pillé, tué comme dés Gotbs : et voilà ce qu'on appelle la gloire d'un peuple.
Or, les Chinois sont policés, selon le sentiment de Pythagore ils considèrent le guerrier de profession comme un être inférieur : ils ont refusé de traiter avec Içs généraux tandis que le^ Français, eux, choisissent des militaires pour diplomates : cela montre combien la France est inférieure au Céleste Empiré.
VI. Vous ne commettrez point t adultère. — L'adultère peuh ! c'était bon pour le moyen âge, on a inventé le divorce. On se déplaît entre époux, on se quitte : Ah ! la famille. La famille c^est une chose chinoise pour les Français ! Mais les enfants qui grandissent tandis que
leur père vit avec une autre iflère, leur mère avec un autre père ? Ces enfants on n'y pense que lorsqu'on les fait, suivant un mot de ce délicieux esprit français. La loi est adultère, non plus les citoyens.
VU. Vous ne volerez point, t- Le vol étant le mobile presque unique de Tassassinat, toute guerre aboutit au voL La dernière femme qui s'assit sur le trône de France accepta devant son peuple, un collier volé par le Montauban, Tincendiaire du Palais d'été de la Chine. L'assassin français préfère détruire que voler : au reste l'État se charge de rançonner comme sur une route de sierra. N'est-ce pas admirable qu'un peuple subisse les monopoles, c'est-à-dire la plus ignoble marchandise, au plus haut prix !
VIII. Vous ne direz point de faux témoignage. — Or le mensonge est toute la parole des deux Chambres, toute là copie de la presse. Les monuments 'portent le mot liberté, dans un pays où Vhabeas corpus n'existe d'aucune sorte.
IX et X. Vous ne désirerez pas la femme ou le bien d' autrui. — Or l'envie est le sentiment initial de toute démocratie et il n'y a pas de calomnie à prétendre que la hourgoisie n*arrive au pouvoir qu'en fomentant la vanité et la soif immodérée du bien-être. La France de
ces vingt premières années est un peuple de commisvoyageurs et d'ouvriers ivres.
Compare, mon disciple, le pire des hommes au Français collectif, mets en présence le «célérat le plus noir et la société,p tu verras que tel adultère, du moins, a des sentiments filiaux, que le voleur prend fort peu tandis que la France vole tout un peuple, que l'assassin tue au plus une famille tandis qu'un Bonaparte extermine quinze millions d'êtres.
Si tu passes dans la rue, au moment où il se fait un mauvais coup, tu te détourneras de peur d'être pris en place des coupables ou avec eux.
Eh bien, toi qui passes dans un pays, au moment où se commet le plus insigne mauvais coup de l'histoire, détourne-toi, de peur que la norme violée, qui tout à l'heure va sévir, ne te frappe.
Secoue tes sandales, lave tes mains et renie cette société qui oublie Dieu, quand elle ne le blasphème pas.
Fuis les sales agapes de la canaille bourgeoise,
n'échange pas le sel avec ces réprouvés. Mets-toi à l'écart
de ce peuple de voleurs et d^assassins, où le mensonge
frappe tout à son effigie, o ù lés être s sont semblables à
chiens en curée;
/ Renie ici-bas ce que Dieu a renié dans son ciel; à ce
] seul prix tu seras un Mage, à ce seul prix tu seras
I sauvé.
Isole-toi, médite, écoute le silence, et si l'abstrait te parle : alors tu reviendras du fond de ta retraite morale, apôtre ou génie, essayer de sauver, de disputer au néant qui la presse cette latinité qui fut sublime et
I cette France qui elle du moins vivra toujours par l'in-
^1 comparabilité de sa langue.