‹ Amphithéatre des sciences mortes (volume 2)Chapitre 11 sur 48 · LE NÉOPHYTE · texte numérisé non relu

LE NÉOPHYTE

Nom divin : v

Sacrement : Baptême.

Vertu : Foi.

D(m : Crainte de Dieu.

Béatitude : Pauvreté d'esprit.

Œuvre : Instruire.

Ange : Hichaêl.

Âftane : L'Unité.

Planète : Samas.

Le premier sacrement de TËglise signifie lavage et nous purifie de Toriginel péché. A son premier effort, la Magie dégage Tindividude toutes les scories que l'éducation stratifié sur la personnalité, afin que prenant conscience de lui-même, il puisse rendre par son effort la grâce prolifique : l'effort tenant ici le sens plus étendu du mot c mérite > .

L'Église nous donne le baptême sans que nous

26 AMnwnÈATKE HKS sacscxs womjES

soyons en étal de le désirer ; b magie ne nous donne le mystère que si nous sommes conscients da baptême : die rient sommer le baptisé de iiadre lesœaTres d'enfant de l'Église et d'enfent du Mystère, à la fois.

En prenant ce lirre tu as heurté ton coade et ren- Tersé un fragile bibelot, souTenir d'an cher être dispara. Alors, tristement ta as évoqué et à mesure que le souTenir s'est déroulé, tu as pensé à la fiiiblesse de ton cœur tout à Theure plein d'oubli, maintenant plein de peine, et, ta mélancolie s'élevant, cette idée a sui^ que l'homme est une nef désemparée dès que souffle le Tent d'une passion où même la brise d'un sourenir. Analyse : le heurt, sensation ; le regret, sentiment ; l'idée générale, spiritualité.

Autant de claviers que tu enfermes, au tant de clefs où la vie s'écrit en toi. Tu es donc corps, âme, esprit : saint Thomas te le dit comme Paracelse.

Comprendras-tu maintenant, si je t'annonce que ce livre t'enseignera le gouvernement de ton âme .

Objecterais-tu que ta Êimille t'en a parlé, t'en a dégoûté ou que l'Église te l'enseigne.

L'Église a donné le chef-d'œuvre de l'animisme passif ; elle t'a dit d'obéir à ton père et à ton curé ; mais si tu es destiné à un destin d'exception, ton père et ton curé ne peuvent te conduire; ils ne le peuvent pa par dignité même ; car il faut te donner des conseils

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de complice, f inciter à des hardiesses périlleuses.

Je t'ai promis de l'apprendre Comment on devient Mage.

Sais -tu ce qu^on entend par cette expression < cet homme est un caractère» ? Eh bien, un mage est d'ahord cela. Jusqu'ici la pédagogie hermétique t'a parlé de toute-puissance, de faire de Tor, des talismans et des charmes : ce sont des impostures, tu ne seras jamais que le roi spirituel cTun corps et d'une àmje ; mais si tu y parviens, si ton esprit fait du corps un esclave et de rame un ministre intègre, alors tu agiras sur autrui dans la proportion même où tu auras agi sur toi.

Ne cherche pas d'autre mesure du pouvoir magique que celle de ton pouvoir intérieur ; ni d'autre procédé pour juger un être, que la lumière qu'il réps^nd. Se perfectionner pour devenir lumineux, et comme le soleil, échauffer la vie idéale latente autour de soi, voilà tout le mystère de la plus haute initiation.

Le catholicisme, cette religion parfaite, comme ses sœurs aînées imparfaites, se base sur le plan animique, avec d'autant plus de raison que la spiritualité est un phénomène presque ]rare ; tandis que Tessence de la religion la fixe au point où le plus grand nombre peut converger. Toute vie et toute heure de la vie comportent la divine charité ; combien peu d'existences et de moments dans ces existences où l'intellectualité ait lieu ! Même

pour le génie, même pour le mage^ rinspiration éployée et la méditation planante ne sont jamais coutumières, tandis que sans cesse leur âme, comme celle, du simple, est en action, en option. Voici donc un cours d'affectivité idéale que j'entreprends* « Quoi, dirastu, je serai mage, le joujr où je saurai sentir dlune certaine sorte ? » Oui, M, F., car le jour où tu auras bridé Finstinct et dressé ton cœur selon le rite de clarté, tù n'auras plus que quelques volumes à lire ; je te les réduirai en un seul, si les barbares de France ne m'entravent point. Crois dès à présent que les : exercices animiques que tu vas lire représentent d'inouïes diffir cultes, et que tel dont la pensée t'éblouit, n'est en intimité qu'une volonté sans cesse défaillante et une âme à la cape.

( Tu as vingt ans, tu habites une ville prétendument civilisée ; hier, tu étais empoisonné moralement par la I Locuste nationale, l'Université ; demain tu seras livré à ' la torture, également nationale. Collégien de la veille, prochain soldat, entre la chiourme d'où tu sors et celle où tu vas entrer aujourd'hui, sens-tu en toi; l'impériosité d'un être fier, es-tu q uelqu'un o u bien une ^chose sociale ?

A peine lavé du matricule lycéen, promis au matricule de la caserne, victime du professeur, bientôt victime de l'officier, veux- tu la dignité, la véritable, l'hon-

neur, le vrai, dis, les veux-tu? Tu te troubles, ami: je te semble le mauvais génie et mes paroles de rébellion te font peur, et tu crois que je veux d'abord Rapprendre la haine.

mon ami, assure-toi : je te dirai à qui porter toii respect, à qui vouer ton amour. Mais il faut que tu renonces au collectif pour naître à la personnalité.

La Société est une entreprise anonyme pour la vie à émotions réduites. Né en France, considère la France comme ane agence Cook. Descendu du breack universitaire, le caporal va succéder au pion, et puis tu seras avocat^ c'est-à-dire un scélérat, complice de tous les Crimes, receleur de tous les vols, participant à toutes infamies; entré le mal et la justice, tu jetteras le jeu de Tacteur, le mensonge de la femme, la mauvaise foi du protestant ; ta gloire sera de faire innocent le coupable ; et telle est Tinjustice humaine, que toi l'empêcheur de justice, tu es utile. .Te borneras-tu au rôle de complice, de compère des bandits ? oh ! non. Fils de bourgeois, ton jeu d'acteur, tes mensonges de femme, ta mauvaise foi de protestant, ton cynisme de journaliste, tout cela tu le dois à ton pays. Raté et pares, seux, ignorant et creux, à quoi es-tu bon ? la totale incapacité où te mènèra-f-elle ? Eh î tu n'hésites pas, les affaires de ton pays, patriote^ le sort de la cité, ô citoyen, voilà la matière où tu vas épuiser ta canaille

rie : tu n'as plus à fausser le jugement de trois en- ^ nuyés ou la somnolence d'un jury, tu n'as qu'à recracher un mélange de Robespierre et de Prudhomme, ' pour être député par le peuple : ensuite la cheflferie de i l'État n'est plus qu'une question de nullité et le portefeuille une question de bassesse. Si tu sais te tenir comme un jeune premier de chef-lieu, tu peux être ambassadeur, ou diriger les Beaux- Arts.

Avocat sans cause ou candidat sans collège, que ferastu ? La Société t'a donné deux brevets d'aptitude supérieure; bachelier, licencié, tu ne sourcilleras pas, tu seras journaliste ; en ce métier on fume, on boit et on voit beaucoup de monde, et cela ressemblerait à la prostitution, s'il il'y avait la considération en plus.

Jadis un journalisme existait, politique; le progrès a marché, il y a le poUutionnel ! tu peux choisir entre la fausse nouvelle et la fausse littérature, entre le reportage et le chantage. Les honnêtes, les vaillants, ceux qui ne t'estiment pas, tu peux les insulter , tu es le prêtre de l'opinion . Cependant si tu dépasses tes confrères en proxénétat apprends l'escrime ; le duel est la dermière raison d'être du sacripant civilisé, et pour le boulevard, un monsieur qui se bat est toujours assez propre. La presse ayant hérité de la féodalité, en être reste le seul moyen de toucher des dîmes. Tu auras ta place sur toutes banquettes de théâtre et de raiiway et même la

poignée de mains des honnêtes gens, parce que leur œuvre et leur pain dépendent de ton humeur.

Si j'ai insisté sur ces deux criminalités, de l'avocat et du journaliste, c'est qu'elles rendent insusceptibles de devenir mage, car dans le premier cas, tu fausses des notions délibérément, dans le second tu es Tentrepreneur de . ténèbres, le proxène universel : ce sont les deux plaies de Tépoque.

Militaire, tu ne peux être mage ; Tobéissance passive rend indignes ceux qui l'imposent et ceux qui la supportent. Militaire, tu es toujours un possible criminel, puisque tu es souvent exposé à voler et tuer pour un intérêt collectif, à profaner les idoles et même le temple du vrai Dieu, comme en 1880.

Vois déjà deux conditions de ce catécbuménat.

Ne jamais mentir, ne jamais se servir du Verbe, mais le servir; et d'un autre côté, ne subir que le Verbe à principe divin.

c Mais, diras- tu, que dois^je faire ?» Ce que ta sécurité, d'accord avec ton idéalité, te conseillera.

Si tu portes un uniforme comme un vaincu, tu souffres et la souffrance te défend de la souillure ; si tu le portes aisément tu n'es pas digne de le quitter.

La Société ouvre à la jeunesse des lupanars sans volupté, des écoles sans Dieu; elle offre à ton activité des carrières avilissantes ; elle propose à ton âge mûr

4ê% \i0mmnr\ niiecks. JTliiiiiBi et le 4is : Jeune

Ihat te trq4e aatnre, ta as à tHr 4es scBsitimis, 4» ieDtiflMits eides idées : poar parieur à b portée i4nJe, il Êmt d'abonl que ta le tnasposesllnstiiict ai teatitmmt ; test-à-^re que ta deviouies incaiiaUe d^ on ylhâSêf sans imai^^mfkMi.

hâ se pbee ropératioa la idos diflkîle pour toi ; il s'à^l de t'analrser, pour décoonir ta Tocatmi et par la ejmnàitre ee que ta dois fomenter et ce qoe ta dois restreindre :

La personnalité hamaine, pour mes ancêtres se prismait en sept astralités, diacnne correspondante à une roeation (i).

Samm: Soleil, moi absolu expan^.

fiin: Lune, moi mtermittent réceptif.

Adar: Saturne, moi absolu résorbé.

Mertfdack: Jupiter, moi rayonnant.

Nergal: Mars, moi tyrannique.

htar: Vénus, moi séductif .

Nebo: Mercure, moi égoïste, pénétrant les autres.

E»-tu blond, à peau citrine, la vue délicate, la main |>etîte, le nez noble sans ampleur, confiant en toimême et sans besoin de suffrage ?

(1) A«troIof(ie Jtaldéenne, Ui Sept Types planétaires de P Homme.

Es-tu blafard, la tête ronde, Tœil saillant, capricieux, rêveur, tendre ou pervers, paresseux, tout changeant ?

Es- tu grand, lent, bilieux, sombre, soupçonneux, sectaire et penseur?

Es-tu gras, rose, vaniteux et bon, goutteux, déjà un . peu chauve, généreux comme ambitieux ?

Es-tu efféminé, seulement ouvert aux impressions nerveuses, sans idéç ni effort ?

Es-tu petit, souple, aux doigts pointus, habile à tout, sans cœur que pour toi-même ?

Pour plus de clarté, Léonard est un type de solarien; Beethoven de lunarien ; Michel-Ânge, Dante et Wagner de saturniens, Rubens et Titien de jupitérien ; Ribera de marsien; Raphaël devénusien etc.

Mais ces grands hommes ont chacun deux planètes secondaires.

Le solarien est destiné à la gloire et au malheur en amour* Le lunarien poète ou musicien doit choisir un parti de vie errante et aventureuse.

Le saturnien, type du fondateur d'ordre, est désigné aux grands travaux de la science et de la foi.

Le jupitérien nait pour les fonctions sociales et la pontification en toutes choses.

Le marsien représente le? actifs, les violents.

Le vénusien les passifs et les passionnés.

S4 AXraiTHÉATU KS SCIENCES MORTES

Le mercurien les habiles, les anormaux et les égoïstes pratiques.

L'espace de plus amples désignations, je ne Tai pas.

Poar plus de détails, je te renvoie à mon astrologie kaldéenne. Voici seulement une indication des sept méthodes de Findividualisme :

Méthode solaire : dans la vie, apparaître pour donner une œuvre, dire une parole et disparaître. Attendre d'être connu pour vouloir être aimé ; vivre seul sans intimes, et tout demander à la gloire.

Méthode lunaire : voyager, veiller, donner au vent et à Taventure, les idées venant chez ce type par les impressions, et les sentiments par les idées.

Méthode saturnienne : résorption physique et morale, chasteté, contemplativité, vie à Técart jusqu'à des circonstances mûres pour un seul éclat dans la vie et très lentement préparé.

Méthode jupitérienne : se mêler au mouvement contemporain, fût-ce pour le combattre. La personnalité n'a ici de force que par le consentement de Tentour.

Méthode vénusienne : opérer par le charme du caractère, des manières, agir séductivement, être coquet avec la vie, et don Juan vis-à-vis des êtres.

Méthode marsienne : impériosité et violence, coup hardi, procédé affronteur et irréfléchi : impossibilité de penser.

Méthode mercurienne : persuasion et souplesse, dénouer et ne jamais trancher, mode diplomatique minutieux et patient.

Lq faste du Soleil, la gloire; le néfaste, Tesseulement moraK Le faste de la Lune, la poésie; le néfaste, perversité. Le faste de Saturne, la pensée ; le néfaste, fanatisme» Le faste de Jupiter, les honneurs ; le néfaste, Tégoïsme. Le faste de Vénus, la passion ; le néfaste, folie. Le faste de Mars, Tactivité; le néfaste, brutalité. Le faste de Mercure, Thabileté ; le néfaste, mensonge • Samm doit se tempérer en Nebo Sin — en Samas

Adar — en Sin

Mérodack — en Adar

htar — en Nergal

Nergal — en Mérodack.

Nèbo — en Istar.

Es-tu artiste, poète, penseur, pompeux, passionné, impatient, habile — ou bien incompris, pervers, iana«* tique, égoïste, sot, brutal ou menteur ?

Au reste, quelle que soit ton astralité, ce livre donne des commandements généraux qui conviennent à la pluralité des natures. Cependant, si tu es lunarien, vénusien ou marsien, tu ne saurais trouver ton équi-

libre en toi-mêiae, tu ne feras bien que ce que tu feras

en second. Au contraire, si tu es Soleil, Jupiter et surtout

Saturne, tu ne dois accepter que le premier rôle en tout. Si tu es Mercure, tu peux passer de Tactif au passif sans t'élever en aucun sens.

On appelle fatalité Pinfluence maléfique d'un astre déterminant chez un .individu une propension impérieuse : par exemple, le saturnien voué à la solitude devra, pour attirer l'influence de Vénus la sociable, s'efi'éminer dans les formes et les allures. Un vénusien qui voudrait réagir contre la mollesse où il est enclin devrait au contraire se vêtir gravement et s'entourer d'objets de caractère sombre.

Je t'en ai dit assez pour que tu puisses, me lisant, saisir le degré où tel point de mon enseignement se peut appliquer à toi. Quant aux sept péchés collectifs, aux sept habitudes (1) néfastes de la vie moderne, tu dois y renoncer absolument ; un seul conservé suffit à stériliser tous tes efforts vers la lumière, car un seul suffit à te solidariser avec tes contemporains, et dès lors tu souffrirais sans grandir entre la routine sociale et l'individualisme qui se disputeraient ta volonté.

(1) Voir plus loin, p* 57 ;^

CONCORDANCE CATHOLIQUE

ARGÂNE DE SÂÏÂS OU DE U NAISSANCE

Le baptême nous fait enfants de Dieu, mais la Société nous voue au mal par ses lois et son éducation.

La Foi nous éclaire, mais elle est. en conflit perpé-\ tuel avecla Société. •

L'initié pour rendre pleine et agissante la grâce du j . Baptême, doit renoncer de nouveau à la Société, à ses bornes, à ses crimes, afin que la Crainte de Dieu lui fasse préférer la grandeur intime aux déshonorantes feveurs de le patrie.

Il sera vraiment pauvre d'esprit, quand il aura renoncé à tout ce que donne le siècle, et pour arriver à cette pauvreté d'esprit qui n'est autre que le mépris de son pays, il pratiquera sur lui-même Fœuvre de miséricorde : il s'instruira, Tignorant, de ce qu'il ignore le plus, la triplicité d'éléments de son unité essentielle.

Là société

De la décompositioii générale des idées et des eon* eepts, il résulte pour Pindividu sans haut vouloir et qui ne sait pas réagir contre le courant de Tépoque un phénomène redoutable d^envoûtemént. (Le Vice suprême^ premier roman de la Décadence latine^ p. 48.)

L'Occident, TOccident nie Dieu» et nier Dieu c'est appeler la mort et proclamer le néant. Il y a un équilibre moral et métaphysique nécessaire à Texistence des sociétés. Le jour où le verbe humain ne contient plus une somme de vérités au moins égale à celle des erreurs, ou les égoïsmes l'emportent sur les charités et qu'il y a plus de gens au lupanar qu'à l'Église, ce jour- là la loi d'équilibre métaphysique qu'on appelle poétiquement Providence, fait justice d'un peuple, (/ôtrf., p. 331.)

Caliban règne dans toute File (la France) ; ses fils

ont eu des fils atroces et sans Dieu ; qu'ils se vautrent. Vous, mon Âriel, cachez vos ailes frissonnantes, elles sont séditieuses chez les pourceaux, comme je cache ma science, Prospero dédaigneux de disputer un peu de terre à des taupes et de ramasser une pourpre où tant de limaces ont bavé. {Curieuse^ deuxième roman de réthopée la Décadence latine y Dentu.)

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