‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 115 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

comme aurait fait une femme sauvage ; pour cette Espagnole, la race jaune était une variété animale et on pouvait s'orner à ses dépens. Les Zoulous ont vengé le collier du Palais d'Eté sur le fils innocent ;et répoux qui avait applaudi Offenbach, a dû réfléchir à Sedan que la. Providence vengeait les Dieux, et qu'on pouvait être plus dérisoire qu'Agamemnon.

La bourgeoisie, qui fait essayer ses nouvelles cartouches sur des ouvriers portant des branchages pacifiques, a vu son chef poignardé.

Cherchez les fautes quand vous voyez des malheurs dans la vie collective, car la justice est présente, sempiternelle, inéluctable.

Un peuple vit de ses vertus et meurt de ses délits. Athènes ne sut pas temporiser avec les susceptibilités locales de THellade : la Pologne ne sut guérir son anarchie nobiliaire j les Vendéens se divisèrent entre eux, et Athènes devint macédonienne, et la Pologne devint russe et la France devint jacobine.

La tempérance est toute la vertu, parce qu'elle est le nom de la durée. Ah ! l'enthousiasme apparaît plus beau et l'excès enivrant et plastique, poétique même : les saints et les génies furent des excessifs.

L'État s^appelle l'être moyen : son génie réside à

harmoniser : la paix au dehors, l'ordre au dedans ; voilà sa formule. Mais rofficier veut de Tavancement, l'industriel de l'exportation, le commerce de la protection, la bourgeoisie des emplois, et le peuple des satisfaction de vanité. Dès lors, la guerre devient le bonheur pour deux catégories, le militaire et le négociant ; la bourgeoisie ou l'oligarchie a besoin de prestiges pour amuser le peuple tandis qu'elle le pille ; et ainsi va le cours des choses humaines, quand ni l'expérience, ni la raison, ne s'y peuvent mêler.

Le métaphysicien s'éfonnera seulement qu'un tel état de choses puisse durer comme il dure. Le civilisé,en face des lois morales et abstraites, me paraît aussi ingénu qu'un papou, qu'on placerait dans nos mœurs ; il faut cependant qu'il vive, et il agit au petit bonheur de son instinct.

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CONCORDANCE CATHOLIQUE

ARCANES TERNO DENAIRES

L'être social évolue selon des lois moins perçues, mais aussi certaines que celles régissant Vindividu. En politique, le passé s'appelle destin, le présent volonté et Pavenir providence. La Norme de causalité a donc trois termes. D'abord r harmonie universelle, qui relie non seulement . les individus à r espèce et la planète au cosmos , mais le cosmos à Dieu, C'est Vordre préétabli, dans lequel l'hu-manité n'est qu'une modalité de l'être.

Enfiuite Vharmoriie sérielle qui oblige tous les individus d'une espèce, et les exemplaires d'une race et les habitants d'un lieu: c'est la solidarité seconde ou d'identité qui se concrétise en se différenciant. Enfin, entre ces deux Normes se place la liberté de P homme.

Comme l'harmonie sérielle est plus immédiate^ elle offre des succès plus éclatants mais sans du7*ée, tandis

que rharmonie Providentielle donne la durée, si on la suit.

Or, il y a entre le Destin et la Providence^ la différence du temps à t Eternité. On comprend donc que tout Vart politique se réduit à la reconnaissance de la Providence par la volonté. Des théocraties ont duré près de cinq mille ans ; jamais une république n^a duré plus de cinq cents ans : Athènes^ Carthage^ Rome,

Un peuple comme un individu vit de ses vertus et meurt de ses vices : la tempérance est le nom le plus exact de la vertu ; et les nations périssent toujours sous le poids de leur intempérance ou conquête.

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