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IV. LE LIVRE DU SCEPTRE

Dans le programme, on s'empare des magasins, de l'outillage, du sol, on détruit les paperasses, le cadastre, et puis on s'étonne que Tarmée soit bénie et pomme sacrée pour ceux que l'on menace ainsi.

On ne nous dit pas ce qu'il adviendra des bibliothèques, il y a là des paperasses qui sont les titres de la vraie noblesse et de l'implacable hiérarchie, il y a la logique, l'histoire et l'analogie scientifique qui condamnent la folie d'en bas comme l'égoïsmé d'en haut.

Parfois un aveu tel que celui-ci : « il faut s'affranchir intellectuellement, avant de s'affranchir matériellement. » Pauvres gens, qui mettez d'abord le génie eatête de votre évolution, et qui dites ensuite : « comme tous les autres animaux, Phomme n'est que le produit d'une évolution, » et peu après : « l'ouvrier pourra-t-il satisfaire tous ses besoins intellectuels ? » Alexis Bouvier et Yvette Guilbert, voilà les besoins intellectuels de l'ouvrier. «La société nous entrave; culbutons-la, » voilà la conclusion de ces théoriciens qui veulent ruiner l'armée, et abandonner les colonies.

Mais ils cimentent les bases de la caserne et forcent à garder les colonies pour les y déporter.

Comment ! ils déclarent une guerre acharnée, ils ne concèdent rien et ils s'étonnent que la bour-

geoisie se défende, alors qu'elle ne peut rien espérer si elle est vaincue ?

Ils peignent comment se commet l'iniquité coloniale, sans réfléchir qu'ils décrivent exactement le régime révolutionnaire et que le peuple en révolution est aussi brutal que l'armée.

On ne peut oublier l'expérience personnelle en ces matières ; j'avoue avoir employé en province des ouvriers honnêtes. A Paris, l'ouvrier m'a constamment et toujours volé : vantard, prétentieux, insolent, cet être, auquel il faut sacrifier la civilisation même, s'infatuede la qualité d'emballeurou d'ébéniste, comme jamais duc de ses trèfles ; quand il travaille pour vous, il daigne, mais le prix de son temps, le dérangement de cette personnalité, cela ne peut se payer : quatre francs pour la pose d'une targette, deux francs pour un coup de vernis sur un angle de piano, et encore s'ils n'ont que la rue à traverser pour venir chez vous ; je n^ai eu à demander que des détails, mais au taux moyen ils estiment une heure de leur temps environ huit francs. L'ouvrier n'est pas malheureux dès qu'il travaille : il faut réserver sa pitié pour l'ouvrier vieilli.

L'anarchiste n'est lucide qu'à guetter les fautes de son ennemi le bourgeois : il lui reproche d'avoir sapé la religion par la science, le ma-

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