‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 23 sur 182 · IV. LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. LE LIVRE DU SCEPTRE

la démagogie ne s'occupe que des pauvres. Aucun de ces gouvernements n'envisage l'intérêt général.

Le peuple a des besoins et le riche des vanités^ il faut que les riches donnent au peuple et que le peuple laisse les honneurs aux riches.

L'égalité n'est justice qu'entre égaux; l'inégalité n'est injustice qu'entre inégaux.

La charité, ce sentiment du ciel, seul compense l'inégalité ; et qu'on n'invoque pas l'idée de justice : l'avorton n'a point de droits selon la nature, ni la vieillesse ; mais l'adjectif humain s'applique, comme désignation suprême, à celui qui parla pitié s'intéresse au déshérité et à l'avorté : humanité, au figuré, signifie charité, condescendance et protection du fort pour le faible. Or, ce sentiment essentiellement artificiel, est le plus beau fruit de la civilisation ; mais ce serait une illusion de le chercher, de nos jours.

Il est bien avéré qu'il suffît pour le gain des batailles que les ennemis soient mis hors de combat: un militaire, bienfaiteur de sa patrie,a trouvé un fusil, Lebel, je crois, dont la balle fouille curieusement les blessures et les évase atrocement à sa sortie : la France adopte cette inutile barbarie, et les autres Etats s'évertuent dans la noble carrière de la blessure mortelle : et on parlera avec

horreur des flèches empoisonnés du sauvage !

Les lois n'ont jamais généré ni la gloire, ni le bonheur d'un peuple ; elles ont été faites sous la pression d'une nécessité par des hommes d'un esprit médiocre, et seulement pratique. Ce sont les mœurs qui sont les vraies lois et qui décident de la valeur et de la prospérité d'un état ; elles doivent être composées d'après l'âme d'un peuple,

Mohammed n'est ni un grand esprit, ni surtout un être auquel l'humanité doive autre chose que des ruines, mais on doit étudier son Koran, chefd'œuvre non de littérature ou d'idée, mais d'application idiosyncrasique. On pouvait donner aux Français,les lois les plus généreuses, les plus chevaleresques, les plus grandiosement désintéressées, les plus parfaitement humaines. Opprimée par le génie romain et abrutie par le bandit corse, l'âme française, réduite à des médiocrités, n'a'pu s'enthousiasmer, alors que l'enthousiasme était toute sa force, sa faculté majeure, L'égoïsme ne mène ni haut ni loin, pas davantage l'Etat, que l'individu : la volonté qui n'adhère pas au plan providentiel, sera infailliblement brisée. Imposons comme arcane,ceci, que du moins l'hypocrisie nécessaire à chacun n'osera démen- , tir :

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