IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
Vhomme général est médiocre^ ni ferme en sa verlu, ni endurci en ses vices : il veut plus de garantie pour ses biens que pour sa personne.
Lhomme a plus d'envie contre le prochain que d'avidité pour aucun objet : la loi le force un instant, mais les mœurs seules le mènent toujours.
Quel est le droit de Phômme ? son bien.
Quel est le devoir de l'Etat ? le bien de l'homme. Le peut-il tirer de soi-même ? Non, puisque t amour est la première nécessité de son évolution et le commencement de la sensibilité.
Le bien physique est de croire et de florir.
Le bien animique ne peut différer.
L'état social est pour l'homme l'état de croissance et de floraison.
Vhomme parait libre de ses mouvements ? Non pas^ les lois statiques dominent cette liberté.
Il n'est donc pas libre de ses sentiments, que dominent d autres lois.
Comment F homme augmente-Uil sa liberté ? Par la connaissance des lois qui le dominent. La société seule les lui enseignera : le civilisé est donc plus libre que le sauvage.
// n'y a pas de vie sans phénomène ; ni de phénomènes sans lois; ni de lois sans législateur; ni de législateur sans supériorité sur les légifères ; ni supériorité sans anté^ cédence; ni antécedence sans différence; ni différence sans causalité; ni causalité sans causateur; ni causateur sans mystère ; et le mystère s^ appelle Dieu.
Le décadent cherche son spiritualisme dans l'anormal et rexceptionnalité ; au contraire les premiers hommes font trouvé dans la périodicité f et l'identité phénoménales.
La prière a devancé la religion et l'a fondée : ce fut d'abord un élan de gratitude ou de détresse ; et comme l'effet fut instantané dans l'dme rassérénée, la religion fut crée par le seul instinct du dynamisme animique.
La morale doit toujours prendre, et garder les formes de la religion; et la science celles de la philosophie.